Dentoscope (D.) : Quel est votre avis sur la mise en place de la Ccam ?

Damien Valicon (D.V.) : Julie est mobilisée depuis longtemps sur cette question. Un gros changement était annoncé concernant la Ccam, on en parlait depuis longtemps, mais personne n’était vraiment prêt…

Je pense cependant que la Ccam est une très bonne chose car le praticien est devenu le « médecin de la bouche », c’est une revalorisation légitime de son métier.

Les actes sont mieux définis et mieux valorisés. Il reste que la mise en place a été compliquée.

Mais pas seulement du fait des éditeurs de logiciels, il y a eu par exemple énormément de soucis dans les échanges avec les caisses d’assurance maladie.

Julie a aussi su assumer ses responsabilités, c’est le rôle du « leader » du marché. C’est pourquoi nous avons tout mis en oeuvre pour pouvoir faire évoluer nos logiciels en fonction des impératifs qu’implique la Ccam.

Non seulement notre nouvelle version est totalement opérationnelle, mais cela nous a permis de la faire évoluer sur de nouveaux critères comme l’ergonomie et l’utilisation intuitive des fonctions. La date officielle est le 31 octobre, mais tous nos praticiens peuvent d’ores et déjà travailler sereinement grâce à un produit ergonomique, stable et fonctionnel.

Nous avons en effet pris le parti de travailler avec des experts, des chirurgiens-dentistes qui nous aident à développer le cahier des charges des produits et les testent.

Cet axe de développement est crucial pour nous, c’est aussi notre rôle de « driver » le marché et de travailler sur l’innovation. Julie est n°1 depuis de nombreuses années, et le groupe Henry Schein met en place les moyens nécessaires pour nous faire progresser, notamment sur les aspects « technologie » et « service ». Sur ce plan là, il y a une grande évolution également, avec une Hotline à trois niveaux pour une prise en charge « sur-mesure » des demandes, et des séances de formation multipliées, pour un travail au plus proche des préoccupations de nos 14 000 clients. En conclusion, je pense que la Ccam est un très bon événement pour la mise à niveau des logiciels, car elle a imposé aux éditeurs d’évoluer, et nous a permis quant à nous de gravir une nouvelle étape dans l’accompagnement de nos clients au quotidien.

D. : Comment interprétez-vous le fait que la part la plus importante revienne aux mutuelles actuellement ?

D.V. : Toute l’année va tourner autour de la Ccam, mais c’est un paradoxe, car uniquement 20 % des budgets sont touchés par ce changement. Ce sont effectivement les mutuelles qui traitent la plus grande partie des remboursements. Les Français interprètent cela comme un désengagement de la Sécurité sociale et donnent à ce jour une importance considérable aux mutuelles : notre travail est également d’être en phase avec ces évolutions de marché, et nous sommes donc évidemment en connexion avec les mutuelles pour le parfait remboursement des patients.

Julie a la chance de travailler avec la Fédération des éditeurs d’informatique médicale ambulatoire (Feima), qui représente les industriels dans la Santé et prend de plus en plus de poids. Nous sommes le seul éditeur du secteur dentaire présent, et être dans ce groupe de discussion nous permet de prendre part aux décisions du secteur de la santé. C’est un atout majeur pour éviter par exemple de revivre la situation de cette année avec la Ccam. Notre marque représente 40 % du marché, nous avons des devoirs envers les praticiens et les patients, et nous devons par conséquent être également acteur des décisions majeures. Nous espérons par ailleurs que d’autres éditeurs nous rejoindront au sein de cette fédération.

Pour revenir aux mutuelles, il faut séparer soins et prothèses dans nos réflexions… La Sécurité sociale ne s’implique pas pour ce qui est des prothèses, ce sont les mutuelles qui prennent le relais. Nous échangeons donc régulièrement avec les mutuelles pour améliorer nos pratiques. Je tiens à souligner que ce qui nous anime, in fine, c’est bien évidemment le patient. La qualité de la prise en charge du patient et la relation praticien-patient sont essentielles pour nous. Le patient doit avoir la garantie de la meilleure qualité des soins.

Notre logiciel gère ses données personnelles qui sont un bien précieux pour le chirurgien-dentiste.

D. : De nombreux centres de soins « Low Cost » ouvrent en ce moment : quel est votre avis sur ce sujet dans le contexte actuel ?

D.V. : Des centres de soins « Low Cost » en France, je n’en connais pas… Le marché actuel évolue vers un regroupement des praticiens dans un même cabinet. Mais ce sont des super structures qui tendent plutôt vers la qualité et où l’on trouve un équipement haut de gamme. Ce concept du « Low Cost », je le connais uniquement à l’étranger.

Il y a certes des centres de soins dentaires qui achètent leurs prothèses à l’étranger, j’en ai entendu parler, mais je n’en vois pas chez mes clients. Tant mieux si des centres offrent l’accès aux soins au plus grand nombre, mais la santé « Low Cost », ce n’est pas une valeur française.