Chez Gérémy Penverne, le dentaire est une histoire de famille. C’est sa mère, alors assistante, qui lui fait découvrir cet univers. À cette époque, il a 16 ans et ne « sait pas quoi faire de  »sa«  vie ». « Je travaillais dans la pâtisserie mais ce monde ne me plaisait plus. Ma mère m’a proposé de faire un stage d’une semaine en observation dans son cabinet, celui du Dr Sylvain Altglas, dont l’exercice est orienté en chirurgie, parodontie, implantologie, et comblement de sinus. J’ai adoré, surtout le contact avec les gens. » 

Ni une, ni deux, le jeune homme décide de devenir assistant dentaire, lui aussi. Il passe sa qualification à l’école AFPPCD. Un an et demi durant, Gérémy alterne entre un jour de formation et quatre en cabinet.

Les premiers pas

« J’ai commencé en centre dentaire où j’assistais deux praticiens. Cette première expérience a été très enrichissante car j’ai découvert plein de choses mais le système du centre ne me...

convenait pas. Je me suis vite ennuyé car il n’y avait pas assez de travail. » Gérémy revient donc rapidement à ses premières amours.

Au cabinet du Dr Altglas, sa mère le prend sous son aile. « L’avantage, c’est qu’elle s’est beaucoup plus impliquée dans ma formation qu’elle ne l’aurait fait avec un autre assistant », raconte le jeune homme qui n’osait toutefois pas l’appeler Maman au cabinet. « J’ai également eu la chance d’être accompagné par une autre assistante qui avait derrière elle trente-cinq ans de métier en omnipratique. »

Aujourd’hui, Gérémy a 32 ans et n’a plus besoin de sa mère, partie à la retraite il y a trois ans, pour le guider. Il est désormais responsable assistant dentaire et ses journées sont aussi denses que variées. Le jeune homme ne « s’ennuie jamais ».

« J’arrive à 8 h 30 tous les matins, une heure avant le Dr Altglas, pour anticiper au mieux la journée et les éventuels imprévus. Je relève les messages, j’ouvre les blocs opératoires, je mets en marche les stérilisateurs, j’installe les plateaux de chirurgie du matin et enfin, j’ouvre le cabinet. »

Le goût des nouvelles technologies

Gérémy installe le premier patient au fauteuil et les interventions démarrent. « Je suis au fauteuil pour seconder mon praticien afin de réaliser la chirurgie à quatre mains. Nous sommes épaulés par une assistante que je manage pendant qu’elle exerce l’instrumentation. Après quoi, elle stérilise le bloc opératoire pendant que j’installe le patient suivant. Alors que le praticien s’occupe de son anesthésie, nous procédons avec l’assistante à la désinfection des instruments de l’opération précédente. Nous réitérons cette étape jusqu’à la pause déjeuner. » 

Pause déjeuner qui ne dure que 20 minutes pour le jeune homme qui s’attèle ensuite à préparer les interventions chirurgicales de l’après-midi.

Si son quotidien paraît réglé comme du papier à musique, Gérémy ignore tout de la routine. « Un même acte chirurgical ne sera jamais le même sur chaque patient. Je n’ai jamais l’impression de faire la même chose, ce n’est pas redondant du tout. J’apprends en continu car la médecine évolue en permanence, surtout en informatique. Je suis réellement passionné et porte un intérêt particulier aux gouttières d’alignement que nous développons actuellement au sein du cabinet », s’enthousiasme cet aficionado de nouvelles technologies. Mais ce que Gérémy aime par-dessus tout dans son métier, c’est le contact humain : prendre soin des gens.

Même si certains patients sont parfois compliqués à gérer…

« Un jour, une personnalité publique est venue se faire soigner au cabinet. Quand je suis arrivé dans le bloc, elle a immédiatement exprimé son mécontentement. Elle ne voulait pas que je regarde à l’intérieur de sa bouche ! », se souvient l’assistant, amusé. Loin de se laisser décontenancer, Gérémy joue le jeu. Il ferme les yeux et fait semblant de commencer l’intervention en lui mettant des instruments sur la joue, sur le front…

« Au moment où elle a reçu l’aspiration sur le visage, la star a réalisé que ça ne pouvait pas se passer comme ça et a accepté de lâcher prise. Nous avons ri de la situation et le malaise s’est désamorcé tout seul. »

« Les mecs, allez-y ! »

Quatorze ans après s’être lancé dans l’aventure, celui qui fut un jour lointain aspirant pâtissier n’est donc pas près d’abandonner le dentaire. Le Dr Altglas, avec qui il a une « très bonne relation », envisage de partir à la retraite d’ici cinq ou six ans, mais sa fille, dentiste également, devrait reprendre le flambeau. Géremy, qui s’entend « tout aussi bien avec elle », se voit donc continuer à travailler dans le même cabinet. Ainsi, pour le jeune Parisien, la dentisterie est définitivement avant tout une histoire de famille !

Dans sa profession et cet univers qu’il « adore », il n’a qu’un regret : « qu’il n’y ait pas assez d’hommes. » « Je trouve dommage qu’à notre époque, le métier d’assistant dentaire soit majoritairement féminin dans les esprits des gens et donc dans les faits ». Aujourd’hui, Gérémy aimerait alors encourager les garçons qui se posent des questions à tenter une semaine d’observation chez les praticiens, toujours « très ouverts à ça ». « Mais le métier d’infirmier a souffert du même préjugé sexiste pendant longtemps et a aujourd’hui bien évolué », avance-t-il. « Ça donne espoir pour le métier d’assistant dentaire », poursuit-il, avant de conclure avec enthousiasme : « Les mecs, allez-y ! » 

Ses conseils aux praticiens

La communication et l’écoute : « L’idéal est de faire un point avec son assistant(e) tous les deux ou trois mois et de lui demander régulièrement si elle ou il se plaît à son poste. »

Les compliments : « Quand vous êtes content du travail de votre assistant(e), n’oubliez surtout pas de lui faire savoir. C’est important de valoriser vos équipes. »

La discrétion : « S’il y a un problème, parlez-en en tête à tête mais ne réglez surtout pas vos comptes devant les patients. »

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