Une équipe de chercheurs de l’Université Catholique de Louvain ont recensé et analysé les principales découvertes liées à ce champ de recherche. L’usage des téléphones mobiles a révolutionné notre manière de communiquer. Aujourd’hui, 96 % de la population mondiale, soit 6,8 milliards d’individus, possèdent ce type d’appareil, contre 12 % en l’an 2000.

Autant d’individus qui se connectent et échangent, jusque dans les endroits les plus reculés. Pour mieux comprendre les interactions sociales qui en découlent, des chercheurs se consacrent à l’étude des données mobiles, qui offrent une vue d’ensemble de l’évolution de la société et de ses besoins. Une discipline relativement récente, qui a pris de l’ampleur au cours des 15 dernières années. Grâce aux conclusions similaires de différentes études, les auteurs peuvent notamment dire que si à l’échelle globale, le nombre de communications ne fait qu’augmenter, le monde n’en est pas pour autant devenu un « village » comme certains le prédisaient à l’aube du mobile. La distance joue encore un rôle dans le maintien du lien social puisque le volume d’appels diminue lorsque celle-ci s’accroit. Au sein de l’article publié dans l’European Physical Journal Data Science, les auteurs fournissent une synthèse des différentes méthodologies utilisées par ces chercheurs, en se penchant particulièrement sur l’analyse des CDR, les Call Detail Records. Grâce à l’omniprésence des téléphones mobiles dans le monde (leur nombre dépasse celui des ordinateurs personnels) et à l’avènement des smartphones, les bases de données à la disposition des scientifiques se sont enrichies de manière conséquente. Un moyen de trouver toujours plus d’applications pratiques à l’analyse de ces données. Repenser la carte des transports publics, déterminer où l’aide alimentaire est la plus nécessaire, ou recenser des populations, font partie des projets rendus possibles par cette répartition de plus en plus importante des téléphones portables dans les pays sous-développés ou en voie de développement, et à l’examen de leurs données. Autant d’initiatives qui, comme le suggèrent les auteurs, peuvent sauver des vies à l’avenir.