« Une résolution historique ».  Le 21 janvier, à l’occasion du quatrième jour de la 148ème session du Conseil exécutif de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les États membres ont adopté une décision les « invitant instamment à réorienter l’approche curative traditionnelle » de la santé dentaire. Celle-ci, votée à large majorité, a été prise sous l’impulsion du gouvernement sri-lankais.

Elle encourage les États membres de l’OMS « à s’orienter vers une approche favorisant la prévention et permettant de repérer les risques pour prodiguer des soins complets et inclusifs en temps utile, en tenant compte de tous les acteurs qui contribuent à l’amélioration de la santé bucco-dentaire de la population, en ayant un impact positif sur la santé en général ».

En fonction de leur situation et moyens, les pays devront « favoriser l’intégration de la santé bucco-dentaire » dans leur politique sanitaire, mettre en place des « systèmes de surveillance et de suivi de la santé bucco-dentaires », « cartographier et suivre la concentration de fluor dans l’eau potable » et instaurer des campagnes de sensibilisation sur le sujet.

La FDI salue cette nouvelle résolution

« Cette résolution est historique », a salué le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’OMS, félicitant le Sri-Lanka de son implication dans sa promotion. D’ici à 2023, l’Organisation devra proposer une stratégie mondiale de lutte contre les affections bucco-dentaires. Celle-ci s’accompagnera « d’objectifs mesurables clairs » à atteindre à l’horizon 2030.

La Fédération dentaire internationale (FDI) s’est enthousiasmée de cette nouvelle résolution. « Nous saluons le rapport du directeur général et remercions les États membres pour la résolution sur la santé bucco-dentaire », déclare-t-elle dans un communiqué. Elle en profite pour notamment demander aux États membres de l’OMS « de tirer parti de l’expertise et des meilleures pratiques des associations dentaires lors de l’élaboration des plans nationaux », et « d’allouer des budgets suffisants à la santé bucco-dentaire ». Et de conclure : « Nous soutenons l’appel de la résolution à développer une stratégie globale de santé bucco-dentaire d’ici 2022, et un plan d’action en 2023. »

Plus de 3,5 milliards de personnes affectées dans le monde

Plus globalement, l’OMS appelle à promouvoir la santé bucco-dentaire dans les établissements scolaires et au travail, afin d’encourager des habitudes et des modes de vie sains. Elle insiste sur l’importance de « renforcer les capacités des professionnels de santé à détecter les cas potentiels de défaut de soins et de maltraitance, et à leur fournir des moyens appropriés et efficaces de signaler ces cas à l’autorité compétente, selon le contexte national ».

Les affections bucco-dentaires (caries, parondontopathies, cancers de la bouche, perte de dents…) font partie des maladies transmissibles les plus répandues dans le monde. D’après l’OMS, elles concerneraient plus de 3,5 milliards de personnes aux quatre coins du globe. Elles engendraient par ailleurs des coûts directs et indirects de près de 545 milliards de dollars, soit presque 500 milliards d’euros. Ainsi, la santé bucco-dentaire est « l’un des problèmes de santé les plus coûteux, avec le diabète et les maladies cardiovasculaires », alerte l’Organisation dans un rapport paru le 23 décembre. Un fait regrettable quand on sait que la plupart de ces maladies sont « largement évitables ». En effet, elles sont causées par une série de facteurs de risque modifiables. Parmi eux, la consommation d’alcool et de sucre, le tabagisme ou encore un manque d’hygiène.