Fig.1 : Radiographie rétro-alvéolaire préopératoire (notez l’instrument fracturé dans le canal disco-vestibulaire).

Une patiente m’est adressée pour éviction d’un bris instrumental dans le canal disto-vestibulaire de la dent 26 ainsi que sa reconstitution coronaire ; (Fig.1 et 2). La patiente a seulement 23 ans et une bonne hygiène : il est décidé de réaliser un overlay céramique afin de conserver un maximum de tissus dentaires.

Fig.2 : Photographie intra-buccale de la dent 26 après dépose de la restauration temporaire.
Fig.3 : Radiographie rétro-alvéolaire postopératoire du traitement endodontique.

Le traitement endodontique est réalisé sous microscope, ce qui facilite l’éviction du bris instrumental ; (Fig.3). Avant d’assembler l’overlay en céramique, il est nécessaire de reconstituer un noyau dentinaire en résine composite.

Ce premier collage est réalisé selon le protocole suivant...

  • :

    • sablage des surfaces dentaires (élimination des débris et de l’eugénol contenu dans le ciment d’obturation canalaire qui inhibe le collage) ; (comparatif Fig.4 et 5),

    • mordançage différentiel (15 secondes émail ; (Fig.6) 10-15 s maximum dentine ),
    • application du primer (10 secondes de manière énergique) ; (Fig.7),
    • application et photopolymérisation de l’adhésif (système M&R3 – Optibond FL – Kerr),
    Fig.8 : Radiographie rétro-alvéolaire après étanchéification du traitement endodontique.
    • résine composite apposée par petits incréments afin de limiter la contraction de prise. Le traitement endodontique est étanchéifié : la dent est traitée d’un point de vue biologique ; (Fig.8). Il ne reste plus qu’à la rendre de nouveau fonctionnelle.

    Réalisation de la préparation

    La préparation est réalisée à l’aide d’une fraise jaugée ; (Fig.9) afin d’aménager les 2 mm d’espace prothétique nécessaires à la pérennité de l’overlay en céramique : il suffit de suivre le guide ; (Fig.10). La préparation est soigneusement polie avant de déposer le champ opératoire ; (Fig.11). :

    Après dépose du champ opératoire, une jauge en silicone de 2 mm d’épaisseur est passée entre les dents afin de s’assurer de l’espace prothétique ; (Fig.12). La situation occlusale est fixée à l’aide d’une résine composite molle (Revotec, GC) afin d’éviter toute migration pendant la phase d’élaboration de la pièce prothétique ; (Fig.13).

    Fig.14 : Essayage esthétique de l’overlay avec le gel de Try-in.

    Après réception de l’overlay, ce dernier est essayé en bouche, il faut veiller à :

    • contrôler sa bonne adaptation (limites et points de contact),
    • contrôler sa couleur à l’aide d’un gel de Try-in (gel de glycérine ayant les mêmes propriétés optiques que la résine de collage) ; (Fig.14)
    • ne pas contrôler l’occlusion car la pièce est très fragile tant qu’elle n’est pas assemblée à la dent.

    Mise en place de la pièce

    La pièce prothétique est préparée ; (Fig.15). L’intrados est traité à l’acide fluorhydrique selon les données du fabricant (20 s : Emax). On peut noter l’aspect mordancé de la céramique. La surface est silanisée (agent de couplage). La préparation dentaire est, quant à elle, sablée après mise en place du champ opératoire ; (Fig.16). Elle est ensuite mordancée différentiellement, le primer est appliqué puis l’adhésif non polymérisé du fait de sa viscosité et épaisseur importante (Optibond FL, Kerr).

    Fig.15 : De gauche à droite : traitement de l’intrados avec l’acide fluorhydrique, aspect après traitement, application du silane.
    Fig.16 : Vue occlusale de la préparation isolée puis sablée

    La pièce est mise en place avec une résine de collage (NX3, Kerr), les excès sont retirés et le joint de collage est poli soigneusement ; (Fig.17).

    Fig.17 : Vue occlusale après collage de l’overlay.

    La radiographie postopératoire ; (Fig.18) montre une bonne adaptation de la pièce ainsi qu’une absence d’excès de colle en proximal. L’occlusion peut être enfin ajustée.

    Fig.18 : Radiographie rétro-alvéolaire 20 après collage de l’overlay (laboratoire Riefolo à Metz) : bonne adaptation proximale, pas d’excès de colle ni de manque visible.

    On peut noter la déshydratation des dents adjacentes qui apparaissent bien plus blanches ; (Fig.19) juste après dépose du champ opératoire.

    Fig.19 : Vue occlusale postopératoire après la dépose du champ : notez la déshydratation des dents alentour.

    Nous pouvons apprécier la bonne intégration de l’overlay après réhydratation des dents ; (Fig.20 à 24) et cicatrisation gingivale.

    Fig. 24

    Conclusion

    Il est intéressant de recourir à des reconstitutions esthétiques en céramique collée, comme l’overlay, dans un souci d’économie tissulaire afin de respecter au mieux le principe du gradient thérapeutique.
    Il aurait été tentant de recourir à la mise en place d’un ancrage corono- radiculaire en métal ainsi que d’une couronne périphérique, cependant, une préparation a minima nous permet ici de retarder le fameux « inlay-core/ couronne » ce qui est particulièrement intéressant ici puisque notre patient a seulement 23 ans.


    L’auteur

    Dr Alexis GEVREY

    • Docteur en chirurgie dentaire
    • Ancien assistant hospitalo-universitaire

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