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Un dinosaure qui s’est mis au goût du jour : Interview du Dr Franck Zerah

dr franck zerah

Le Dr Franck Zerah est un dentiste spécialisé en chirurgie orale implantaire, gingivale et osseuse qui exerce la profession depuis près de 40 ans. Il interviendra lors de la Conférence Clinique consacrée à la chirurgie guidée, organisée dans le cadre…

J’ai eu le privilège, mais aussi l’audace, de tester pratiquement tous les implants issus de l’implantologie moderne. Avec le recul, j’accorde une importance capitale aux implants qui, au plus haut niveau de l’acte chirurgical, associent un design maîtrisé, un état de surface performant et une pose simple.

Pourquoi travaillez-vous avec Bredent ?

Lorsque la société allemande Bredent m’a contacté, j’ai voulu comprendre ce qui distinguait son système des autres. Il m’a convaincu par sa qualité, sa précision et sa simplicité, notamment grâce à ses programmes de planification. C’est un système extrêmement fiable : avec la solution All-in-One de Bredent, il est possible de partir d’une situation initiale et d’aller jusqu’à la prothèse finale dans des conditions optimales. J’ai également été impressionné par le design de l’implant copaSKY, étroit et ultracourt, qui peut être posé dans les zones de déficit osseux et qui permet ainsi d’éviter des chirurgies plus risquées, comme les greffes sous-sinusiennes ou les appositions osseuses horizontales et verticales. Son état de surface est remarquable, et la qualité des forets rend le forage particulièrement simple. Enfin, l’apport du numérique – à travers le guide et le programme de planification – est considérable : la visualisation se fait directement à l’écran, avec une précision exceptionnelle.

Quel est l’intérêt de la chirurgie guidée avec les systèmes Bredent ?

À mes débuts en chirurgie, nous travaillions tous à main levée. Faute d’une vision globale en trois dimensions, la précision dépendait largement de l’expérience du praticien, et les implants pouvaient être posés selon des axes très variables. C’était l’époque des dinosaures. Même si j’en faisais partie, je suis heureux d’être aujourd’hui un dinosaure mis au goût du jour grâce au numérique !

Le numérique, la CFAO et la radiographie numérique permettent de positionner les implants avec précision dans le couloir prothétique de la future prothèse. La planification implantaire permet ainsi de visser la prothèse sans contraintes excessives ni forces susceptibles de compromettre la pérennité de l’implant. Elle aide également à vérifier que l’implant se situe à la fois dans le couloir osseux et prothétique, et à déterminer si une régénération osseuse est nécessaire pour obtenir un positionnement optimal.

Pourriez-vous parler de la planification implantaire numérique au sein de l’écosystème bredent ?

Bredent a développé un programme de planification implantaire proche de la perfection. Il facilite la préparation chirurgicale et permet de contrôler avec précision la position idéale de l’implant par rapport à la future prothèse. L’un de ses atouts majeurs est de placer virtuellement la dent avant l’implant, afin de centrer celui-ci dans le couloir prothétique, par exemple au niveau d’une molaire, tout en vérifiant la présence d’un volume osseux suffisant.

Le programme indique également si une adjonction osseuse est nécessaire et aide à répartir les implants de façon harmonieuse. Dans ma planification, je commence toujours par positionner les deux canines et les deux molaires que je considère comme les quatre points d’appui essentiels d’une prothèse durable. Les autres implants sont ensuite ajoutés si nécessaire, dans l’axe des dents, afin de faciliter le vissage de l’ensemble.

Pourriez-vous parler du logiciel SKY Pro Guide ?

Dans les grands édentements, la pose d’implants à main levée exige une précision et une expérience considérables. Lorsque l’espace disponible est limité, le moindre écart par rapport aux couloirs prothétique et osseux peut entraîner des complications importantes, voire même des catastrophes, comme j’ai malheureusement pu en observer. Aujourd’hui, le numérique est devenu l’un des fondements de la chirurgie implantaire, tant osseuse que gingivale.

Lorsque j’ai commencé à utiliser les scanners intra-oraux, j’ai rencontré, comme beaucoup, des difficultés dans la prise d’empreintes, notamment pour obtenir une précision optimale dans certaines zones anatomiques. Cette technologie demande une courbe d’apprentissage, mais une fois maîtrisée, elle simplifie considérablement la chirurgie et la rend plus accessible. Il devient alors difficile d’imaginer revenir en arrière : on ne travaille plus à l’aveuglette, et le numérique apporte une précision majeure.

Aujourd’hui, une solution clé en main associant numérique et guides chirurgicaux, conçus à partir de la planification implantaire, facilite la pose de plusieurs implants au maxillaire ou à la mandibule. Elle rend le geste plus simple, plus sécurisé et permet d’aborder les interventions avec davantage de sérénité. Pour ma part, j’utilise le logiciel SKY Pro Guide dans tous mes cas, et celui-ci me donne des résultats remarquables, notamment dans les situations les plus complexes.

Pourquoi investir dans la photogrammétrie ?

Pour les petits secteurs édentés, la CFAO a considérablement amélioré la précision et la rapidité des prises d’empreinte. En revanche, lorsqu’il s’agit d’une arcade complète, ce processus numérique montre ses limites : il peut générer des distorsions empêchant l’adaptation correcte de la prothèse. C’est pourquoi la photogrammétrie est aujourd’hui utilisée : elle permet de reconstruire en trois dimensions un objet ou une scène à partir de plusieurs photographies prises sous différents angles.

Face à l’essor de la chirurgie orale et de la pose d’implants chez les patients présentant de grands édentements, Bredent a intégré la photogrammétrie à son arsenal thérapeutique et s’est fortement spécialisée dans cette technologie. À mes yeux, elle constitue une avancée essentielle, améliorant nettement la précision numérique.

Un praticien peut-il encore se passer de la chirurgie guidée et des technologies de pointe ?

J’ai vécu cette transition de l’intérieur : passé de la chirurgie manuelle au numérique, je ne pourrais plus revenir en arrière tant ces outils apportent précision et simplicité. Pour une intervention comportant cinq ou six implants, la planification ne me prend aujourd’hui qu’une dizaine de minutes. Le guide peut ensuite être confié au prothésiste ou imprimé directement au cabinet si l’on dispose d’une imprimante 3D. Nous sommes aujourd’hui dans une technique All-in-One, où tout peut être obtenu en une seule séquence, ce qui représente un véritable progrès.

Dans les cas les plus favorables, il est possible de réaliser une intervention « Flapless » où l’on va se contenter de « puncher la gencive » sans lever de lambeau gingival. Le résultat est un gain de temps, une absence de douleur pour le patient, une plus grande sérénité pour le praticien, ainsi qu’une pose plus simple et pérenne, favorisant une ostéointégration optimale de l’implant.

Mon objectif est de convaincre les praticiens encore réticents que le numérique est aujourd’hui incontournable et apporte un réel confort dans la pratique, et rien que du bonheur !

Pourquoi un praticien devrait-il assister à votre formation IATROS les 4 et 5 novembre prochains ?

Durant la formation IATROS, j’expliquerai comment accompagner un patient édenté, qu’il s’agisse d’un petit ou d’un grand édentement, depuis la situation initiale jusqu’à la prothèse finale, en s’appuyant exclusivement sur le numérique.


Je présenterai des cas iconographiés réalisés avec et sans l’apport du numérique dans le but de démontrer combien la pose guidée numériquement peut devenir un geste extrêmement maîtrisé. À mon sens, lorsque les règles fondamentales sont respectées, le numérique permet de positionner l’implant dans des conditions idéales et d’obtenir une restauration prothétique conforme aux attentes des patients. N’oublions pas que ceux-ci viennent avant tout pour le résultat final : ils attendent de nous un implant bien ostéo-intégré et une prothèse homothétiquement identique aux autres dents adjacentes.

Le message essentiel de ma formation IATROS est que le numérique limite considérablement les écarts, contrairement à la chirurgie à main levée où la moindre erreur peut véritablement compromettre le projet implantaire et prothétique initial.

Le secteur antérieur maxillaire illustre bien la complexité de certaines situations implantoprothétiques. Il faut y recréer un environnement osseux et gingival, préserver les papilles, assurer la stabilité de l’implant et choisir un axe favorable au meilleur résultat esthétique. Même la plus belle des chirurgies à main levée peut être rédhibitoire : un implant trop enfoui risque d’allonger la couronne de deux millimètres par rapport aux dents voisines. Imaginez la réaction du patient !

En guise de conclusion, je rassurerai les praticiens encore hésitants face au numérique qu’ils peuvent aussi confier leurs cas à un spécialiste, qui réalisera la planification en amont afin de faciliter la pose de l’implant en aval.

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