Variole du singe : la détecter au cabinet dentaire

Dans une étude parue en août dans l’International Dental Journal, les chercheurs ont passé en revue les principales caractéristiques de la variole du singe et son impact possible sur l'art dentaire.

Par Raphaëlle de Tappie, publié le 02 septembre 2022

Ces derniers mois, la variole du singe, causée par le virus MPX, est apparu dans plus de 88 pays d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Australie. Au mois de juillet, 22 000 cas étaient reportés chaque jour. Dans une étude parue en août dans l’International Dental Journal, les chercheurs ont passé en revue les principales caractéristiques du MPX et son impact possible sur la dentisterie.

Selon des données recueillies via l’OMS et les Centers for Disease Control and Prevention aux Etats-Unis, les premiers signes de la maladie apparaissent dans la cavité buccale sous forme de lésions maculaires uniques ou multiples sur la muqueuse buccale, accompagnées d’une lymphadénopathie généralisée, expliquent les chercheurs. Après quoi, l’éruption caractéristique apparaît sur la peau et s’étend du tronc vers les paumes et la plante des pieds. La maladie, à faible taux létal, peut durer deux à quatre semaines.

« Le respect strict des précautions standard, de contact et de contrôle de l’infection par gouttelettes, y compris le port de masques N95, de respirateurs FFP3, de vêtements résistant aux fluides et de protections oculaires, est nécessaire pour prévenir sa propagation », rappelle l’étude.

En conclusion, « les travailleurs dentaires doivent savoir que les signes annonciateurs de la maladie apparaissent généralement sur la muqueuse buccale sous forme de macules et d’ulcères avant les lésions cutanées caractéristiques. La mise en œuvre de mesures de contrôle de l’infection standard, par contact et par gouttelettes, l’isolement des patients et l’orientation des patients sont importants, en particulier lors d’une épidémie locale ». Un vaccin spécifique au MPX est en cours de développement, bien que le vaccin antivariolique semble être efficace, rappellent les chercheurs.

 

Lésion de la papille gingivale

 

Quelques jours après la publication de cette étude, l’Association Dentaire de Californie (ADC) a insisté sur le rôle des dentistes pour détecter le virus.  « L’éruption peut apparaître d’abord sur le visage avec des lésions intra-buccales (…) La variole du singe se présente souvent d’abord dans la bouche sous forme d’énanthème – une éruption cutanée sur la langue et les muqueuses. »  

“Le patient est un homme de 43 ans avec une lésion de la papille gingivale datant de deux jours, ferme et non douloureuse. Aucun symptôme systémique tel que fièvre ou frissons, malaise ou lésions cutanées n’était présent au moment de l’examen. Un peu plus de 24 heures plus tard, le patient nous a appelés pour signaler l’apparition de trois lésions cutanées et il est allé se faire tester pour la variole du singe. Il a été confirmé positif », témoigne notamment le Dr Bradley Shepard (San Francisco, Etats-Unis), un dentiste membre de l’ADC avec photo à l’appui.

 

 

Lors de vos consultations, n’hésitez donc pas à demander à vos patients s’ils souffrent de plaies dans la bouche. Pour détecter la maladie, vous pouvez chercher des éruptions et des lésions sur la langue, dans la cavité buccale et sur les coins de la bouche. Si vous avez le moindre doute, contactez les autorités sanitaires.

 

Peu de risque de transmission au cabinet

 

Mais pas d’inquiétude, le risque de transmission dans les cabinets est « actuellement faible », assure l’ADC. « Les cabinets dentaires suivent déjà un protocole strict de contrôle de l’infection et ont mis en place un protocole encore plus rigoureux pendant la pandémie de COVID-19. Pour l’instant, les dentistes qui respectent les exigences de prévention du COVID-19 n’ont pas besoin de modifier leur protocole en réponse à l’épidémie de monkeypox. Ces exigences comprennent le port de l’EPI approprié, comme les masques respiratoires N95, pendant les procédures générant des aérosols. »