Réveillez-vous les gars, réveillez-vous vous êtes à l’ouest, ou au nord, enfin vous n’êtes pas là !

Non je n’ouvrirai pas mon cabinet le 12 ! pourquoi faire ? pour expliquer aux gens – de tous les jours la dentisterie – de tous les jours que je défends, comme la majorité inaudible de mes Confrères, avec de plus en plus de difficultés dans un monde toujours plus théorique, plus lâche, et prétentieux?

La réalité que nous vivons c’est des gens dépendants d’une Sécu en chute libre qui ne se soignent plus. Une désertification professionnelle galopante. Une ARS pour laquelle bientôt seule la Lune méritera un classement en ‘zone très sous-dotée’. Une solitude totale face à des contraintes administratives de moins en moins respectables. Des mutuelles aux exigences à géométrie variable, et nous n’en sommes qu’au début ! Des parasites de tous ordres brandissant l’étendard de la Sécurité pour justifier leur gagne pain !

Un écartèlement quotidien qui ne permet plus de franchir le fossé qui sépare la dentisterie idéale de tous ces beaux messieurs, et celle du patient âgé lambda qui vient pour qu’on le soulage ou pour pouvoir manger, PAS pour signer trois pages de décharge avec un Bic à usage unique, ou passer un scanner, ou un bilan hémato complet qui ne servira à rien mais coûtera à la société les sous qu’elle ne pourra mettre ailleurs !

Bref, dont le souci CENTRAL n’est ni la traçabilité, ni l’accès handicapé, ni le DPC ni la PRC … j’en passe..

Pourquoi considérer le monde idéal DAVANTAGE que le monde réel ? Pourquoi cette aspiration névrotique à un mode clean et sans échec qui est tout le contraire de ce que nous aimons vraiment, ce qui nous donne du bonheur à vivre, à nous lever le matin? Avons-nous si peur de la vieillesse, de la mort qu’il nous faille tout ‘optimiser’, tout quadriller, tout figer ?

Mais QUI PENSE ENCORE, dans ces sphères d’entre-soi ? Vous avez vu vos têtes de manifestants en couverture de ‘La Lettre’ ? Et ne me dites pas qu’‘au moins nous y étions’ car j’y étais aussi ! Le roi est nu ! qui devra vous le dire pour que vous l’entendiez ? La guillotine ?

On a vendu la santé aux mutuelles, on nous a imposé sans contrepartie une CCAM qui n’est qu’un outil de flicage d’une efficacité sans commune mesure avec les précédents, le peu d’outils de prévention que nous avions est en sursis. Vous avez failli nous faire défiler à la remorque des notaires et des huissiers pour sensibiliser les gens à nos difficultés d’exercice, et vous vous plaignez d’un déficit d’image de la profession dans les medias et la population ?

Tout praticien de plus de 50 ans mesure la perte de liberté subie tant dans son exercice professionnel que dans sa sphère privée. Ses propres enfants contournent un numerus clausus imbécile en allant faire leurs études en Roumanie ou au Portugal. Au cabinet il regarde davantage son écran que son patient : quelle IMAGE de ‘proximité’ avec son dentiste celui-ci peut-il bien avoir ?

D’après vous le patient a-t-il besoin d’être SOIGNE ou d’être TRAITE par un technicien-clône aussi humain que son i-PHONE, que vos affiches… ? Bon sang, est-ce si compliqué de se demander comment on aimerait être soigné soi-même ? De se demander QUI nous soignera demain ?

Alors s’il advenait que ce billet soit lu par l’un d’entre vous, plus soucieux de l’intérêt de ses Confrères et de ses Patients que de son propre accès, ou maintien, au pouvoir, si partant, cet homo singularis ne devait en retenir qu’une chose… ce serait celle-là :

REMETTEZ LE PATIENT AU CENTRE..

.. de vos préoccupations ; pas seulement dans les défilés, pas seulement dans les mots ! Pas seulement parce qu’il est notre SEULE justification professionnelle, et que les ‘sans-dents’ sont, ‘vraiment’, de retour !…

Mais parce que c’est NOTRE INTERET A LONG TERME autant que le sien, de l’avoir de notre côté! Si nous n’associons pas le patient à la profession dans les années futures, notre exercice libéral est perdu.

Impolitiquement, mais correctement vôtre

Dr Gilles Pinsart
ESPERAZA
Aude, Pays Cathare

Ps : je n’ai pas la prétention de détenir LA vérité… mais pourquoi ne pas avoir la curiosité d’interroger sur leur avenir vos 41000 praticien(ne)s syndiqués ET non syndiqués; de préférence sur un mode ouvert (par exemple : « si vous aviez UNE proposition pour améliorer l’avenir de la santé dentaire et/ou de votre profession, quelle serait-elle ! ») Peut-être auront-ils cette vision qui visiblement, vous fait défaut ! Merci.