Lorsqu’une personne est contaminée par le virus de la grippe, elle devient de fait immunisée contre la souche virale incriminée. En théorie, chaque souche de grippe ne peut en effet infecter qu’une seule fois la même personne. Le virus change cependant constamment de caractéristiques génétiques afin de ne pas être reconnu par le système immunitaire humain lors de la prochaine infection. Partant de ce postulat, les scientifiques ont souhaité enregistrer le maximum de modifications des virus. Dans ce but, ils se sont penchés sur deux facteurs clés, dont l’hémagglutinine, une protéine assurant la liaison entre le virus et la cellule hôte.

Les chercheurs ont étudié environ 4 000 séquences de gènes de cette protéine membranaire, impliquée dans des infections virales de 1968 à 2012. Ils ont ainsi été en mesure d’identifier les différentes mutations des gènes codant des épitopes de l’hémagglutinine. Ces informations génétiques ont ensuite été couplées à des informations sur l’incidence des infections de la grippe, constituant ainsi une importante base de données. Michael Lassig, professeur à l’Université de Cologne explique que « sur la base de ces données génomiques, nous pouvons prédire les formes de virus prédominantes », et ainsi permettre la production de thérapies plus efficaces. Néanmoins, de nombreux tests sont encore nécessaires avant de pouvoir mettre en place concrètement un vaccin issu des simulations sur ordinateur, comme le précise Lassig : « le chemin menant à la mise en place de modèle sûrs et conduisant à des vaccins améliorés est encore long ».

Avec bulletins-electroniques.com