La Direction générale de l’organisation des soins (DGOS) persiste et signe. Non, un prolongement exceptionnel de la période d’autorisation d’exercice ne sera pas accordé aux étudiants en chirurgie dentaire pas encore thésés, tranche-t-elle dans une réponse datée du 26 janvier. Une décision qui va donc à l’encontre des réclamations de l’Ordre national des chirurgiens-dentistes (ONCD) et de l’Union nationale des étudiants en chirurgie dentaire (UNECD). Ces derniers avaient conjointement écrit au ministre de la Santé, Olivier Véran, fin novembre puis début janvier, pour lui demander une prolongation de six mois du délai légal de soutenance de ces étudiants.

Mais le chef du bureau Exercice et déontologie des professions de santé, « ne juge pas opportun de prévoir une prolongation de la période d’exercice puisqu’une partie des étudiants concernés soutiendront leur thèse au cours du premier trimestre 2021 (janvier et février), de sorte qu’ils seront rapidement en capacité d’assurer leur exercice professionnel »,  a-t-il finalement répondu.

Dans un communiqué paru le 28 janvier, l’ONCD a exprimé son mécontentement suite à cette nouvelle. « Outre la réponse reçue 2 mois après la première interpellation, le Conseil national déplore la position de la DGOS. En effet, le sort de centaines d’étudiants et de confrères impactés par cette mesure ne peut d’aucune manière être considérée comme marginale. », s’insurge-t-il.

« Un sentiment d’injustice et d’inquiétude »

Pour rappel, depuis le 1er janvier, les étudiants ayant validé leur sixième année lors de l’été 2019 mais pas encore thésés sont interdits d’exercer en tant que remplaçant ou d’étudiant-adjoint. Car ils avaient jusqu’au 31 décembre 2020 pour soutenir leur thèse ou valider leur diplôme. Mais nombre d’entre eux ont pris du retard à cause des confinements, ces derniers ayant engendré des difficultés d’accès aux bibliothèques ou aux laboratoires. Pendant ces périodes, certains étudiants ont également eu beaucoup de mal à entrer en contact avec leur directeur de thèse.

Une situation qui a rendu « difficile, voire impossible la préparation ou la soutenance de ce projet de fin d’étude », avait alors dénoncé l’UNECD dans un communiqué de presse publié le 8 janvier. Et d’insister sur « le sentiment d’injustice et d’inquiétude » des étudiants, tout en alertant sur le « réel problème de santé publique qui découle de cette situation ». 

Car à l’heure actuelle, certains cabinets libéraux ne peuvent « plus proposer à ces étudiants des contrats de collaboration ou de remplacement. Les plans de traitement de nombreux patients sont également stoppés à ce jour. C’est tout le système de soins bucco-dentaires qui est pénalisé par ce contexte déjà fort contraignant », alerte l’UNECD.