Une méthode qui séduit

En 2007, notre praticien a même reçu la visite de Jon Lord, l’un des membres fondateurs du groupe de hard rock Deep Purple. En 2018 c’est la fondatrice de « The Hale Clinic », Teresa Hale, qui est venue le trouver pour ses compétences. Car le Dr Pelé reste l’un des rares chirurgiens-dentistes au monde à avoir été formé par le Dr William Hoisington installé à Seattle et à avoir exercé avec lui durant 10 ans. « Sa technique originale, connue sous le nom de Bone One Session Treatment (B.O.S.T.) est avant tout une manœuvre instrumentale qui enlève tout corps étranger sur les racines et sur l’os, éliminant le tartre et le biofilm formé par les bactéries anaérobies condamnées à mort au contact de l’air et cela en une seule séance de plusieurs heures. Cette méthode a radicalement changé ma pratique. J’ai nourri et prolongé cette vision en développant mon protocole opératoire Paro/Ortho/Prothèse (POP). » Inspiré et engagé, il publie en 2018 un livre intitulé « En finir avec la perte de vos dents ! Plaidoyer pour une autre approche de l’art dentaire aux éditions Resurgence. » Le Dr Florence Deloncle Perin le lit et contacte Jean-Michel. L’idée d’une association émerge et prend acte à Juvignac en 2019 avec la création de la nouvelle clinique Au bonheur des dents.

Au bonheur des dents

« J’ai 63 ans, j’aurais pu continuer mon activité en roue libre, sans effort, jusqu’à la retraite. Mais ce n’est pas dans mon tempérament et je pense à mon héritage, patrimonial en investissement dans une SCI mais aussi en termes de dentisterie. Si je disparais, tout ce que j’ai créé, ma vision et mes protocoles de soins disparaissent avec moi, je trouve ça regrettable. » Arrivée aux côtés du Dr Pelé en 2018 à Montpellier, le Dr Florence Deloncle-Perin devient l’héritière de cette expertise. Elle a rapidement trouvé sa place et sa patientèle au sein du cabinet. Mais rapidement les murs se sont faits trop étroits pour absorber la hausse de l’activité de l’entreprise. « Nous ne disposions que de deux fauteuils dans un petit immeuble. Il fallait plus d’accessibilité et de confort pour nos patients, notamment pour ceux qui...

viennent de loin en voiture. »
L’investissement dans la nouvelle clinique s’élève à un million d’euros, 550 000 € dans les murs et 400 000 € dédiés au matériel et à l’aménagement. Aujourd’hui la clinique compte 5 fauteuils sur 230 m2 et s’est dotée d’équipements de pointe : « Nous achetons seulement ce qui est réellement utile à notre exercice, nous ne sommes pas dans la course au modernisme, nous n’avons donc pas plusieurs leasings en cours qui alourdissent les coûts de fonctionnement des cabinets. Nous avons acquis une caméra intra-orale Itero en 2018 qui nous offre de meilleurs échanges avec les patients et optimise notre travail avec Invisalign. L’une de nos dernières acquisitions est le système d’imagerie Hyperion X5 de MyRay, une radiographie 3D qui fait aussi des téléradiographies de profil permettant de réaliser les analyses céphalométriques en orthodontie ».

Une pratique en évolution

« L’anatomie et la physiologie ne peuvent pas être remises en cause, l’origine des pathologies si. À 19 ans, on m’a dit que 90 % de la population souffrait d’une maladie qui fait perdre les dents, j’ai été stupéfait par cette affirmation. » Quelques années plus tard, lors de ses années cliniques, notre praticien prend en charge un patient qui souffre d’une gingivite, « là où mon professeur me pointait une maladie, j’y voyais une blessure. Pareil pour les caries, je n’avais pas envie de boucher des trous sans comprendre leurs origines. Mon job était de soigner mais j’avais l’impression de colmater à l’aveugle. » En 1984, Jean-Michel entame un remplacement dans un village de 800 habitants en Ardèche. Il reçoit 60 patients par jour dans des états de délabrement avancés, « alors qu’il s’agissait de personnes qui se faisaient traiter dans un cabinet dentaire ! ».
N’ayant jamais eu mal aux dents et n’ayant donc pas de dentiste pour lui-même, il se demande si finalement il irait contacter un dentiste le jour où il aurait besoin de soin vu la quantité de dents perdues, dans le cabinet qui le recevait ! En 1984, il ouvre son premier cabinet dentaire à Florensac dans l’Hérault, « avec en tête l’idée de trouver la ou les causes des blessures, mais aussi de leur cicatrisation… » Il entame alors une profonde réflexion sur la dentisterie moderne et plusieurs cycles de formation qui viennent bouleverser sa pratique.
Après plus de 30 ans d’exercice marqués par plusieurs déménagements, il s’installe à Montpellier où il ouvre en 2020 la clinique Au bonheur des dents en association avec le Dr Florence Deloncle-Perin. Leur projet commun : stabiliser, par le protocole P.O.P (Paro/ortho/prothèse implantaire), les pathologies dentaires parodontales considérées plutôt comme des blessures par une technique manuelle en une unique séance sans anesthésie et l’alignement des dents systématiquement. Parallèlement ils proposent aux cabinets de leur région cette proposition de soins pour qu’ils réalisent à la suite les travaux prothétiques avec plus de sécurité et de cohérence. Un autre volet de cette clinique consiste à former à ce protocole leurs consœurs et confrères intéressés.

Une blessure, pas une maladie

Des observations faites au cours de sa carrière, à la suite des questions qu’il s’est posé dès la faculté, le Dr Pelé considère que les bactéries passent par une blessure à la surface de la peau et des muqueuses ou au niveau des dents (émail) et que les différents processus liés à l’inflammation entraînent l’élimination de la dent par destruction de son support osseux. « La fermeture étanche spontanée de la gencive en résulte, c’est ce que je nomme une “cicatrisation” au lieu de “maladie auto-immune”, comme il est habituel de le lire. L’organisme humain qui évolue depuis des millions d’années et qui est apparu au milieu de microbes a eu le temps d’apprendre à se protéger contre les bactéries. Il m’est donc difficile d’admettre que la proportion élevée de cas de parodontites puisse correspondre à une maladie entraînant la perte des dents. » Il en est de même pour les caries et l’envahissement de la pulpe dentaire par les micro-organismes. Pour le Dr Pelé, l’hygiène doit bien entendu être pratiquée mais avec des « outils » efficaces et au bon endroit pour une raison très simple : mieux vaut être agressé par une seule personne que par cent… ! « Pour ce qui est de la blessure parodontale, nous utilisons un instrument, le “Root In”, qui permet à la fois l’hygiène du sulcus et le contrôle régulier car il donne un maximum d’informations sur la qualité du joint étanche, la dureté ou la mollesse des différents tissus péri-dentaires et dentaires et limite au fil des jours la formation de tartre. Ce Traitement Parodontal Aérobie (TPA) est utilisé avec succès depuis maintenant 20 ans au sein de notre cabinet, il se concentre en une seule séance, sans anesthésie, sans antibiotique, anti-inflammatoire ni antalgique, l’oxygène ambiant en est le médicament ! La perte de dents ne s’est limitée qu’à une trentaine depuis 2000. »

« J’ai 63 ans, je pourrais continuer mon activité en roue libre, sans effort, jusqu’à la retraite. Mais ce n’est pas dans mon tempérament. »

Une approche globale

Pour notre praticien, l’émotionnel du patient est trop souvent négligé par les chirurgiens-dentistes alors qu’il revêt une importance capitale dans l’équilibre immunitaire, comme les conditions de vie du patient (tabac, alcool, mauvaise hygiène alimentaire…). « Si les trois paramètres primordiaux, à savoir les dents mal positionnées, le déséquilibre émotionnel et le déséquilibre de la flore se cumulent, le résultat sera le passage de bactéries au-delà de la limite acceptable par l’organisme et donc une réaction immunitaire. Les inflammations parodontales correspondent à une solution biologique pour cicatriser le tissu de protection que représente la gencive, et non à une maladie. Nous ne perdons pas nos dents parce que nous sommes malades, mais bien parce que nous sommes en bonne santé ! »

Dans son protocole de soins, devant des « pertes d’étanchéité » dentaires, que ce soient des caries ou au niveau de l’attache de la gencive autour des racines, une analyse des arcades et des rapports interarcades doit être réalisée et un traitement orthodontique par gouttières transparentes recommandé, aussi systématiquement que chez l’enfant ou l’adolescent ! « Nous avons associé le TPA (traitement parodontal aérobie), au traitement orthodontique par gouttière transparente Invisalign. La mise en place de ce protocole opératoire Paro/ Ortho/Prothèse (POP) me permet d’affirmer que l’on ne devrait plus extraire les dents d’un patient sans leur avoir proposé ce protocole… ! »

Lutter contre la peur du dentiste

« J’aime rappeler à mes confrères que j’utilise seulement un instrument à main qui coûte moins de 100 € et que son efficacité est redoutable ! » Autre taquinerie de notre praticien à l’adresse de ses confrères, une devinette : Quel est l’outil qui doit être le plus utilisé par les dentistes ? « La plupart répondent la turbine, moi je dis le cerveau. Je n’ai rien inventé, j’utilise tout ce qui est enseigné mais dans le bon ordre et en le décloisonnant. » Au quotidien, Jean-Michel est entouré de deux assistantes. Peggy, avec qui il travaille depuis plus de 15 ans « et qui est en parfaite capacité d’expliquer la nature et la logique des traitements » et la jeune Maéva de 22 ans fraîchement arrivée à la clinique. Les Drs Pelé et Deloncle-Perin envisagent de recruter une secrétaire pour libérer du temps aux assistantes au fauteuil, la clinique est vaste, elle a modifié les flux de circulation et les salles de soins sont éloignées de l’accueil. « Comme nous souhaitons recevoir nos patients dans d’excellentes conditions, en leur souhaitant la bienvenue et en les guidant dans leur parcours, nous avons besoin de ce recrutement. Je n’oublie jamais que l’une des causes principales de la perte des dents reste la peur du dentiste qui vient du… dentiste ! L’accueil est donc essentiel, l’attitude des docteurs aussi. “Si vous voulez voir leurs dents, faites les sourire” est un excellent message de sensibilisation à destination des praticiens. »

Du côté de Montpellier

Montpellier se situe dans le sud de la France (Hérault). Proche de la mer Méditerranée (7,1 km), la ville est, par sa population, la septième de France. Elle est l’une des rares communes de plus de 100 000 habitants dont la population a augmenté de façon ininterrompue chaque année depuis 1945. Elle a quasiment triplé sur cette période pour atteindre 285 121 habitants.

Un ancien maire dentiste « Je suis un professionnel de santé, j’ai un bagage en virologie et bactériologie. Je sais de quoi il en retourne sur les grandes épidémies » Battu le 28 juin dernier, l’ancien maire de Montpellier, Philippe Saurel, a repris son activité de dentiste. Pendant le premier confinement, il s’est inscrit aux permanences d’urgence à la clinique dentaire mutualiste de Montpellier.

Télémédecine bucco-dentaire E-Dentech, une start-up montpelliéraine, développe la solution de télémédecine bucco-dentaire e-Dent pour améliorer l’accès aux soins des patients des établissements médico-sociaux. Cette innovation est déjà déployée dans plus de 96 sites en France. Le Dr Nicolas Giraudeau hospitalo-universitaire est à l’origine de ce projet.

« Nous ne perdons pas nos dents parce que nous sommes malades, mais bien parce que nous sommes en bonne santé ! »

Pour le confort de ses patients, le Dr Pelé privilégie le travail à quatre mains. Il est également équipé d’un siège à eau pour les longues séances.

La formation comme perspective

Les Drs Pelé et Deloncle-Perin espèrent devenir dans leur région un cabinet pilote pour travailler en collaboration avec des praticiens dits “généralistes” ou des implantologues. « Nous pourrons en effet leur assurer de réaliser leurs soins ou des poses d’implants dans les meilleures conditions de santé des tissus parodontaux ou dentaires (émail) avec un taux de récidives réduit quasiment à néant. » Jean-Michel envisage, en même temps, de poursuivre son activité en développant des formations et en partageant son expérience. « Je veux montrer qu’il est possible de travailler différemment, être le témoin d’une pratique plus respectueuse des dents. »

« Si je disparais, tout ce que j’ai créé, ma vision et mes protocoles de soin disparaissent avec moi, je trouve ça regrettable. »

Aujourd’hui quasiment 100 % des patients prennent rendez-vous en raison de la présence du Dr Pelé et de son approche thérapeutique. Il imagine donc développer une organisation dans laquelle il se consacrerait aux premières consultations et à la définition des plans de traitement. Puis d’autres praticiens de la clinique prendraient le relais en prodiguant les soins nécessaires. « Cette position se valorise aussi. En France, dans toutes les disciplines médicales, les consultations d’experts ne sont pas assez considérées, seuls les actes sont rémunérés. Or, je ne m’inscris pas dans cette vision qui pousse au sur-traitement, en l’occurrence dans le dentaire, à la pose d’implants, de prothèses, de bridges, etc. »

« Je n’ai rien inventé, j’utilise tout ce qui est enseigné mais dans le bon ordre. »

Plus que jamais, Jean-Michel conseille à la jeune génération de diplômés de penser la dentisterie au-delà de tout ce qu’ils ont appris à la faculté. Dans le même temps, il invite les patients à les pousser à réfléchir à leurs actes et leur rappeler que leur présence sur le fauteuil est avant tout animée par le désir de conserver leurs dents, « ce qui est parfois trop vite oublié ».

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