Pour pouvoir « couvrir les besoins en santé durant la prochaine décennie », il nous faudra « aller plus loin » dans le « partage des compétences ». Telle est la conclusion présentée le 7 juillet par le député Modem du Rhône Cyrille Isaac-Sibille, le rapporteur de la mission parlementaire « organisation des professions de santé : quelle vision dans dix ans et comment y parvenir ? ». Cette dernière avait été lancée début mai.

Dans son discours, le rapporteur a appuyé sur l’importance d’une démarche d’ensemble, balayant ainsi la notion « de profession médicale intermédiaire » qui fut portée par le projet de loi « Rist ». En plus de quoi, il préconise trois autres axes de transformation. Il évoque notamment le renforcement du travail en équipe, aidé par les apports du numérique en santé (DMP, Mon espace santé) et accompagné d’une évolution des modalités de rémunération en fonction des pathologies, et non plus par acte. Ce, après avoir déterminé les indicateurs pertinents.

Les diagnostics pourraient être partagés avec les actes et la prévention. Cyrille Isaac-Sibille recommande une série de “mesures consensuelles” dans diverses filières de soins : « déléguer davantage de tâches » aux orthoptistes, créer un statut « d’assistant dentaire de niveau 2 », inscrire celui des infirmiers anesthésistes dans la loi ou permettre un « accès direct » aux kinés pour les malades chroniques. Le parlementaire assure qu’aucune profession ne subirait « la perte de compétences exclusives ». Au contraire chacune « verrait progressivement son champ étendu », promet-il. Selon lui, les médecins « auraient tout à y gagner car cela leur permettrait de dégager du temps » pour se concentrer sur « les actes les plus complexes » et « leur rôle de coordinateur de la prise en charge des patients ».

Des préconisations intégrées au prochain PLFSS ?

Sur ce point et pour renforcer les soins à domicile, le rapport prône l’exercice libéral des aides-soignants si ces derniers sont placés sous délégation et responsabilité infirmière. Enfin, le député privilégie l’extension des « pratiques avancées » à la création de nouvelles spécialités. Les pratiques avancées étant déjà ouvertes aux infirmières (diabète, dialyse, cancer), il voudrait les étendre à d’autres auxiliaires médicaux (kinésithérapeutes, techniciens de laboratoire, manipulateurs en électro cardiologie…).

Cyrille Isaac-Sibille espère que ses préconisations seront intégrées au prochain PLFSS (projet de financement de loi de la sécurité sociale). Elles feront sinon l’objet d’amendements. Afin de prévenir d’éventuelles levées de boucliers corporatistes, le centriste déclare qu’il ne croit pas à la concurrence dans une société où les besoins en santé ne sont pas près de diminuer et sont désormais la première préoccupation des plus jeunes.