Rien ne semble arrêter leur progression. Depuis 2017, 363 centres dentaires ont été créés, soit une augmentation de 60% sur cette période, selon une étude sur la « Dynamique de création des centres de santé » entre 2017 et 2021. Cette dernière a été publiée par la Fédération nationale des centres de santé (FNCS) le 9 décembre. Mais force est de constater que la croissance des centres dentaire accompagne celle des centres de santé au niveau global.

« Si le total des centres de santé a fortement  évolué  ces  dernières  années (+175 % entre 2000 et 2020, NDLR),  faisant  doubler  leur nombre  global  en  seulement  quelques  années,  la  majorité  de  ces  créations  concerne  des  centres de  catégorie  dentaire », indique le rapport.  En effet, « 932 des 2 236 centres recensés  fin  2020,  étaient  des  centres  dentaires.  Soit 42 % de  l’ensemble », d’après l’observatoire e-cds. Qui est plus est, selon les données du répertoire FINESS, le fichier national recensant les établissements sanitaires et sociaux, au 30 avril 2021, « 975 des 2 587 centres de santé immatriculés étaient des centres dentaires,  soit  38 %  du  total ». 

Les centres dentaires comptent 4 250 temps plein de chirurgiens-dentistes. Ils sont majoritairement installés dans les grandes villes et en Ile-de-France. En effet, « environ 200 des 427 centres créés en Ile-de-France depuis 2017 sont des centres dentaires ».

Des acteurs privés

Autre donnée intéressante : la moitié des centres dentaires est gérée par des acteurs privés sous couverte de forme associative. Cette gestion est d’ailleurs partagée par la plupart des centres, médicaux, infirmiers, ophtalmologiques ou polyvalents (60 %). Dans le détail, « parmi  les  centres  associatifs,  on  sait  qu’un  tiers  sont  des  centres  dentaires  (476,  soit  50 %  des centres  dentaires),  un  tiers  sont  des  centres  infirmiers  (428  des  502,  soit  85 %  des  centres infirmiers),  et  un  tiers  sont  des  centres  polyvalents  ou  médicaux ».  Moins de 30 % des centres de santé sont gérés par des mutuelles ou des caisses d’assurances maladie et 12 % le sont par des acteurs publics, surtout des collectivités territoriales.

Pour rappel, l’encadrement des centres dentaires dans le cadre du PLFSS 2022 a été invalidé.  Alors que l’Assemblée nationale avait définitivement adopté le projet de loi de financement de la Sécurité sociale fin novembre, quelques semaines plus tard, le Conseil constitutionnel a censuré l’article 70 qui soumettait l’activité des centres dentaires à de nouvelles régulations. Pour cause qu’il « n’a pas d’effet ou a un effet trop indirect sur les dépenses des régimes obligatoires de base ou des organismes concourant à leur financement ». Ces dispositions « ne trouvent pas leur place dans une loi de financement de la sécurité sociale. Elles sont donc contraires à la Constitution », expliquaient les sages de la rue Montpensier, au grand désarroi des syndicats.