Cette prééminence du dentaire dans les intentions qu’auraient nos concitoyens à se faire soigner à l’étranger montre à quel point l’accès à ce type de soins est de loin le plus problématique en France pour la population générale. Si la qualité des professionnels n’est pas remise en cause, ce sont bien les questions d’accès aux soins, d’abord d’un point de vue financier et dans une moindre mesure en termes de délais, qui posent problème.

Les réticences à choisir de se faire soigner à l’étranger sont toutefois grandes et largement majoritaires, d’abord du fait des craintes autour de l’après-soins : les difficultés relatives au suivi des soins après l’intervention et par rapport à un éventuel recours en cas d’accident médical sont évoquées, respectivement par 36 % et 24 % des 9 Français sur 10 qui n’envisagent pas de se faire soigner à l’étranger, comme raison principale à cela.

Par ailleurs, c’est l’attachement au système de santé français qui constitue l’explication de ce non-recours aux soins à l’étranger pour 31 % d’entre eux. Nos concitoyens ont donc majoritairement conscience des problèmes de qualité que peut poser le recours aux soins à l’étranger. Ils attachent de l’importance à pratiquer leurs soins en France aussi pour contribuer à la qualité du système de santé français et à l’activité des professionnels qui y exercent. Il est essentiel de se donner collectivement les moyens de faire vivre cette source d’activité économique solidairement financée. Dans la pratique, le dentaire représente 2,5 % des soins pratiqués à l’étranger remboursés par la Sécu. La prise en charge des soins à l’étranger reste principalement orientée vers les soins non programmés réalisés au cours d’un séjour à l’étranger notamment en cas d’urgence (hospitalisation par exemple) ou de soins ne pouvant être interrompus dans le cadre de maladies au long cours (dialyse notamment).

C’est ce type de soins à l’étranger qui est de loin le plus pris en charge par la Sécu : parmi l’ensemble des prestations remboursées, environ 80 % sont liées à l’hospitalisation et 7% à la dialyse d’après le rapport 2013 du Centre national des soins à l’étranger.

[1] Source : Enquête LH2 pour le CISS, réalisée auprès d’un échantillon de 1224 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, recrutés par téléphone et interrogés par Internet (il ne s’agit pas d’un access panel) les 8 et 9 octobre 2014.