L’auteur de l’étude, le Dr Shunying Liu de l’East Chinese Normal University de Shanghai (ECNU) a ainsi déclaré : « Les effets thérapeutiques de la plupart des principes actifs utilisés dans la lutte contre le cancer sont limités car ils empêchent le développement des cellules (y compris saines). Surmonter ce problème demeure un grand défi pour la chimiothérapie. Dans notre étude, nous avons placé un peptide permettant de cibler spécifiquement les cellules cancéreuses ». Le traitement ciblé consiste à transporter directement des molécules actives jusqu’à un élément biologique particulier (la cible). Ce type de méthode permet de réduire les effets secondaires indésirables liés à la radiothérapie classique, puisque les cellules saines sont beaucoup moins exposées au principe actif qu’en cas de traitement non ciblé. Les nanoparticules permettent de vectoriser ainsi les principes actifs dans le corps jusqu’à la cellule cible.

Tout l’enjeu de développer ces traitements est de permettre aux patients souffrant d’un cancer d’être pris en charge dans de meilleures conditions. La structure utilisée pour cibler les cellules cancéreuses est constituée d’une nanoparticule recouverte d’une fine couche d’or à la surface de laquelle sont fixés des peptides. C’est grâce à ces peptides que la particule peut se fixer spécifiquement sur des récepteurs des cellules cancéreuses, absents des cellules saines. L’acidité propre à l’environnement des cellules cancéreuses déclenche ensuite la libération des principes actifs associés à ces nanoparticules. Outre ces propriétés, la structure particulière de ces nanoparticules (due à la présence d’or) leur permet aussi d’absorber les rayons dans le proche infra-rouge et de les convertir en chaleur, ouvrant des possibilités très intéressantes pour traiter le cancer par hyperthermie, en exposant spécifiquement les cellules cancéreuse à de fortes températures pour les détruire.

Les chercheurs de l’ECNU, ont élaboré un composant de ce type en combinant des nanoparticules d’un diamètre de 200 nanomètres (soit plus de dix fois plus petites qu’un globule rouge) avec la Doxorubucine un principe actif fréquemment utilisé contre le cancer, et le peptide A54 permettant le ciblage. Testée sur des cellules cancéreuses issues de foie humain, l’assimilation par les cellules cancéreuses des nanostructures associées au peptide est apparue trois fois plus importante qu’en absence du peptide de ciblage. Dans les deux cas, les cellules saines retiennent beaucoup moins bien ces nanoparticules et sont épargnées par le traitement. Lorsqu’il était associé à une forte chaleur, le traitement par nanoparticules a donné des résultats tout à fait remarquables, en comparaison avec la radiothérapie classique, suggérant le potentiel de ce type de méthodes. La prochaine étape sera de tester ce traitement in vivo chez la souris. L’étude portera notamment sur l’influence de la taille de ces nanoparticules sur l’efficacité du traitement.

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