Dans une tribune du Wall Street Journal, le directeur du AgeLab de l’université du MIT Joseph Coughlin s’essaie à la réflexion sur le futur de la vieillesse à l’heure du tout numérique. Imaginez un avenir où les principales évolutions dues à la vieillesse – perte de la mobilité, problèmes de mémoire, isolement… – trouveraient une solution technologique. C’est plus ou moins le futur que nous réserve l’évolution des technologies numérique, à en croire Joseph Coughlin. Déjà aujourd’hui, note-t-il, « la prochaine génération de retraités disposera d’un nombre de technologies et de services sans précédent historique pour inventer son avenir et travailler à mi-temps, maintenir les liens de sociabilité, vivre dans sa propre maison, rester en bonne santé et organiser ses soins médicaux ». Ainsi, pour les nombreux retraités qui cherchent un revenu complémentaire, les solutions de l’économie collaborative offrent de nombreuses alternatives moins pénibles que la reprise d’une activité à plein temps. En 2015, Airbnb révélait déjà que 10 % des loueurs étaient âgés de plus de 60 ans. Concernant l’isolement dû à la perte de mobilité, le spécialiste envisage des solutions comme l’assistance des machines à la conduite voire même la totale automatisation des voitures. Et ajoute que la disparition progressive des écrans au profit de la réalité augmentée ou virtuelle donnera un nouveau souffle aux échanges à distance. Sans verser dans le « solutionnisme technologique » dont le chercheur Evgeny Morozov accuse souvent l’écosystème de la Silicon Valley, Joseph Coughlin n’oublie pas d’analyser les risques à considérer : comment gérer le coût de ces technologies quand de nombreuses personnes âgées ont à peine de quoi survivre ? Face au nombre croissant de machines et de données, comment le système de soin ou même le secteur de l’immobilier à destination des personnes âgées sauront-ils s’adapter ? Et enfin, avant que n’advienne cette nouvelle société de personnes âgées numérisés, saurontnous repenser la cohabitation avec les machines afin que les relations interpersonnelles restent… humaines ?

Lu sur www.rslnmag.fr