Les incidents les plus fréquents sont ceux qui se sont déroulés dans des cabinets situés en ville : 111 en 2013 et 75 en 2014. Des cabinets avec une population plus dense autour d’eux et donc un risque d’incidents probables qui augmente : ils sont moins importants dans les campagnes. En général, les incidents se déroulent dans la majeure partie des cas pendant une garde où le secrétariat ou la réception sont ouverts.

Ce que l’on remarque également c’est que les agresseurs peuvent être directement des patients (c’est le cas le plus fréquent), des accompagnateurs (ils arrivent en deuxième position) mais aussi des personnes venues d’autres horizons. Face aux agresseurs, ce sont les chirurgiens-dentistes femmes qui sont le plus souvent agressées, a contrario des hommes : elles sont 52 en 2014 contre 113 en 2013. Les hommes eux sont 43 en 2014 contre 62 en 2013. En revanche, selon l’Oncd, « cette forte proportion de victimes de sexe féminin s’explique par le genre très majoritairement féminin des salariés du cabinet dentaire (assistante dentaire, réceptionniste).

Les raisons de la violence

« La qualité des soins, le coût des soins, le temps d’attente ou encore le vol » qui arrivent à la deuxième place ne font pas partie pour autant des causes les plus fréquentes de violence dans les cabinets. En 2014, « le mode de règlement, l’esthétique, le refus de soigner le patient car il y a trop de rendez-vous manqués, l’accusation de fraudes, l’exigence de soins immédiats sans rendez-vous et sans douleur, la tentative de racket, l’urgence, le refus de prise de rendez-vous, la dégradation volontaire gratuite, le refus du patient concernant le protocole chirurgical, estime ne pas devoir payer les soins, Cmu sans papier… » font partie des « motifs d’incidents » les plus fréquents (avec tous la même proportion relative). En 2013, les causes les plus récurrentes inhérentes à un incident sont « le relais de rendez-vous, le désir de télétransmission sans règlement, la prescription et le refus de soins ». En cas d’atteinte aux biens, les fractures de porte arrivent en tête de liste. En cas d’incident, l’utilisation d’armes est très rare : un seul cas en 2013 (pistolet) et six cas en 2014 (arme blanche, chien, revolver, matraque). En cas d’atteinte aux personnes, les injures ou les menaces sont les cas d’incivilités les plus importants répertoriés : 93 cas en 2013 contre 66 en 2014. Enfin, selon Myriam Garnier, secrétaire générale du Conseil national en charge de l’Observatoire : « les chiffres 2014 montrent que les chirurgiens-dentistes demeurent très exposés aux violences. Ils ne reflètent d’ailleurs pas tout à fait la réalité puisqu’un phénomène de sous-déclaration a été observé, essentiellement pour les violences verbales mais également pour les violences physiques ». Si les données 2015 ne sont naturellement pas encore disponibles (!), pour autant, selon l’Oncd : « on sait d’ores et déjà que pour 2015, le bilan s’alourdira puisque l’on a appris le meurtre d’un confrère le 6 janvier dernier à Marseille, crime pour lequel l’auteur et les motifs sont encore inconnus. Ce meurtre n’est pas sans rappeler celui d’une consœur tuée à Marseille également en mars 2013, à la suite d’un différend avec un patient pour une centaine d’euros ».

Comment faire sa déclaration d’incident ?

Au total, 124 déclarations d’incident à visée observationnelle ont été reçues par l’Oncd en 2013 contre 84 en 2014. Dans une déclaration, il peut y avoir plusieurs victimes (praticien + salarié) et plusieurs agresseurs (patient + accompagnateur).

Dans la majeure partie des cas, la volonté du déclarant de rencontrer un conseiller départemental est quasiment inexistante. Pourtant, l’Observatoire de la Sécurité est « un outil de pilotage conçu pour recueillir les déclarations, renforcer la coopération avec les pouvoirs publics et ainsi mieux prévenir les agressions contre les praticiens et leurs salariés ». Cependant l’Ordre National des Chirurgiens-Dentistes rappelle que les conseils départementaux sont à l’écoute des praticiens victimes d’agression.

Dans les faits « toute agression, même verbale, doit être systématiquement suivie d’une plainte déposée au tribunal. Le Conseil départemental de l’Ordre peut s’associer à la plainte et se porter partie civile. Une fois remplie la fiche doit être adressée au Conseil Départemental qui se chargera de relayer l’information auprès du Conseil National. Les conseillers départementaux sont également à l’écoute du praticien victime en cas de besoin ».

La fiche d’incident est directement téléchargeable sur le site internet de l’Ordre National des Chirurgiens-Dentistes : http:// www.ordre-chirurgiens-dentistes.fr

Retrouvez la version complète dans l’ Indépendentaire d’octobre.