Un articulateur à 2000 € à Lille, le même modèle gratuit à Dijon, derrière cette disparité se cache une réalité que les chirurgiens-dentistes en exercice connaissent bien. Chaque rentrée l’UNECD chiffre ces dépenses spécifiques à la filière dentaire, un poste qui pèse directement sur les étudiants en odontologie.
Coût des études en odontologie : plus de 4 000 € pour la rentrée en 2ᵉ année
Selon le dossier de presse publié par l’UNECD, un étudiant non boursier entrant en DFGSO2 doit débourser en moyenne 4 042,73 €, contre 3 309,60 € pour un étudiant boursier, un écart de 733 € qui persiste malgré les aides sociales. Ce montant se décompose en deux parties : 2 746,07 € de frais spécifiques à la rentrée (inscription, CVEC, complémentaire santé, matériel pédagogique) et 1 296,66 € de frais de vie courante. Le logement, évalué à 686,42 €/mois, reste le poste le plus lourd, en hausse de 1,04 % sur un an. En conséquence, 52 % des étudiants n’ont plus que 200 € de reste à vivre une fois le loyer payé, un montant censé couvrir l’alimentation, le transport, la santé et les loisirs pour tout le mois. L’alimentation ne semble pas épargnée non plus puisque près d’un étudiant sur cinq déclare ne pas manger à sa faim et deux tiers des bénéficiaires des épiceries solidaires sautent des repas chaque semaine.
Le matériel pédagogique, une dépense obligatoire jugée illégale
Le matériel dentaire spécifique aux travaux pratiques (précelle, articulateur, cadre à digue, fouloirs…) coûte en moyenne 800,11 €, mais varie d’un facteur 100 selon la faculté, de 0 € à Dijon à plus de 2 000 € à Lille, sans justification pédagogique apparente. L’UNECD s’appuie sur une décision du Conseil d’État du 7 juillet 1993 (codifiée à l’article L719-4 du code de l’éducation) pour qualifier ces frais d’illégaux. Une dépense conditionnant la poursuite du cursus ne peut légalement être facturée aux étudiants. Le syndicat pointe également la situation des étudiants extracommunautaires, soumis à des frais d’inscription différenciés de 2 902 € en licence et 3 950 € en master. L’UNECD réclame la suppression immédiate de ces frais illégaux, leur prise en charge par l’État, ainsi qu’un gel des frais d’inscription des étudiants en odontologie dans l’ensemble des établissements.











