Toute jeune quadra, Virginie Fischer mesure le chemin parcouru. Celui qui l’a amenée à devenir assistante dentaire à 27 ans après une aventure entrepreneuriale en restauration.

Celui aussi, qui lui a permis de renouer avec une vocation déçue : travailler dans le secteur de la santé. Et dans ce parcours deux rencontres décisives : d’abord celle d’un métier passion, puis celle de « sa » praticienne, le Dr Foresti, avec qui elle forme un duo fusionnel depuis près de quinze ans.

Première vie

À la veille de l’an 2000, Virginie se destine à la profession d’infirmière. Son bac S en poche, elle passe avec succès le concours en 1999. Mais la jeune femme comprend très vite que cette vie n’est pas faite pour elle. « Après avoir vu plusieurs décès lors d’un stage d’été à l’hôpital, je me suis rendu compte que je ne pouvais pas voir la mort de trop près », se souvient-elle.

L’Alsacienne abandonne donc cette carrière balbutiante et se lance… dans la restauration. Avec son compagnon, cuisinier de son état, elle achète un restaurant dont elle sera la patronne sept années durant.

En 2007,...

alors âgée de 27 ans, Virginie Fischer souhaite fonder une famille. « Je me suis dit que ce secteur n’allait pas du tout coller avec ce désir, donc j’ai commencé à chercher autre chose. » Les contours de sa nouvelle vie ne vont pas tarder à se dessiner.

Un jour, une amie dentiste de son club d’équitation lui dit : « Tu es joyeuse, positive, très sociable. Tu sors d’un bac scientifique… Je te verrais bien assistante dentaire ! »

Virginie ne connaît pas du tout ce métier. « Pour moi, l’assistante c’était l’épouse du dentiste, sourit-elle. Comme celle de mon dentiste de famille… Je pensais que c’était un peu partout pareil ! »

Ni une ni deux, la cavalière décide de franchir l’obstacle. « Je me suis dit OK, j’envoie un CV et pas un de plus. » Bingo ! Elle est embauchée dans un cabinet de groupe à Rosheim (Bas-Rhin), chez le Dr Christophe Foresti.

Rencontre

Au bout de trois mois, le praticien qui l’emploie au secrétariat de sa structure l’oriente vers son épouse, le Dr Anne Foresti, également chirurgien-dentiste à Marmoutier (Bas-Rhin). « Il m’a tout de suite aiguillée vers elle car je parle couramment alsacien et que sa patientèle est plutôt âgée et dialectophone. J’ai été prise en contrat de professionnalisation et j’ai débuté la formation de dix-huit mois au CNQAOS de Strasbourg. » Les premières années, les quatre assistantes alternent avec les quatre praticiens qui composent le cabinet. Mais progressivement, une relation toute particulière s’instaure avec le Dr Foresti. « Des atomes crochus se sont développés. Cela fait une dizaine d’années que je suis en binôme exclusif avec la patronne ! » Et pourtant, les deux femmes ont dû apprendre à se connaître et s’adapter l’une à l’autre. « Nous avons mis presque trois ans avant que le duo ne soit parfaitement formé, explique Virginie. Elle est très sérieuse et moi un peu exubérante, nous sommes si différentes… Elle est mon yin, je suis son yang. » Les deux membres du tandem sont à l’unisson : « Je respecte ses valeurs et sa façon de travailler. Je suis fière d’être son assistante. J’ai beaucoup de chance. »

Avec le métier, le coup de foudre fut plus rapide. « Créer du lien, être constamment en mouvement, je voyais que ça allait me plaire, développe-t-elle. J’aime que les patients m’appellent par mon prénom, il y a un vrai côté familial. Mon but est qu’ils entrent en salle de soins avec le sourire. »

Au cabinet, les journées se partagent entre tâches administratives et travail au fauteuil.

Au four et au moulin, Virginie a su évoluer vers un rôle de coordinatrice. Elle s’occupe d’une partie de la comptabilité, de la gestion des stocks, de l’agenda et fait le lien avec les prothésistes. « Je travaille plus que de raison mais l’ambiance est excellente, se réjouit l’assistante alsacienne. C’est un chouette métier quand on a trouvé le bon binôme. »

Épanouissement

Son rôle, Virginie Fischer le conçoit comme celui d’une facilitatrice. Sa philosophie : que tout soit fluide au quotidien. « Ma praticienne sait que lorsque le patient va sortir, l’encaissement et le soin suivant sont déjà prêts. Elle ne doit pas se poser ce genre de questions », estime-t-elle. Le Dr Foresti s’occupe de l’explication primaire des devis, son assistante se charge de les dégrossir devant le patient. « Par exemple, elle va dire qu’il y a un bridge à faire, et moi je vais l’expliquer ensuite plus précisément. D’autant plus que l’on a de nombreux patients dialectophones avec qui je dois parler alsacien. Une part de travail en plus mais j’adore ça ! »

À partir de 2011, en dépit de son amour du métier, Virginie commence à trouver « un peu monotone » son quotidien en omnipratique. Le Dr Foresti sent que son assistante a besoin d’un nouveau défi. C’est pourquoi les deux professionnelles de santé deviennent ensemble formatrices à la CNQAOS de Strasbourg. Un centre qu’elles quittent en 2020 pour rejoindre Élan Dentaire, une toute nouvelle structure de formation agréée CPNE-FP qui vient d’ouvrir à Mulhouse. « Élan me tient infiniment à cœur, témoigne-t-elle. C’est une école toute jeune, qui vient d’éclore. Le 4 février 2021, nous avons reçu nos premiers assistants dentaires en contrat pro. L’école bénéficie d’un équipement haut de gamme et notamment d’une chaîne de sté complète, comme au cabinet. Il y a aussi un fauteuil de dernière génération parfaitement fonctionnel et nous nous travaillons sur des logiciels dentaires. » Référente du pôle dentaire d’Élan Formation, son rôle dépasse désormais celui d’une « simple » formatrice.

Entre le cabinet et son activité éducative le jeudi, la Bas-Rhinoise de 42 ans n’a plus une minute à consacrer à sa passion équestre de jeunesse : le saut d’obstacles. « J’ai déjà des semaines de cinquante heures toutes occupations confondues. Avec un loisir en plus, mes enfants ne sauraient même plus qui je suis ! »

À la mi-temps de sa vie professionnelle domine un sentiment d’accomplissement, parachevé par Élan Dentaire. Et de stabilité, car Virginie n’a connu qu’un seul cabinet tout au long de son parcours. Un cabinet dans lequel elle rêve de finir sa carrière.

Ses conseils aux praticiens : 
– Donnez du temps au duo que vous formez avec votre assistante. Il peut y avoir des moments de doute mais restez à l’écoute.
– Déléguez à votre assistante une partie des explications du devis pour vous concentrer sur votre travail en bouche.
– Tel patient est allergique au latex, tel autre a des problèmes financiers en ce moment et son chèque devra donc être encaissé dans un mois… Pour que tout soit fluide au quotidien, votre assistante doit pouvoir créer une relation privilégiée avec chacun des patients.

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