Le gouvernement a été interrogé par le sénateur (UDI) du Lot-et-Garonne Henri Tandonnet sur sa position quant à la création d’un groupe générique pour le paracétamol, perspective qui inquiète notamment les salariés de l’usine d’Upsa (groupe Bristol-Myers Squibb) à Agen, producteur de la gamme Dafalgan. Sanofi, dont le site de Lisieux (Calvados) produit Doliprane, est également concerné. Laurence Rossignol, secrétaire d’Etat en charge de la famille, des personnes âgées et de l’autonomie, qui répondait au nom de sa ministre de tutelle, Marisol Touraine, a notamment avancé que «le gouvernement est favorable à ce que cette démarche soit accompagnée d’une réflexion sur la taille des conditionnements».

En France, la taille des conditionnements de paracétamol est limitée à 8 g (16 comprimés à 500 mg ou huit à 1 g, pour les présentations les plus vendues). Cette limitation est notamment destinée à réduire le risque de tentative de suicide par absorption massive du médicament, susceptible d’entraîner une insuffisance hépatique grave. Or, d’un point de vue pratique, cela nécessite d’acheter de nombreuses boîtes pour des patients souffrant de douleur chronique (plus de 11 boîtes par mois pour un patient à 3 g/j). En outre, de nombreux pays étrangers ont adopté des conditionnements beaucoup plus importants. Par exemple, au Royaume-Uni, des présentations à 24 comprimés à 500 mg sont proposées.

Aux Etats-Unis, des boîtes de 100 unités à 500 mg sont commercialisés. Des conditionnements plus importants permettraient de faire baisser le coût du paracétamol pour l’assurance maladie de deux façons, a expliqué à l’APM une source compétente. D’une part, le prix fabricant hors taxe (PFHT) pourrait être tiré vers le bas dans le cadre d’une négociation prix-volume avec les industriels. D’autre part, la réduction du nombre de boîtes dispensées par les pharmaciens permettrait de faire des économies sur la marge de la distribution, particulièrement élevée (en pourcentage) pour les médicaments à prix bas.

Avec APM