Quel dentiste n’a jamais eu à affronter un patient agressif ? Si nombre d’entre vous doivent subir la mauvaise humeur de personnes stressées ou autres, les agressions sont fort heureusement plus rares. Récemment, une praticienne de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne en a toutefois subi une. Griffée par une patiente qui refusait de payer, elle demande réparation. Le 23 juin, le tribunal de Saint-Gaudens a condamné la prévenue à quatre mois de prison avec sursis, rapporte La Dépêche du Midi le 27 juin. Elle devra par ailleurs régler 1 500 euros tous préjudices confondus à sa victime, ainsi que les 1 050 euros de facture impayée.

Fin 2020, la patiente se rend chez le dentiste pour se faire arracher des dents afin de se faire poser un bridge. Un an et demi plus tard, une dent se casse. Le 14 février 2022, elle retourne chez la praticienne qui lui retire le bridge afin de le réajuster et procède à de nouveaux soins. C’est après que les choses se gâtent. La professionnelle demande à sa patiente de régler les 1 056 euros qu’elle lui doit depuis le début du traitement. Mais la jeune femme n’a pas d’argent, assure-t-elle. Elle propose alors un règlement mensuel de 50 euros pour rembourser sa dette. La praticienne refuse. Elle a contacté la mutuelle de sa patiente qui a confirmé le règlement de la facture : 1 056 euros ont bien été viré sur son compte.   

Furieuse, la patiente s’emporte. « C’est 50 € par mois à prendre ou à laisser », explose-t-elle. Mais la praticienne qui a retiré le bridge refuse de le reposer avant d’avoir été payée. La patiente bondit alors de son fauteuil et la griffe avant de s’enfuir. « Je lui ai refait un nouveau bridge, mais je voulais être réglée. Je lui ai donc remis le bridge dans la main en attente de règlement. En furie, elle s’est jetée sur moi », témoigne aujourd’hui la dentiste, selon La Dépêche.

« Avec moi c’est la castagne »

Si la praticienne réussit tout de même à achever sa journée de travail, elle décide d’aller porter plainte pour cette agression qui lui vaudra un jour d’ITT. La patiente est placée en garde à vue puis présentée à la justice au tribunal de Saint-Gaudens le 17 février. On lui interdit de s’approcher de sa victime ou de son cabinet. Elle est ensuite reconvoquée le 23 juin.

La dentiste « n’a pas été honnête avec moi. Elle s’est fait justice. Je vis très mal cette situation. J’ai voulu porter plainte en vain. Aujourd’hui je suis défigurée. Elle n’a pas voulu me remettre le bridge, alors je me suis énervée. Je monte vite dans les tours, avec moi c’est la castagne », témoigne-elle alors à la barre du tribunal.

« Que serait-il advenu, si elle n’avait pas eu besoin de nouveaux soins. Ma cliente n’aurait jamais été réglée », s’interroge aujourd’hui Maître Marion Gonzalez, du barreau de Toulouse, conseil de la victime, auprès de La Dépêche du Midi.