Les scientifiques de l’Université de Californie (San Francisco) ont recruté 164 sujets entre 2007 et 2011. Ils ont mesuré pendant une semaine leurs habitudes en matière de sommeil. Mais aussi leur niveau de stress, leur consommation d’alcool, de tabac… Ils les ont ensuite exposé à un rhume et observé comment chacun réagissait, en collectant des échantillons de mucus. Résultat, les volontaires ayant dormi moins de 6 heures par nuit la semaine précédente présentaient un risque 4 fois plus élevé de tomber malade. Et ce comparé aux « gros dormeurs », à savoir, ceux qui s’abandonnaient plus de 7 heures dans les bras de Morphée. Pour Aric Prather, principal auteur de ce travail, « un sommeil de mauvaise qualité ne nous rend pas simplement irritable ou groggy. Il affecte durablement notre état de santé. Le sommeil apparaît comme un pilier essentiel de santé publique, au même titre que l’alimentation et l’exercice physique. » Côté explications, le chercheur avance l’idée selon laquelle, « une bonne nuit réparatrice participerait au bon fonctionnement des lymphocytes T, essentiels à notre immunité. »

Les résultats de cette étude mettent en avant le rôle majeur du repos nocturne sur notre système immunitaire. Mais la dette de sommeil va bien au-delà du risque de prendre froid. Selon l’Institut national de Prévention et d’Education pour la Santé (INPES),

« le manque répété de sommeil peut avoir d’autres conséquences néfastes : prise de poids, diabète, maladies cardiovasculaires, hypertension artérielle, troubles gastro-intestinaux, infections virales, dépression, maux de tête, baisse de motivation, difficultés d’apprentissage, décrochage scolaire, soucis professionnels ».