Dentoscope : Auparavant, où étaient fabriquées vos prothèses dentaires ?

Jean-Marc Riand, chef du laboratoire de prothèse dentaire du Cosem, Le MagentaLAB : Beaucoup de nos prothèses dentaires étaient auparavant réalisées en externe par différents sous-traitants à Paris, en province, ou même à l’étranger. Aujourd’hui, nous réalisons en interne la totalité de notre production de prothèse dentaire pour pouvoir mettre à la disposition de nos praticiens une prothèse 100 % française, avec un suivi numérique et un accompagnement dans la formation autour des process numériques de production, de prise d’empreinte et de communication. Nous proposons ainsi des simulations 3D (Smile Design) en amont afin d’offrir une solution de traitement au patient qui lui donne satisfaction et qu’il n’avait peut-être pas conçue au départ.

Pourquoi localiser en France la production de vos prothèses dentaires ?

Le reste à charge 0 permet d’accéder à une patientèle beaucoup plus large que celle qui était auparavant dans les centres dentaires presque exclusivement bénéficiaire de la CMU. Cette patientèle va à la fois demander des prothèses dentaires « classiques » et des prothèses orientées sur l’esthétique. Pour proposer une haute qualité de travail, on a absolument besoin d’une relation franco-française. On ne fait ni de la prothèse américaine, ni chinoise, les prothèses en France sont beaucoup plus personnalisées. Nous souhaitons une finition et une qualité de conception française.

Vous ne travaillez qu’à partir d’empreintes numériques ?

La moitié des empreintes sont en numérique. Le reste est encore en silicone pour des raisons qui sont propres aux praticiens, certains n’étant pas encore passés au numérique.

Vos prothèses sont réalisées en CFAO exclusivement ?

Oui, exclusivement. Le modèle, la prothèse dentaire sont faits en CAO, ainsi que les provisoires. Nous avons beaucoup investi en termes de machines, mais aussi de logiciels car ce sont eux qui font la différence pour obtenir les prothèses que l’on souhaite. Nous avons différents types de plateformes de logiciels pour avoir différents rendus. Au total, l’investissement en machines, logiciels, infrastructures et R&D a été de plus de deux millions d’euros.

D’autre part, les matériaux que nous utilisons nous sont parfois spécifiques. Nos distributeurs partenaires ont mis à notre disposition leurs équipes en R&D pour proposer des matériaux et pouvoir les faire évoluer. Nous avons fait développer des matériaux afin qu’ils exigent moins de temps en cuisson, ou en usinage. Cela peut être des composites, la zircone pour laquelle on a demandé à avoir plus de translucidité et de traçabilité. Nous disposons d’un logiciel qui permet de retranscrire toute demande, tout type de production et toute anomalie dans le flux entre le cabinet, le laboratoire et le suivi des livraisons.

Quel rôle joue l’intelligence artificielle dans vos process ?

À l’avenir, l’intelligence artificielle aura une énorme place dans les prothèses dentaires. On l’utilise à l’heure actuelle pour la prothèse conjointe (unitaire et petits bridges). Elle apporte une rapidité d’exécution. On va pouvoir paramétrer les minimas dans la conception et la structure qui ne sont alors plus des problématiques à gérer. Elle facilite dans un premier temps la conception de la prothèse dentaire. Pour ce qui est de l’adjointe, nous sommes encore en phase de R&D.

En quoi cette production en propre de prothèses est selon vous une première en France et dans le monde ?

Nous maîtrisons la prise d’empreinte numérique, l’intelligence artificielle sur de la conception, la production quasi semi-industrielle pour obtenir une prothèse dentaire finie très rapidement, en deux, ou trois heures.