Le prothésiste dentaire à la rescousse du koala.  En Australie, un jeune koala mâle dépourvu de pied s’est remis à gambader et à jouer et avec ses camarades grâce au concours d’un prothésiste dentaire. Alors qu’une entreprise spécialisée avait échoué avant lui, l’homme a réussi à fabriquer pour l’animal un prototype en gomme attaché à sa patte avec du velcro.

En 2017, Triumph, 10 mois et orphelin, est découvert sur une propriété située à proximité de Lismore, en Nouvelle-Galles du Sud. Il lui manque un pied à la patte arrière droite. L’animal, en grande souffrance, est recueilli par l’organisation Friends of the koala (FOK) qui le fait examiner par un vétérinaire. Pour le professionnel, la malformation est de naissance. Il confie Triumph à un soigneur pendant un mois. Guéri d’une pneumonie à chlamydia, il rejoint ensuite cinq autres jeunes du centre FOK.

S’il ne tarde pas à se faire des amis, Triumph peine à se déplacer. « Triumph glissait souvent et il était assez régulièrement retrouvé pendant la tête en bas après avoir perdu l’équilibre, explique l’organisation sur son site. C’était frustrant à voir. Il faisait tout le reste parfaitement mais n’arrivait simplement pas à remonter sa tête à cause de son pied manquant. »

Le prothésiste dentaire réussit !

« Les mois passaient, ses colocataires étaient libérés et de nouveaux colocataires emménageaient. Il s’adaptait bien au changement, mais prenait vraiment son temps pour se développer. Au bout d’un certain temps, il a commencé à montrer des signes de maturité », raconte l’association. Si la politique de l’organisation est de remettre les koalas dans la nature après les avoir soignés, Triumph n’ayant que trois pieds « nous avons dû envisager la possibilité qu’il ne soit jamais remis en liberté ». Et trouver une solution à long terme. En effet, recouvrir le moignon de l’animal d’une chaussette ou de chaussons ne suffit pas à apaiser sa douleur.

Très investie dans cette cause, Marley Christian, infirmière vétérinaire de FOK, se met alors en quête de fabricants de prothèses aux quatre coins du monde. Malheureusement, ces recherches se soldent par un échec. « On nous a dit que ça n’avait pas été fait et que ça ne pouvait pas l’être, témoigne-t-elle auprès d’ABC. Certains fabriquent bien des prothèses pour animaux J’en ai vu sur des canards, des chiens et des chats… Mais personne ne semblait vouloir tenter avec ce petit gars », se souvient-elle, écœurée.

Jusqu’à l’automne 2020, où une société américaine spécialisée dans les prothèses pour animaux répond à l’appel passé sur les réseaux sociaux. Malgré de nombreuses tentatives, elle échoue à concevoir un prototype bien adapté à Triumph, qui reste attaché quand celui-ci grimpe aux arbres. C’est finalement un prothésiste dentaire de Lismore nommé Jon Doulman qui trouve la solution.

« Il se déplace bien mieux, il est plus actif »

« Je prends des empreintes de bouches et toutes les dentitions sont différentes. J’ai simplement pensé que je devais tenter le coup et voir si je pouvais fabriquer quelque chose pour lui », raconte l’homme à ABC. Doulman réalise un moulage du moignon de Triumph. Il conçoit ensuite un prototype en gomme qu’il attache à la patte de l’animal avec du velcro.

À peine est-il équipé de sa nouvelle prothèse que Triumph se met à crapahuter et se gratter avec joie. Sans que le matériel ne se décroche.  « Il se déplace bien mieux, il est bien plus actif, se félicite Marley Christian. Cela a atténué la gêne liée à son moignon. Ça l’aide à courir, il peut sauter. La courbure de sa colonne vertébrale est stoppée. Il avait besoin de cette longueur supplémentaire ».

 Une vie en captivité

Si Jon Doulman ne compte pas se reconvertir dans la fabrication de prothèses pour animaux, il est ravi d’avoir aidé le petit Triumph à avoir une vie normale après tant d’années de souffrance. « C’est un sentiment très agréable de faire quelque chose pour lui parce qu’il était en difficulté », se réjouit-il.

Triumph aura bientôt cinq ans mais passera sa vie en captivité au centre de soins de Lismore.  Les koalas « doivent être capables de grimper efficacement, d’escalader pour (trouver) des feuilles et échapper aux prédateurs », explique Marley Christian. Or, même avec sa nouvelle super prothèse, Triumph ne sera jamais assez rapide pour cela. Le mâle a donc été placé avec des camarades dans une plantation où il peut grimper sur de petits arbres. Et se nourrir tout seul. « Il a une vie assez agréable ici, se réjouit Marley Christian. Et de conclure tendrement : Je ferais absolument n’importe quoi pour lui. »