Alors que le débat sur la fiscalité comportementale appliquée aux boissons sucrées se poursuit dans plusieurs pays, une nouvelle modélisation scientifique apporte des données inédites sur les bénéfices attendus dans la sphère orale. Jusqu’ici, les études sur la taxe sucre se concentraient surtout sur l’obésité et le diabète de type 2. Cette nouvelle recherche élargit le champ d’analyse à la carie dentaire, la parodontite, et l’édentement complet, trois pathologies au cœur de la pratique odontologique quotidienne.
Taxe sur le sucre : ce que révèle l’étude de l’Université Griffith
Menée par une équipe de l’université Griffith (Australie), l’étude a modélisé l’effet d’une taxe de 20 % sur les boissons sucrées (sodas, jus sucrés, boissons énergisantes). D’après la chercheuse principale, la Dr Mishel Shahid, il s’agit de la première étude australienne à quantifier l’impact d’une telle taxe au-delà de la seule carie dentaire. Les résultats sont significatifs, sur 25 ans, cette mesure pourrait éviter 3,7 millions de cas de caries dentaires, 191 000 cas de parodontite et 115 000 cas d’édentement complet à l’échelle nationale. Le professeur Lennert Veerman précise que le gain sanitaire global, incluant les bénéfices liés au poids, représenterait environ 500 000 années de vie ajustées sur la santé pour la population australienne.
Des données utiles pour la prévention bucco-dentaire en cabinet
Ces résultats renforcent l’argumentaire en faveur d’une prévention des maladies parodontales et de la carie dès la sphère politique de santé publique. Près d’un tiers des adultes australiens présentent des caries non traitées, un constat transposable à de nombreux systèmes de santé occidentaux confrontés à une consommation élevée de boissons sucrées. Les auteurs suggèrent que les recettes fiscales générées pourraient financer l’accès aux soins dentaires, une aide complémentaire aux actions individuelles menées en cabinet en matière d’éducation à l’hygiène bucco-dentaire et de réduction du sucre alimentaire.











