Les prothésistes dentaires Français lancent une campagne de communication pour mettre en valeur leur savoir-faire. L’Union nationale patronale des prothésistes dentaires (UNPPD), avec l’association Perspective Dentaire et Smile Référence, association des Meilleurs ouvriers de France en prothèse dentaire, ont publié un manifeste dans les pages du quotidien Le Parisien, titré : « Gardez le sourire avec les prothésistes dentaires français ». Le communiqué invite les patients à se renseigner auprès de leur chirurgien-dentiste sur la provenance de leurs prothèses et à choisir « le sourire made in France ».  

« À l’heure où l’on parle beaucoup de made in France et de travail de proximité, nous lançons ce mouvement sur la qualité de la prothèse française dentaire », explique Laurent Munerot, président de l’UNPPD. Nous avons travaillé sur des chartes qualité à proposer aux laboratoires. Aujourd’hui, nous voulons sensibiliser les patients sur la qualité de la prothèse dentaire qui peut leur être proposée et sur le travail de proximité nécessaire pour atteindre cette qualité de prothèse. Nous le faisons au moment de la mise en place du RAC 0 qui a une incidence bénéfique pour le patient et les laboratoires de prothèses dentaires ». 

1,3 milliard d’euros de chiffre d’affaires

Si le 100 % santé permet de faire baisser le tarif d’une prothèse pour le patient, il a aussi tendance à « tirer les prix vers le bas. Il ne faut pas que cette mesure dénature la qualité de la prothèse », alerte Laurent Munerot qui craint qu’elle ne profite aussi aux importateurs de prothèse dentaire et crée une baisse d’activité pour les prothésistes français. Le chiffre d’affaires de la prothèse dentaire fabriquée en France s’élève à 1,3 milliard d’euros, mais enregistre une baisse de 1,5 %. Les effectifs des prothésistes sont aussi en diminution dans l’Hexagone, passant de 3400 laboratoires en 2018, à 3250 en 2019, selon les chiffres de l’UNPPD. 

Les prothésistes dentaires veulent mieux faire connaître leur métier. « Nous avons un savoir-faire et nous voulons le faire savoir », renchérit Sébastien Milliasseauprothésiste dentaire et Meilleur ouvrier de France (MOF). Un savoir-faire « qui se joue à quelques microns », rappelle-t-il. Un travail d’artisan « qui fabrique du sur-mesure de très haute exigence ». Si les prothésistes veulent sortir de l’ombre, c’est « pour le bien de toute la chaîne du dentaire. Nous restons partenaires du praticien qui est prestataire de la prothèse dentaire qu’il nous commande », insiste le MOF

L’origine de la fabrication des prothèses dentaires

Jean-Jacques Miller, secrétaire général de l’association Perspectives Dentaires, estime que « les consommateurs sont de plus en plus attentifs aux services de proximité et à la valorisation des entreprises françaises. L’importation de prothèses dentaires a un réel impact environnemental. L’importation en Chine, en Turquie, ou à Madagascar signifie des milliers de kilomètres pour un seul essayage. Le travail d’une prothèse peut demander plusieurs essayages, ce qui occasionne des tonnes de C02 par an ». 

Pour Laurent Munerot, « l’information du patient est une obligation qui devrait être renforcée et respectée. C’est un gage de traçabilité et de transparence sur l’origine de la fabrication des prothèses dentaires. Dans une étude que nous avons réalisée avec l’institut YouGov auprès du grand public, 80 % des Français perçoivent le made in France comme un gage de qualité. Et 74 % estiment qu’il est important d’être informé sur l’origine de la fabrication de la prothèse dentaire ».