La photothérapie a une action sur le métabolisme cellulaire de nos tissus comparable à la photosynthèse des cellules végétales. L’énergie lumineuse est transférée aux différents organes de nos cellules pour stimuler les fonctions métaboliques qui produisent plusieurs effets cliniques remarquables comme les effets antalgiques et anti-inflammatoires ou les effets de cicatrisation et de prolifération cellulaire (Hubert Guillemant – Gérard Rey, L.S. n°72 nov. 2016).

1. Une nouvelle unité médicale de photostimulation : L’ATP38

a) Description de la technologie

L’ATP38 ; (Fig.1) est une unité de photostimulation cellulaire qui utilise la technologie des semi-conducteurs collimatés regroupés sur trois ou quatre panneaux qui réunissent chacun un spectre de longueur d’onde compris entre 450 et 835 nm ; (Fig.2). Chaque panneau comprend deux fois une association de trois semi-conducteurs collimatés :

  • un semi-conducteur polychromatique collimaté (SCPC) couvrant un spectre de longueur d’onde compris entre 450 et 635 nm,
  • un semi-conducteur polychromatique collimaté (SCPC) couvrant un spectre de longueur d’onde compris entre 665 et 775 nm,
  • un semi-conducteur monochromatique collimaté (SCMC) couvrant un spectre de longueur d’onde compris entre 800 et 835 nm.

Ces différentes longueurs d’onde correspondent sur le spectre électromagnétique aux différentes couleurs de la partie visible de la lumière complétées par un rayonnement infrarouge monochromatique.

b) Présentation de l’appareil

Il se présente sous une unité mobile d’un poids de 22 kg. Un bras articulé permet de positionner et d’orienter les différents panneaux émetteurs jusqu’à une dis­tance d’environ 4 cm des tissus cibles. Un ordinateur posé sur une tablette so­lidaire de l’ATP38 permet de piloter les longueurs d’onde et de définir les proto­coles ; (Fig.4) que vous souhaitez appli­quer en fonction des pathologies ren­contrées.

Le traitement est piloté par une Interface Home Machine (IHM) qui permet aux pro­fessionnels de santé de choisir et de maîtriser les traitements spé­cifiques à chaque patient. Chaque panneau est com­posé d’une carte élec­tronique semi-conduc­teur collimatée et deux de ses quatre volets ont une carte Driver qui permet de piloter les longueurs d’onde par l’intermédiaire de LED (Light Emitting Diode) qui produisent un rayonnement monochromatique ou polychromatique.

Les différentes longueurs d’onde fonc­tionnent en même temps, les deux cartes Driver étant reliées entre elles. Le rap­port cyclique (ratio de la durée d’un pulse par rapport à la période) permet d’obtenir une fréquence maximum de 100 Hz et une fluence d’environ 4 joules/cm2.

Fig.4 : Chaque protocole de biostimulation a une durée totale de 6 min 8 s.

c) Recommandations d’utilisation

Il est nécessaire de tenir compte de la compatibilité électromagnétique (CEM) et de l’incidence des ondes de communication (mobiles et portables) sur cet appareil médical. Il ne doit pas être utilisé à proximité d’autres appareils émettant des ondes RF d’une puissance supérieure à 1 watt. À titre indicatif, le tableau ci-contre ; (Fig.3) donne la dis­tance de séparation conseillée en fonc­tion de la fréquence et des émetteurs RF.

Fig.3 : Les émetteurs RF comprennent également les appareils de télécommunication mobiles et portables.

d) Actions thérapeutiques des différentes longueurs d’onde

Chaque couleur des semi-conducteurs collimatés correspond à une longueur d’onde qui aura une action particulière dans le protocole déterminé.

1) La lumière bleue

Elle correspond à des longueurs d’onde entre 400 et 450 nm. Elle stimule la for­mation d’oxygène et peut favoriser un effet antibactérien purificateur et cicatrisant. Elle permet de lutter contre l’acné et les dermatoses.

2) La lumière verte

Elle correspond à des longueurs d’onde entre 480 et 530 nm. Elle favorise l’oxy­génation et l’hydratation de la peau. On lui attribue un effet sédateur et de ré­gulation de la pression sanguine. Elle est utilisée pour lutter contre le stress et la fatigue. Son absorption par les pig­ments des taches de l’épiderme autorise la possibilité d’un éclaircissement de ces taches pigmentaires.

3) La lumière ambre

Elle correspond à des longueurs d’onde entre 570 et 630 nm, c’est-à-dire à des couleurs qui varient du jaune au brun. La couleur jaune renforce le système hormonal et immunitaire et stimule l’ac­tion purgative. On attribue également à la couleur jaune une stimulation du sys­tème nerveux. La couleur orange lutte contre les spasmes et les douleurs mus­culaires. Elle améliore le tonus muscu­laire et raffermit les tissus. On lui attri­bue une possibilité de stimuler l’appétit.

4) La lumière rouge

Elle correspond à des longueurs d’onde comprises entre 630 et 700 nm et sa forte pénétration va permettre une sti­mulation de la circulation sanguine qui amènera une oxygénation cellulaire améliorant l’activité des fibroblastes. Cette action cellulaire favorise la régé­nération du collagène et de l’élastine ce qui permet une certaine action sur les ri­dules et les cicatrices.

5) La lumière infrarouge

Elle correspond à des longueurs d’onde supérieures à 800 nm et permet des pénétrations pouvant aller jusqu’à 4 à 5 cm de profondeur dans les tissus cibles. Elle peut ainsi agir sur les muscles et les articulations pour réduire les proces­sus douloureux et inflammatoires. Son effet antalgique en profondeur permet une action sur les tendinites. On attri­bue également à la lumière infrarouge une action anti-inflammatoire, anti-infectieuse et cicatrisante.

2. Observations decas cliniques au cours des tests actuels

Cet appareil de photostimulation cel­lulaire est testé depuis quatre mois par nos équipes en collaboration avec dif­férents professionnels de santé (chirur­giens-dentistes, médecins, kinésithérapeutes) et nous vous informons seulement ici des premiers résultats obtenus sur dif­férentes pathologies.

a) Biostimulation opératoire après chirurgie des maxillaires

Après les extractions ou la chirurgie implantaire, la photo-modulation peut être effectuée le jour même, puis tous les 2 ou 3 jours pendant 10 jours envi­ron pour réduire les suites opératoires et favoriser la cicatrisation initiale.

Après une chirurgie de reconstruction osseuse, la biostimulation est ensuite poursuivie chaque 2 semaines pendant 2 à 3 mois afin d’amplifier la proliféra­tion et la différenciation des cellules souches en cellules ostéo-progénitrices puis en ostéoblastes suivant les travaux de Milan Bicocca (A. Leonida, G Caccianiga et col. 2011). Le ressenti général des pa­tients semble tout à fait favorable avec peu de douleurs postopératoires et une amélioration rapide de l’état inflamma­toire postopératoire.

b) Traitement d’un herpès de la commissure labiale

Deux séances de photothérapie ont été effectuées le même jour ; (Fig.5) et la première séance de photothérapie a été précédée d’une oxygénation de la lésion herpétique ; (Fig.6.2). L’amélioration a été directement visible après cette première séance ; (Fig.6.3).

Une seconde séance de photothérapie a été effectuée sans oxy­génation de la lésion et la figure 6.4 per­met de constater l’amélioration obte­nue dans ce cas particulier. Plusieurs traitements herpétiques ont permis de confirmer une bonne action de ce pro­tocole avec une guérison plus rapide lorsque la lésion herpétique est traitée suffisamment tôt et par contre, une gué­rison en 4 ou 5 jours lorsque les bulles herpétiques sont importantes.

c) Action sur des douleurs articulaires

1) Péri-arthrite scapulo-humérale
Cette tendinite de l’épaule est très fré­quente chez les individus des deux sexes et peut même toucher de jeunes adultes. Elle peut aboutir à une rupture des ten­dons sans traitement adapté sur les per­sonnes âgées. Le protocole ; (Fig.7) est répété chaque deux jours pendant une semaine avec une amélioration de la douleur immédiatement après réalisa­tion du protocole, particulièrement pour les irradiations au niveau du bras.

Fig.7 : Le traitement antalgique, anti-inflammatoire et cicatrisant dure 12 min 10 s.

2) Douleurs de la faceinterne du genou suite à un traumatisme
Il peut s’agir d’une lésion du ligament la­téral interne, l’examen clinique n’évo­quant pas une rupture des ligaments croisés. Le protocole ; (Fig.8) est réalisé chaque jour pendant 3 journées consé­cutives avec une réelle amélioration de la symptomatologie douloureuse jusqu’à la quasi-disparition au bout de la troisième séance.

Fig.8 : Réalisation du protocole antalgique + anti-inflammatoire + cicatrisation (12 min 10 s).

d) Action sur une entorse de la cheville

Une entorse est un étirement ligamen­taire qui survient lors d’une torsion bru­tale de la cheville. C’est une pathologie très fréquente (environ un quart des accidents des sportifs). Le protocole ; (Fig.9) est mis en place pendant 3 journées consécutives avec une amélioration très sensible dès la seconde séance et une possibilité de s’ap­puyer correctement sur le pied traumatisé après la troisième séance, ce qui consti­tue une amélioration réelle par rapport à une simple immobilisation de la cheville.

Fig.9 : Le protocole appliqué est antalgique + anti-inflammatoire + cicatrisation pendant 12 min 10 s à chaque séance.

e) Action sur les douleurs cervicales

La patiente se plaint de douleurs dans le haut du dos et dans la nuque avec une irradiation jusque dans les épaules. Cette dorsalgie douloureuse semblait liée à un état inflammatoire qui a été traité par le protocole antalgique + anti-inflam­matoire (8 min 8 s) à raison d’une séance tous les 2 jours pendant 8 jours ; (Fig.10). L’amélioration des douleurs ressentie par la patiente est réelle à partir de la troi­sième séance avec une reprise progres­sive de l’activité professionnelle qui était à l’arrêt depuis plusieurs semaines.

Fig.10 : Protocole antalgique et anti-inflammatoire pendant 8 min 8 s.

f) Traitement d’une déchirure musculaire

Il s’agit dans ce cas d’une déchirure du biceps fémoral à la suite d’un trauma­tisme d’extension forcée de la jambe droite. Le craquement entendu et les douleurs immédiates qui empêchaient toute station debout ne laissaient aucun doute sur le diagnostic de déchi­rure musculaire. La douleur immédiate fut extrêmement vive et l’immobilisa­tion aussitôt conseillée par les profes­sionnels de santé.

L’activité profession­nelle ne pouvant pas être interrompue, il a été réalisé 3 séances de photothérapie suivant le protocole antal­gique + anti-inflammatoire + cicatri­sation durant 12 min 10 s à chaque séance ; (Fig.11).

Le patient n’a pu faire que 3 séances les 25, 26 et 27 novembre 2017. Il a pu reprendre son activité au bout de 24 heures et n’a plus ressenti de douleurs à partir de la troisième séance de photothérapie. Une reprise progressive et immédiate de l’activité a été possible dès la deu­xième séance de photothérapie.

Fig.11 : Trois séances de photothérapie ont permis une guérison rapide de cette déchirure musculaire.

g) Action sur une acné du dos

L’ATP38 a été utilisé ici dans son ac­tion anti-infectieuse et biostimulant sur une acné du dos disgracieuse chez une jeune patiente. Le traitement a été répété à deux reprises les 25 et 26décembre 2017 ; (Fig.12-1). L’amélioration obtenue ; (Fig.12-3) est réelle par rapport à l’état initial ; (Fig.12-2) après les séances de photothérapie.

Fig.12 : Le protocole pour le traitement de l’acné dure 6 min 8 s.

3. Conclusions

La figure 13 (tableau) récapitule les diffé­rents protocoles qui ont été utilisés chez ces huit patients.

Le rapport cyclique (RC) indique la durée d’un pulse par rapport à la durée de la période avec deux cas par­ticuliers où le rapport cyclique est indiqué à 50 pour deux longueurs d’onde particu­lières, les autres longueurs d’onde restant avec le rapport cyclique général indiqué.

Cet appareil semble avoir de multiples applications intéressantes dans le do­maine des actions antalgiques, anti-in­flammatoires, et biostimulants. Les résultats obtenus sur l’acné et sur l’her­pès montrent des possibilités anti-infec­tieuses qui méritent d’être vérifiées par d’autres tests.

Quant aux actions esthé­tiques d’estompage des rides et ridules, les résultats actuels sont loin d’être né­gatifs, particulièrement en complément d’injections d’acide hyaluronique au ni­veau de la périphérie de la sphère buc­co-dentaire. L’ATP38 est un appareil sé­duisant avec de multiples utilisations médicales qui montrent l’intérêt de la photothérapie dans de nombreux do­maines de nos différentes spécialités.