Imprimés en 3D, ces os artificiels pourraient être produits en masse d’ici trois ans. Et composer ainsi, sur le modèle des banques de sang, des stocks salutaires en cas de greffes urgentes.

«Prothèses dentaires, de hanche, ou auditives, crâne en plexiglas ou encore vertèbres du cou, l’imprimante 3D s’est invitée depuis quelques années dans les blocs opératoires. Et si l’outil promet à terme de révolutionner la chirurgie, l’heure est encore aux premières, à l’inédit. En collaboration avec la société Next-21, des chercheurs de l’université de Tokyo aspirent, eux, à entrer dans une nouvelle ère : celle de la production de masse d’os artificiels. Sur le modèle des banques de sang, elle travaille ainsi à la création d’un stock d’os imprimés en 3D et « prêts à l’emploi » en cas de greffes urgentes. Pour y parvenir, la technique d’impression repose sur l’utilisation d’une encre d’os créée à partir de phosphate de calcium, un composant que l’on retrouve dans nos os et nos dents. Chauffée à une température comprise entre 100 et 200 °C, elle est alors fondue et injectée dans des moules en forme d’humérus, de fémur, de cubitus, etc. Selon les chercheurs japonais, qui ambitionnent de créer cette banque d’os d’ici trois ans, plusieurs milliers d’unités pourraient être ainsi produites chaque jour. De quoi rendre obsolète la méthode conventionnelle actuelle très coûteuse, qui consiste à créer les os en faisant s’agglomérer des matériaux de base par frittage, c’est-à-dire en chauffant une poudre à près de 800 °C sans l’amener à la fusion afin de souder les grains entre eux. Autre avantage, l’usage du phosphate de calcium : les os artificiels fusionnent ainsi plus facilement avec les os naturels du patient, et réduisent le risque de complication postopératoire.