Dentoscope : Quelle technologie d’impression 3D est à l’heure actuelle la plus innovante ?

Dr Elisa Praderi : Tout d’abord, l’impression 3D fait partie d’un flux digital où il n’y a pas de solution meilleure qu’une autre, puisque la solution digitale dépendra des besoins cliniques, de la structure, du temps et de l’équipe de travail. Nous abordons la fabrication de résines biocompatibles et c’est tout l’écosystème qu’il faut prendre en compte, soit l’imprimante, la résine et le post-impression.

L’utilisation de l’impression 3D dans le domaine de la dentisterie est déjà considérée comme une application innovante. Cependant, l’innovation au sens propre dépend vraiment des champs d’application ainsi que de ce que l’on cherche à imprimer. Certaines technologies, comme le DLP ou le LCD, offrent une plus grande vitesse d’impression ; d’autres un volume d’impression avec un niveau élevé de précision et un meilleur rendu d’impression comme les technologies SLA ou LFS. Ce qui est sûr, c’est que nous entrons dans une ère nouvelle avec la fabrication additive, avec de nouveaux matériaux dentaires qui permettent aux imprimantes 3D d’être plus polyvalentes, plus reproductibles et surtout plus simples d’utilisation. Ainsi, on peut considérer que les solutions les plus innovantes dans l’impression 3D sont celles qui mêlent la facilité d’usage avec un grand nombre de matériaux utilisables, une solution complète pour le flux du travail (avec des protocoles de post-traitement), un niveau de précision élevé ainsi qu’une grande vitesse d’impression.

Quelles sont les dernières innovations en matière d’imprimantes 3D pour le secteur dentaire ?

L’élément essentiel de l’innovation en fabrication additive réside dans le développement des résines dentaires, biocompatibles et autres, qui permettent l’impression d’une vaste gamme de dispositifs dentaires qui n’était pas possible auparavant, notamment des couronnes permanentes ou temporaires et des prothèses dentaires complètes. Ceci ne représente que le début des avancées possibles en matière de fabrication additive et de ce qui sera considéré comme les « nouveaux matériaux dentaires ».

Quelles recherches sont menées pour développer la performance des logiciels d’impression 3D ?

Le flux de travail numérique et l’impression 3D réduisent déjà énormément le nombre d’étapes par rapport aux flux de travail classiques. Un nombre réduit d’étapes nécessaires se traduit par la réduction nette d’erreurs qui pourraient s’ajouter au cours du processus de production. Par exemple : Scan to Model, une nouvelle fonctionnalité du logiciel Preform pour les utilisateurs Formlabs, permet aux professionnels du secteur dentaire de transformer un scan intra-oral en modèle imprimable sans avoir besoin de passer par un logiciel de CAO intermédiaire. Il est par la suite possible d’imprimer des modèles pour des applications indispensables tels que les modèles thermoformés (les appareils de rétention ou les gouttières de blanchiment), les modèles de diagnostic, ou les modèles utilisables pour les wax-ups manuels, sans avoir besoin de payer pour de nouveaux logiciels ou d’avoir des compétences en CAO. L’objectif est de chercher de nouvelles solutions pour simplifier les étapes intermédiaires dans le processus de production, tout en améliorant la simplicité d’usage et en trouvant des moyens d’optimiser le flux de travail entre les cabinets dentaires et les laboratoires, en créant de nouveaux raccourcis pour développer des intégrations avec les logiciels de CAO les plus réputés pour rendre ce processus aussi simple que possible, accessible et facile à utiliser par n’importe qui et n’importe où.

Quelles sont les caractéristiques des matériaux les mieux adaptés à la fabrication additive en dentisterie ?

Aujourd’hui, les imprimantes 3D sont des produits incontournables pour la fabrication de pièces sur mesure et les matériaux adaptés au secteur dentaire sont à base de résines. Mais il faut bien distinguer les différents domaines d’application et les différents utilisateurs que sont les laboratoires dentaires, les cabinets dentaires et les orthodontistes pour comprendre leurs différents besoins et leurs objectifs. Nous devons également vérifier si le matériau sera utilisé pour assister la production d’une pièce sur mesure ou pour servir de pièce finale qui sera placée directement dans la bouche du patient.

Pour les laboratoires dentaires, les matériaux biocompatibles comme les résines pour la production de base de prothèse dentaire sont très attendus. Les résines provisoires et permanentes contenant de la céramique répondent particulièrement aux attentes des prothésistes du fait de leurs propriétés mécaniques, esthétiques, la facilité de polissage, la vitesse d’impression et le faible coût de fabrication, ce qui intéresse également les laboratoires dentaires. En outre, les modèles de restauration sont indispensables pour les travaux d’ajustement et de contrôle d’occlusion des restaurations avant l’envoi final aux praticiens.

Pour les cabinets dentaires, les résines biocompatibles pour les applications de restauration telles que la production de couronnes, inlays ou onlays, sont très importantes, ou la production de guides chirurgicaux pour la pose guidée d’implants, qui sont biocompatibles et stérilisables. Pour les orthodontistes, la priorité est de trouver les moyens de produire des modèles orthodontiques pour appareils thermoformés en grande quantité de façon efficace, précise et rapide. La réalisation des traitements le jour même devient possible, à la fois pour les dentistes et les orthodontistes, ce qui représente un grand avantage du point de vue de l’engagement client. Par conséquent, les nouveaux matériaux, combinés à des technologies fournissant des solutions rapides et précises, ouvrent de nouvelles possibilités et perspectives de traitement.