Le rétrotracing sera généralisé dans toute la France à partir du 1er juillet, a annoncé l’Assurance maladie le 17 juin. Ce procédé, qui étudie les circonstances de contamination par le SARS-CoV-2, est déjà expérimenté en Côte-d’Or et en Loire-Atlantique depuis le 25 mars. « Il permet ainsi de repérer des situations ponctuelles ou inhabituelles, au cours desquelles une personne, devenue par la suite positive, aurait pu contaminer d’autres personnes », explique la CNAM.

Le rétrotracing permet de repérer de potentielles personnes co-exposées mais non identifiées comme cas contact. « Une personne co-exposée est une personne qui a croisé un malade de la Covid-19, lors d’un événement ou dans un lieu et a pu y être contaminée surtout si les gestes barrières n’ont pas été respectés durant l’événement. Ces personnes co-exposées peuvent transmettre sans le savoir la Covid-19 », est-il précisé.

La combinaison du rétrotracing avec le contact tracing « classique », qui identifie les cas contact en aval de la contamination, a pour objectif de mieux identifier les chaînes de contamination afin de les briser plus efficacement. « Avec une couverture vaccinale qui ne cesse de progresser (25,4 % de la population française avait terminé son cycle vaccinal au 16 juin) et une circulation du virus moins élevée, les conditions sont désormais réunies pour étendre la pratique du rétrotracing sur tout le territoire, estime l’Assurance maladie. Ces conditions sont nécessaires pour le rétrotracing car les épidémiologistes estiment que, pour que ce type d’enquête soit efficace, le niveau de circulation du virus doit être faible ou modéré (inférieur à 5 000 nouveaux cas par jour). »

Près de 10% des « patients zéro » identifient une source

Le contact tracing a quant à lui été lancé le 13 mai 2020 par l’Assurance maladie et a depuis évolué « afin de mieux accompagner les personnes devant s’isoler ».

Dans les départements tests, près de 10% des patients zéro contactés ont été capables d’identifier un évènement qu’ils estiment comme étant à l’origine de la contamination. Ce qui a permis d’identifier des personnes co-exposées hors foyer.

Dans le cadre de cette nouvelle expérimentation, les enquêteurs sanitaires demandent à la personne testée positive ses cas contacts sûr mais également les circonstances où elle aurait pu tomber malade (rassemblement, restauration collective, établissements publics), l’individu qui aurait pu la contaminer et qui d’autre était présent. Il peut aussi demander les noms et coordonnées du responsable du lieu ou de l’organisateur de l’évènement.

Une coordination avec l’ARS

Avec le rétrotracing, les personnes co-exposées « sont contactées par l’Assurance Maladie qui les invite à réaliser un test de dépistage et à s’isoler. Elles sont aussi soumises au même questionnaire. Ces personnes, si elles ne peuvent pas télétravailler, peuvent bénéficier d’un arrêt de travail dérogatoire sans délai de carence à partir du site declare.ameli.fr ».

Enfin, comme c’est déjà le cas dans le cadre du contact tracing, l’Assurance maladie est ici coordonnée avec l’Agence régionale de santé (ARS) du territoire concerné pour que celle-ci prenne le relai en cas de situation complexe ou de foyer de contamination important.