En 2020, la consommation de soins et de biens médicaux (CSBM) a augmenté de 0,4 % en valeur (+2,0 % en 2019 et +1,5 % en 2018), révèle la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) dans son bilan annuel des « Résultats des comptes de la santé » pour l’année dernière publié le 15 septembre. D’après elle, il s’agit de « la progression la plus faible de ces dépenses jamais observée depuis 1950, première année disponible des comptes de la santé ». Concernant les soins dentaires, la consommation a cruellement chuté en 2020 (- 8,9 % en valeur) pour atteindre les 10,9 milliards d’euros. Pour rappel, la CSBM rassemble toutes les dépenses de soins (hôpital, ville, honoraires, optique prescrite, transports sanitaires, médicaments…).  

De nombreux secteurs ayant subi une importante chute de leur activité lors du premier confinement au printemps 2020, les volumes des soins sont en forte baisse (-4,0 %). La croissance de la CSBM est donc intégralement portée par une hausse des prix (+ 4,6 %). Aussi, en 2020, la CSBM atteint 209,2  milliards d’euros, soit une dépense moyenne de 3 109 euros par habitant. La part de la CSBM dans le PIB augmente de manière importante : elle passe de 8,5% en 2019 à 9,1% en 2020.

Le PIB a quant à lui subi la baisse la plus importante depuis la Seconde Guerre mondiale (-5,5 % en valeur). La baisse a été particulièrement forte pendant le premier confinement (-57 % de l’activité par rapport à janvier 2020).  « Au mois d’avril, l’activité s’est quasiment arrêtée avec une baisse de 94  % par rapport à janvier 2020 », est-il écrit dans le rapport. C’est donc grâce au dispositif d’aide exceptionnel (Dipa) que la baisse n’atteint que 5,9 %.

Les dépenses de soins dentaires représentent 5 % de la CSBM

Hormis les rémunérations forfaitaires, les dépenses de soins dentaires sont composées de soins et de prothèses à 69,8 %. Arrivent ensuite l’orthodontie (10,8 %), la radiologie (7,1  %), la chirurgie (6,6  %), et les consultations (5,7 %). Les complémentaires santé sont les principaux financeurs (43,3 % de la dépense) devant la Sécurité sociale (33,8 %), les ménages (18,3 %) et l’État à hauteur de 4,6 %. « Au global, le reste à charge des ménages (RAC) baisse de 3,8 points sur les soins dentaires en 2020 », indique la Drees. En tout, les dépenses de soins dentaires représentent 5 % de la CSBM.

Quant aux dépenses du panier 100 % santé, elles correspondent en 2020 à 41 % de la dépense totale en prothèses dentaires. Ce panier représente 54% des prothèses dentaires vendues. Le panier à tarif modéré représente quant à lui 29 % de la dépense et le panier au tarif libre 31 %. Le reste à charge sur le panier à tarif modéré, qui correspond aux couronnes, bridges et prothèses dont les prix sont plus importants que ceux du panier « 100 % santé », est bien plus élevé : il représente 39 % de la dépense. Concernant le panier à tarif libre, qui comprend les autres actes prothétiques hors couronnes, bridges et prothèses, ce dernier correspond à 19 % de la dépense.

En un an, le nombre de praticiens salariés a augmenté de 9,6 %

« La mise en œuvre de la réforme n’est pas encore totalement achevée en 2020 : le prix limite de vente de certains produits du panier sera de nouveau abaissé au début de l’année 2021 », rappelle le rapport. « Conformément à l’esprit de la réforme, la prise en charge par l’Assurance maladie diminue avec le type de panier : elle passe de 21 % pour le panier 100 % santé, à 18 % pour le panier à tarif modéré et 13 % pour le panier au tarif libre. Au global, le RAC des ménages baisse de 3,8 points sur les soins dentaires en 2020. »

Pour finir, en un an, le nombre de chirurgiens-dentistes salariés a augmenté de 9,6 %. En 2020, ils sont 5 035 en exercice. Parmi eux, 731 travaillent à l’hôpital. La hausse est de 32 % en dix ans, entraînant une hausse de 1,7 % de l’effectif global qui se situe à 42 843. Ce phénomène peut s’expliquer car de moins en moins de jeunes se sentent prêts à supporter les nombreuses contraintes d’une installation en libéral mais aussi en raison de l’augmentation du nombre de centres de santé dentaires et aussi de l’arrivée massives de praticiens à diplôme étranger.

 « La part des soins dentaires effectués en cabinet libéral diminue depuis 2015 (de 90,9 % en 2015 à 87,3 % en 2020) au profit de ceux réalisés en centres de santé (12,7 % en 2020 contre 9,1 % en 2015) », écrit la Drees. Le nombre de dentistes installés en libéral reste toutefois stable : 37 077 soit + 0,7 % sur un an et + 0,8 % sur dix ans.