Dans ce cadre, l’AOI appuie notamment le programme de fluoration du sel en soutenant la législation, la production, le contrôle de qualité, la commercialisation et l’évaluation du sel iodé fluoré. Une décision notamment prise par les autorités sanitaires laotiennes afin de « sensibiliser la population sur les mesures engagées pour l’amélioration de la santé bucco-dentaire ». Plus de fluor donc pour moins de caries.

Le Laos en pénurie de fluor

Selon l’AOI, aujourd’hui la population laotienne n’a pas accès naturellement à un niveau de fluor optimal. La cartographie du fluor réalisée en 2006-2007 par le ministère de la Santé en partenariat avec l’AOI montre que les taux de fluor des eaux de boisson sont bas : ils sont au-dessous du niveau optimal recommandé par l’OMS dans 97 % des sites. Selon une enquête réalisée en 2009-2010 sur la concentration en fluor dans les ongles et les urines, l’ingestion de fluor au niveau de la population est faible. Conséquence, en 2005 le ministère de la Santé laotien a décidé d’axer sa stratégie de prévention dentaire autour de trois points : la fluoration du sel, le contrôle de qualité des dentifrices et la mise en place de programme de prévention intégrés en milieu scolaire.

La fluoration du sel : une solution?

La fluoration du sel paraît être une mesure de santé efficace pour cibler une grande partie de la population. Celle-ci a débuté dans les années quarante en Suisse, et a été depuis mise en place dans une trentaine de pays avec succès tels que la France, la Suisse, la Jamaïque, le Costa Rica, le Pérou, la Colombie, le Mexique et l’Uruguay… Conséquence : les indices carieux ont été réduits de 40 % à 80 % (Costa Rica 70 % de 1988 à 1999, Jamaïque 84 % de 1984 à 1995). Selon l’AOI, « les résultats des programmes sont très concluants en termes de rapport coût/efficacité ». Autre point : « les économies sur les dépenses de santé sont importantes. En moyenne, pour six pays d’Amérique du sud et Centrale un rapport de 1.122 à 1.203 a été établi entre le budget dépensé pour le fonctionnement du programme et les économies de santé réalisées (Estupinan-Day, 2000). Par exemple, pour un projet de 100 000 $ dépensé sur une période de 5 ans de fonctionnement du projet à l’échelle nationale, cela correspondrait à une économie de soins de 12 à 20 millions de dollars ».

L’enjeu principal concernant la fluoration du sel au Laos serait maintenant d’étendre et de pérenniser ce projet. Aujourd’hui la couverture de fluoration du sel reste limitée. 134 200 personnes sont concernées par le programme soit à peine 2 % de la population. En revanche, 85 % de la population est touchée par l’iodation du sel. De son côté, la fluoration du sel pourrait atteindre ce niveau « si les bonnes stratégies sont mises en place » selon l’AOI.

Dans le futur, le ministère de la Santé laotien souhaiterait étendre l’expérience à deux autres nouveaux producteurs de sel et élargir la zone de distribution du premier producteur (Khok Saath). Cette phase d’extension permettrait d’atteindre 35 % de la population soit 2,1 millions de personnes.

Plus d’informations directement sur le site www.aoi-fr.org