Grève des médecins libéraux : un mouvement national et une manifestation prévue le 10 janvier
Le mouvement de grève engagé par les médecins libéraux s’inscrit dans un contexte budgétaire et réglementaire tendu. Plusieurs organisations alertent sur les effets à moyen terme des réformes envisagées sur l’offre de soins.
Depuis le 5 janvier, les médecins libéraux suspendent une large part de leur activité pour protester contre les orientations retenues dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Cette mobilisation, soutenue par l’ensemble des syndicats, culminera avec une manifestation nationale prévue le 10 janvier à Paris.
Grève des médecins libéraux : les raisons de la mobilisation
La grève des médecins libéraux a débuté le 5 janvier pour une durée annoncée de dix jours. Les organisations représentatives dénoncent un ensemble de dispositions perçues comme contraignantes pour l’exercice médical. Parmi les points de crispation du PLFSS 2026 figurent la possibilité d’une baisse autoritaire des actes de la CCAM, l’instauration de sanctions financières en cas de non-utilisation du Dossier médical partagé, ainsi que des restrictions accrues de la liberté de prescription.
Les syndicats alertent également sur la suppression progressive de la liberté d’installation, évoquée dans plusieurs propositions de loi, et sur la mise en place de mécanismes de régulation renforcée tels que les mises sous objectifs (MSO). À cela s’ajoute la perspective d’une « année blanche » pour la médecine générale, liée à l’instauration d’une quatrième année d’internat, sans nouvelles installations. Selon la CSMF, le mouvement pourrait être très suivi, avec une large mobilisation des médecins de ville et des jeunes praticiens.
Une mobilisation élargie et des conséquences encadrées
La manifestation du 10 janvier à Paris devrait rassembler l’ensemble des générations de médecins libéraux. La Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) a annoncé rejoindre le mouvement, dans un communiqué de presse, dénonçant à la fois le gel des tarifs hospitaliers pour 2026 et l’absence de revalorisation salariale pour les professionnels de santé du secteur privé.
Si les cabinets libéraux et certaines activités hospitalières non urgentes seront impactés, les autorités sanitaires ont indiqué que la continuité et la permanence des soins seraient assurées sous la coordination des agences régionales de santé. La ministre de la Santé a par ailleurs rappelé que des réquisitions pourraient être mises en œuvre si nécessaire. Dans un contexte déjà tendu pour l’accès aux soins, cette grève met en lumière les inquiétudes persistantes des professionnels de santé quant à l’évolution de leur cadre d’exercice et au financement du système de soins.
