Indépendentaire : Dans quels termes peut-on définir une parodontologie rentable ?

Laurent Olli : À l’Académie de Paro, notre motivation première est le bien-être du patient. Ce qui nous intéresse c’est avant tout le patient en tant que tel. Si le praticien a une formation avec un niveau lui permettant de s’engager sur des résultats, c’est à partir de ce moment-là que nous pouvons parler d’une parodontologie rentable car le praticien va gagner de ce fait, la confiance du patient. Il faut que le praticien soit en mesure de communiquer au patient ce qui va se passer dans les 8 jours, 1 mois ou 6 mois. En effet, être prédictible dans les résultats, permet de facturer, d’être crédible et de justifier le H.N (Hors Nomenclature).

Autre critère : si ensuite il y a un plan de traitement cela sera beaucoup plus facile de le faire accepter par son patient du fait qu’il soit en confiance. Au final, c’est la capacité de pouvoir s’engager sur des résultats prédictibles fiables et durables qui compte.

À partir de combien d’années d’exercice, pensez- vous qu’un praticien puisse mettre en place une parodontologie pour que celle-ci soit rentable ?

L. O.. : La parodontie est à la base de tout traitement et de tous les travaux de dentisterie quels qu’ils soient. Par exemple, dans le cas d’un patient qui souhaite se faire poser un implant ou procéder à un soin prothétique ou esthétique, le praticien doit s’assurer que celui-ci n’a pas un profil susceptible de développer une maladie parodontale. Il doit donc être amené à faire de la prévention. Il se doit, en effet, de mettre en place dès l’ouverture de son cabinet un pan « parodontologie », et ce, pour le bien-être de ses patients, et l’assurance de ses soins. Par essence, la parodontologie ne nécessite pas d’investissement de la même façon qu’un bloc opératoire, le praticien doit juste se doter de connaissances qu’il transformera en compétences. Donc la parodontologie ne peut être que rentable. Le fait de faire de la prévention permet au praticien et au patient d’être tous les deux gagnants : moins de coûts et une meilleure relation traitant/traité, praticien/patient.

Quels sont les critères qui concourent à la rentabilité de la parodontologie au sein du cabinet ?

L.O. : Selon l’épidémiologie, les praticiens sont confrontés à 90% des patients atteints de problèmes parodontaux, avec des pertes d’attaches pouvant varier sur une à toutes les dents.

De façon générale, nous pouvons estimer, qu’ils se retrouveront avec 30% de patients à traiter en paro. 80 % d’entre eux sont atteints de parodontites chroniques de l’adulte et les 20 % restants correspondent à ceux atteints de parodontites agressives. Par conséquent, si le praticien prend en charge la parodontologie auprès de ses patients, il va pouvoir augmenter son chiffre d’affaires sans avoir besoin d’aller chercher d’autres patients. D’autre part, il est possible pour le praticien de rendre cette paro rentable via différents leviers d’actions :
– Informer les patients que le praticien maîtrise les problèmes de parodontologie en communiquant directement sur leur site internet mais aussi sur les plaquettes d’information dans la salle d’attente par exemple.
– Utiliser le bouche-à-oreille : les patients satisfaits communiquent, et deviennent des référents. Un réseau de correspondant, du fait que certains de leurs confrères ne désirent pas prendre en charge cette pathologie.
Pour autant, je pense qu’aujourd’hui chaque praticien devrait traiter ses propres cas de paro. L’Académie de Paro a pour volonté de proposer une formation pour l’omnipraticien.

Y a-t-il un mode d’emploi ?

O. L. : Un mode d’emploi, non. Des protocoles oui. Aujourd’hui, il existe des protocoles précis et reproductibles permettant de s’engager sur des résultats fiables à long terme. Ces protocoles s’acquièrent notamment à l‘Académie de Paro.

Dans un contexte socio-économique parfois morose, tous les cabinets peuvent-ils atteindre cette augmentation de 30 % du chiffre d’affaires ?

L. O. : Actuellement la majeure partie des cabinets ne sont pas rentables en paro. Aujourd’hui, certains praticiens rencontrent des difficultés pour facturer la paro. Le manque de sérénité dans les résultats en est la cause première. L’idée est de pouvoir travailler sur un parodonte sain, pérenniser les plans de traitements. Plus précisément, il n’est pas possible d’avoir des résultats en paro tant que le praticien ne maîtrise pas les causes de ces maladies. Il est donc important de pouvoir les traiter à la source, et de savoir maintenir ces résultats dans le temps. Indéniablement, si un praticien souhaite atteindre une paro rentable, il faut qu’il ait confiance en lui, qu’il puisse expliquer au mieux la maladie, avoir un entretien et un discours clair vis-à-vis du patient, savoir présenter ses plans de traitement paro, s’engager sur les résultats, etc. Certains de nos stagiaires veulent orienter leur pratique en tant que paro-exclusifs. Si cela ne fonctionnait pas, il n’y aurait pas de demande de ce type. Nous sommes effectivement en train d’effectuer un retour vers la parodontologie. Alors que l’implantologie a été l’une des réponses aux conséquences, la parodontie elle, apporte des solutions sur la cause. « La paro » est devenue un sujet d’avenir. D’ailleurs, beaucoup de jeunes s’inscrivent dans les formations. À ce jour, quel que soit le type de formation suivie par un praticien, qu’il s’agisse de formations en esthétique, implantologie ou autres, dans tous les cas, le premier chapitre abordé est : travailler sur un parodonte sain.