L’Union Dentaire annonce dans un communiqué avoir lancé un appel solennel à Emmanuel Macron, sur la question du remboursement des aides au travers du dispositif d’indemnisation de perte d’activité (DIPA) perçues par les chirurgiens-dentistes dans le cadre de la crise du Covid. Selon le syndicat, plus de 50 % des praticiens se voient réclamer le remboursement des aides touchées au printemps 2020. Toutes les professions de santé libérales seraient concernées, d’après l’Union Dentaire, particulièrement les médecins généralistes.

Le syndicat ne décolère pas devant la position figée de l’Assurance maladie sur ce dossier des aides DIPA. « C’est en totale contradiction avec les engagements de son directeur général de l’époque », déclare Franck Mouminoux, président de l’Union Dentaire, qui en appelle directement au président de la République, Emmanuel Macron. « Monsieur le président, l’Union Dentaire vous demande solennellement d’intercéder auprès de l’Assurance maladie afin que les demandes de remboursement des Caisses primaires d’Assurance maladie aux praticiens soient stoppées », interpelle le syndicat.

Rembourser l’aide obtenue

À l’image d’autres professionnels de santé, les cabinets dentaires avaient dû fermer de mars à mai 2020. À la réouverture, les chirurgiens-dentistes ont fait face à une importante vague d’urgences dentaires à traiter. « L’Assurance maladie avait consenti à l’octroi d’une aide (dite DIPA) pour couvrir les charges fixes, maintenir les cabinets dentaires à flot et conserver les emplois de leurs salariés. Contrairement aux promesses faites à l’époque par l’ancien directeur de la CNAM, M. Nicolas Revel, actuel directeur de cabinet du Premier ministre, l’Assurance maladie a changé son mode de calcul. De très nombreux praticiens se voient aujourd’hui notifiés de rembourser l’aide obtenue », s’indigne l’Union Dentaire qui a annoncé vouloir engager une action de groupe.

La régularisation sur les aides DIPA fait aussi grincer des dents la FSDL et Les Chirurgiens-Dentistes de France (CDF). Le président des CDF, Thierry Soulié, avait déjà alerté le président de l’Assurance maladie, relevant « les lacunes de la méthode de globalisation mise en place, qui pénalise fortement les chirurgiens-dentistes ayant repris une forte activité à la sortie du confinement. À travers cette méthode, on punit les chirurgiens-dentistes qui ont cumulé les heures pour recevoir davantage de patients, et tenter de compenser le retard accumulé pendant les deux mois de fermeture », s’insurge Thierry Soulié dans un communiqué. Les CDF demandent à l’Assurance maladie que soit revue la méthode de calcul mise en place, « pour une régularisation plus juste et plus cohérente ».