L’utilisation massive et répétée d’antibiotiques génère au fil du temps l’apparition et la diffusion de résistances bactériennes qui menacent l’efficacité des traitements. Pour contribuer à alerter les professionnels et le grand public à la nécessité d’un meilleur usage des antibiotiques, l’InVS (Institut de veille sanitaire) et l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) ont publié des données sur la résistance bactérienne et la consommation d’antibiotiques sur une période de dix ans (2003-2013). Une hausse de la consommation d’antibiotiques, constatée depuis trois ans, est confirmée notamment en ville.

Cette tendance à la hausse concerne particulièrement les pénicillines qui constituent la classe d’antibiotiques la plus largement utilisée. L’association de l’amoxicilline à l’acide clavulanique est à ce jour l’antibiotique le plus prescrit dans les établissements de santé. La consommation des céphalosporines (3e et 4e générations) et des carbapénèmes progressent également de manière importante à l’hôpital. Si les données sont encourageantes pour le pneumocoque en ville ainsi que pour le staphylocoque doré en secteur hospitalier, avec une diminution de la résistance quasi-constante depuis plus de 10 ans, une vigilance renforcée est en revanche nécessaire pour les entérobactéries. Cette famille réunit un grand nombre de bactéries résidant principalement dans le tube digestif, notamment E. coli, responsable de la plus fréquente des infections à l’hôpital comme en ville : l’infection urinaire. L’émergence de résistances bactériennes dirigées contre les carbapénèmes, des antibiotiques dits de « dernier recours », est particulièrement préoccupante. Face à la résistance aux antibiotiques, une mobilisation durable et déterminée de tous les acteurs, prescripteurs, patients et pouvoirs publics est indispensable, afin que l’efficacité des antibiotiques puisse être préservée.

* Publié à l’occasion de la journée européenne d’information sur les antibiotiques le 18/11/2014