Commercialisée depuis 2004 et d’abord conçue comme une alternative au tabac fumé, la vapoteuse s’est imposée comme un produit de grande consommation. Disponible, simple d’utilisation et accessible aux non-fumeurs comme aux jeunes, elle suscite aujourd’hui plus d’inquiétude que d’espoir chez les professionnels de santé.
Quels sont les effets de la cigarette électronique sur la santé bucco-dentaire ?
Que se passe-t-il vraiment dans la bouche d’un vapoteur ? Une revue de la littérature publiée dans Dentistry Journal par Mahmoud Rouabhia, chercheur à l’université Laval, apporte des éléments de réponse. La salive se fait plus rare et plus acide, avec un pH qui peut descendre à 5,5. Le microbiote se dérègle et laisse plus de place à P. gingivalis et F. nucleatum. L’émail se déminéralise, et même les restaurations en pâtissent, avec des teintes qui changent et une surface plus rugueuse. Les gencives, elles, peuvent être trompeuses. Moins bien perfusées, elles saignent parfois moins et paraissent plus saines qu’elles ne le sont. Les dommages à l’ADN touchent aussi 2,6 fois plus de cellules orales chez les vapoteurs. Aucune preuve clinique directe ne relie toutefois le vapotage au cancer buccal, et la plupart des travaux sont encore menés in vitro.
Parler du vapotage au patient, un réflexe à adopter au cabinet
L’auteur juge pertinent d’interroger systématiquement les patients sur leur usage de la cigarette électronique (fréquence, durée, type de produit, teneur en nicotine) et de le consigner dans leur dossier. Il conseille également de surveiller la sécheresse buccale, les irritations muqueuses, l’inflammation gingivale et l’halitose, d’encourager les examens plus fréquents et de promouvoir une bonne hygiène (brossage, nettoyage interdentaire). Il appelle enfin le système de santé et les Ordres professionnels à développer des outils d’information.










