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Fraudes à l’Assurance Maladie : l’Union Dentaire demande l’interdiction de nouveaux centres dentaires

centres dentaires

Face à une affaire de fraude massive mettant en cause des centres de santé dentaires, le syndicat réclame des mesures fortes. 

Des centres de soins dentaires ont été mis en cause dans un système de fraude massive à la CPAM, d’un montant estimé à 58 millions d’euros. Face à cette nouvelle affaire, l’Union Dentaire demande à la ministre de la Santé Stéphanie Rist l’interdiction de nouveaux centres et un contrôle strict des centres existants. Le syndicat dénonce une « affaire quasi mafieuse avec prête-nom, usurpation d’identité, qui a instauré une arnaque à la sécurité sociale de plus de 58 millions qui ne seront jamais retrouvés« . Il réclame l’inspection systématique de tous les centres existants, le contrôle des diplômes des personnels et des pièces comptables des montages financiers et des détournements des bénéfices, ainsi que l’interdiction de gestion d’un centre par un praticien interdit d’exercice. « La profession refuse que l’argent qui pourrait être dépensé dans les soins des Français disparaisse dans la poche d’organisations de plus en malhonnêtes », tance le syndicat.

Centres dentaires : facturation massive d’actes fictifs

L’enquête a mis en évidence une facturation massive d’actes fictifs depuis la fin 2024 par des centres de santé associatifs, particulièrement des centres de soins dentaires. Le parquet de la JIRS (juridiction interrégionale spécialisée) de Paris a ouvert une enquête en septembre, puis une information judiciaire le 23 décembre 2025. Le 25 mars dernier, sept personnes ont été déférées devant le juge d’instruction et mises en examen pour les infractions d’escroquerie en bande organisée, blanchiment en bande organisée, et participation à une association de malfaiteurs.

Les 18 centres de santé concernés étaient implantés à Paris, Marseille, Soissons, Clamart, Neuilly-sur-Seine, Boulogne, Montmorency, Rueil-Malmaison, Gentilly, Vincennes et Fontaine. La plupart des actes étaient établis au nom de personnes bénéficiaires de la complémentaire santé, pour des montants très supérieurs aux moyennes remboursées par l’Assurance Maladie. La facturation pour le centre de Marseille était en partie faite au nom d’un dentiste décédé en 2021. Les premières auditions ont confirmé que les patients cités n’avaient jamais bénéficié des soins, ou même ne s’étaient jamais présentés dans ces centres de santé.

Assurance Maladie : 723 millions d’euros de fraudes

723 millions d’euros : c’est le montant des fraudes que l’Assurance Maladie annonce avoir détecté et endigué en 2025. Un chiffre en hausse de 15 % en un an. « Ce résultat dépasse largement l’objectif fixé (550 millions d’euros) et confirme la montée en puissance des dispositifs de détection et de prévention mis en place depuis plusieurs années », se félicite l’Assurance Maladie dans un communiqué publié le 16 avril.

Les fraudes commises par les assurés représentent plus de la moitié des dossiers (53 %) mais concentrent seulement 16 % des montants. Les fraudes réalisées par des professionnels de santé libéraux (dont les centres de santé) « concentrent près des trois quarts des montants pour 28 % des cas », déclare l’Assurance Maladie. Certains acteurs totalisent à eux seuls des montants particulièrement élevés, en premier lieu les centres de santé (138 millions d’euros), mais aussi les audioprothésistes (85 millions d’euros) ou les transporteurs (62 millions d’euros).

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