Dans ce cadre, ils publient, pour la deuxième année consécutive, un bilan des données de consommation et de résistance aux antibiotiques en France sur une période de dix ans (2004- 2014) et pour la première fois des données de pharmacovigilance relatives aux effets indésirables des classes d’antibiotiques1. Au regard de ces résultats, la mobilisation durable et déterminée des prescripteurs, des patients et des pouvoirs publics reste indispensable pour promouvoir le bon usage des antibiotiques. Après trois années de hausse consécutive, la consommation d’antibiotiques en ville a légèrement diminué en 20142, probablement en lien avec une faible incidence des pathologies hivernales. Néanmoins, avec une consommation supérieure de 7 % à celle observée en 2004, l’évolution de la consommation au cours de ces dix dernières années s’inscrit toujours dans une tendance globale à la hausse, notamment pour les pénicillines à large spectre. Dans les établissements de santé, la consommation est en revanche restée stable entre 2013 et 2014. Un usage plus important des carbapénèmes, antibiotiques dits de dernier recours, a toutefois été observé en 2014 comparativement à 2013. Le recours à l’association amoxicilline-acide clavulanique continue de progresser, ce qui constitue un sujet de préoccupation car cet antibiotique est particulièrement générateur de résistances.

1 Les données présentées dans cette étude sont issues du secteur hospitalier et de ville.
2 29,0 DDJ (dose définie journalière) pour 1000 habitants par jour en 2014 contre 30,1 DDJ/1000 habitants/jour en 2013.