Le contexte de la crise sanitaire a provoqué le report des symposiums ou leur adaptation au format en ligne. L’ADF 2020 a été reporté, l’IDS 2021 repoussé. Tandis que de grands groupes ont lancé leurs premiers événements à distance, à l’instar de Dentology, premier symposium entièrement virtuel d’Henry Schein autour de la dentisterie numérique. La pandémie a incité les organismes de formation à proposer des sessions à distance, en remplacement de cours en présentiel lorsque cela était possible. Ce mode de formation a été plébiscité en 2020 selon les chiffres de l’agence nationale du DPC. En effet, 70 % des formations réalisées par les chirurgiens-dentistes l’ont été en non-présentiel.

La Société odontologique de Paris (SOP) a remplacé de façon temporaire ses formations en présentiel par des webinaires, visioconférences et e-learning. La formation à distance a ses avantages et non des moindres pour le chirurgien-dentiste : se former tout en ouvrant son cabinet comme à l’habitude et approfondir les points qu’il souhaite grâce à la disponibilité des outils de formation. Pour autant, selon Gérard Mandel, membre du conseil d’administration de la SOP, la formation à distance a ses limites : « Les interactions entre le conférencier et son auditoire sont difficiles car l’adaptation du discours de l’enseignant aux réactions des participants ne peut pleinement s’exercer. Cette distance a souvent comme conséquence une baisse de l’attention du participant, isolé derrière son écran ».

D’autre part, les spécificités de la formation en dentisterie supposent des travaux pratiques qui par définition ne peuvent être organisés en ligne. « Le distanciel est un formidable outil de diffusion des connaissances dès lors que la formation est essentiellement axée sur la théorie, et dès lors que des modules d’échanges vivants et interactifs y sont aménagés », déclare Gérard Mandel sur le site de la SOP. Formation en présentiel et à distance n’ont donc pas les mêmes objets, ni les mêmes applications pour le chirurgien-dentiste qui souhaite se former pour développer de nouveaux traitements au cabinet. Selon la SOP, les deux types de formation sont complémentaires. « Lorsque les règles sanitaires le permettront, un juste équilibre devra être trouvé, qui doit privilégier le meilleur format en fonction des objectifs et du contenu de la formation ».

Se former en illimité

Plus de déplacements, moins de frais et d’absence de son cabinet ou de son domicile : la formation à distance procure des avantages indéniables. L’enseignement en ligne permet de suivre le thème choisi en continu ou par morceau, selon le temps que l’on souhaite lui consacrer.

French Tooth, plateforme de formation dans le dentaire lancée en 2019, s’est spécialisée dans les cours en ligne. Elle propose aux professionnels de la santé bucco-dentaire (chirurgiens-dentistes, prothésistes, assistants dentaires ou étudiants) de se former quand ils veulent, en illimité, à travers des vidéos de cas cliniques, des lives inédits et des replays. Du fait de la pandémie et des confinements, le nombre d’utilisateurs par semaine a été multiplié par 10 et la plateforme a dû embaucher des collaborateurs supplémentaires.

French Tooth a lancé en janvier 2021 un nouveau concept de formation en ligne : la TP Box. Elle permet une séance de travaux pratiques au sein de son cabinet dentaire. Basé sur les nouvelles techniques de dentisterie moderne, ce kit offre la possibilité de se former à la théorie et à la pratique, sans se déplacer. Un chirurgien-dentiste émérite guide le TP lors d’une séance diffusée en direct sur la plateforme. La première TP Box est animée par le Pr Jean-François Lasserre qui accompagnera pas-à-pas les praticiens dans l’apprentissage des préparations pour facettes, s’appuyant sur un kit développé par Komet France contenant des fraises, polissoirs et brossettes. Il fera une démonstration en direct lors d’une session le 16 mars sur French Tooth à laquelle participeront 150 chirurgiens-dentistes. Devant le succès de cette formation, d’ores et déjà complète, une seconde édition a été mise en place en juin qui sera suivie par 300 praticiens.

La société de formation dénombre plus de 3 000 abonnés, professionnels de la santé bucco-dentaire issus de toute l’Europe et se déploie désormais à l’international au travers de conférences et de congrès traduits en plusieurs langues. Sa communauté rassemble 21 000 followers sur ses réseaux sociaux.