Des équipes de l’Institut Pasteur, du CNRS et du VRI (Inserm/université Paris Est Créteil) ont étudié les anticorps induits chez des individus infectés par le Covid-19 de manière symptomatique, ou asymptomatique, comme c’est le cas chez près de la moitié des personnes touchées par le virus, rappelle l’Inserm. Les chercheurs ont montré que l’infection induit des anticorps polyfonctionnels qui possèdent une activité neutralisante mais aussi capables d’activer d’autres mécanismes de défense tels que les cellules tueuses NK (natural killer) ou les molécules du complément.

Les résultats de cette étude montrent que les niveaux d’anticorps sont légèrement plus faibles chez les personnes asymptomatiques en comparaison à celles symptomatiques, mais des anticorps polyfonctionnels sont retrouvés chez tous les individus. Ils démontrent que l’infection induit des anticorps à même de tuer les cellules infectées quelle que soit la sévérité de la maladie.

« Anticorps capables d’attaquer le virus de différentes manières »

« Cette étude a permis de montrer que les individus infectés par le SARS-CoV-2 possèdent des anticorps capables d’attaquer le virus de différentes manières, en l’empêchant d’entrer dans les cellules (neutralisation) ou en tuant les cellules infectées grâce à l’activation des cellules NK (via la fonction ADCC). On parle donc d’anticorps polyfonctionnels », explique Timothée Bruel, chercheur au sein de l’unité virus et immunité à l’Institut Pasteur et au VRI.

« Cette étude révèle de nouveaux modes d’action des anticorps et suggère que la protection induite par une infection asymptomatique est très proche de celle observée après une infection symptomatique », conclut Olivier Schwartz, responsable de l’unité virus et immunité à l’Institut Pasteur et au VRI.



Anticorps : fonctions non neutralisantes

Les anticorps sont capables de neutraliser le virus, mais aussi d’activer des fonctions dites « non neutralisantes ». Parmi elles, la cytotoxicité dépendante des anticorps (antibody-dependent cellular cytotoxicity ; ADCC) et l’activation du complément sont des constituants majeurs de la réponse immunitaire. L’ADCC est un phénomène en deux étapes, durant lequel les cellules infectées sont d’abord reconnues par les anticorps, puis détruites par les cellules NK.

Le complément est un ensemble de protéines plasmatiques qui permet également l’élimination des cellules ciblées par les anticorps. La capacité des anticorps à activer ces fonctions non neutralisantes est encore peu décrite dans le contexte de l’infection par le SARS-CoV-2, note l’Inserm.

Les anticorps tuent les cellules infectées en activant les cellules NK. En vert, une cellule infectée, cultivée en présence d’anticorps (invisible) et de cellules NK (flèche blanche). La cellule NK entre en contact avec la cellule infectée puis la détruit (la cellule mourante devient rouge). Images issues d’un vidéo-microscope. © Unité virus et immunité, Institut Pasteur.