Pas à pas d’une approche réparatrice simple, rapide, prévisible et peu coûteuse.

Un diastème antérieur mé­dian peut compromettre l’harmonie du sourire d’un patient. La fermeture de ce type de diastème est l’un des traitements les plus demandés en dentisterie esthé­tique. Le but ultime lors de la fermeture des diastèmes dentaires est d’établir un contact interproximal adéquat, et de réaliser un profil d’émergence esthétique des dents respectives avec la papille interdentaire remplissant l’espace sous la zone du point de contact.

Il existe de nombreuses options de trai­tement pour la fermeture des diastèmes comme par exemple l’orthodontie, la dentisterie réparatrice et des actes pro­thétiques. Ce qui est appréciable dans l’approche réparatrice c’est qu’elle est à la fois la plus simple, rapide, prévisible et la solution la moins coûteuse.

Restaurations directes avec des résines composites

Les restaurations directes...

avec des ré­sines composites nécessitent une bonne habileté et l’engage­ment du clinicien à bien les réaliser. C’est une technique parfois difficile. Il faut s’entraîner lors de travaux pratiques qui permettent les meilleures opportunités et, grâce à l’appren­tissage, de se perfec­tionner dans toutes les étapes cliniques et ainsi de maîtriser l’ensemble des techniques. Avant d’effectuer ce type de procédure réparatrice, le clinicien doit posséder un sens aigu de l’observation pour visualiser les paramètres qui vont être nécessaires pour une excellente exécution (comme, par exemple, quelle sorte d’opacité, quelles formes, teintes, caractérisations, textures de surface adopter pour reproduire autant que possible des répliques de dents naturelles). Nous allons montrer un cas clinique étape par étape pour enseigner un protocole qui peut permettre d’obtenir un bon succès thérapeu­tique dans ce type de traitements.

Présentation du cas

Une patiente de 28 ans vient au cabi­net avec une de­mande principale au regard d’un es­pacement dans le secteur antérieur supérieur. Ses antécédents médicaux ne témoignent d’aucune maladie systémique et l’examen intra-buccal révèle la présence d’espacement médian entre les incisives centrales maxillaires (~ 2 mm) ; (Fig.1 et 2). Pour une option plus conservatrice, économique, esthétique et rapide, la fermeture du diastème en technique directe est envisagée.

Toutes les incisives maxillaires sont isolées avec une digue en caoutchouc ; (Fig.3) ce qui assure un contrôle complet de l’humidité en gardant ainsi un secteur propre et sec. Il supprime aussi la papille, réduisant le triangle noir postopératoire. La surface de l’émail est minimalement préparée avec une fraise fissure diaman­tée pour augmenter la surface de liaison à l’émail ; (Fig.4).

Un acide phosphorique à 37 % est appli­qué sur la surface mésiale prête à être restaurée pendant 15 secondes. Puis on rince pendant 20 secondes ; (Fig.5) et on sèche avec de l’air tout douce­ment ; (Fig.6). Ensuite, un système adhé­sif à deux flacons est utilisé en plaçant d’abord le primer avec une brosse mi­crobrush. On pratique des mouvements de frottage légers pendant environ 15 secondes, puis on sèche doucement avec de l’air pendant environ 5 secondes. À l’aide de la même brosse-applicateur, que l’on va tremper dans la solutionadhésive, on va appliquer l’adhésif surla surface d’émail préparée avec unmouvement de frottement léger pendant 15 secondes. On va ensuite souffler àla marge, ou en totalité si nécessaire,en utilisant une légère quantité d’air, puis on utilise une lampe à photopoly­mériser pour durcir l’adhésif pendant20 secondes ; (Fig.7).

Fournir une courbure qui repousse la limite cervicale

L’un des principaux défis auxquels sont confrontés les cliniciens lors de la fer­meture des diastèmes antérieurs est la prévention ou l’élimination d’un triangle noir entre les dents. Le point-clé idéal pour recréer des papilles est de fournir une courbure cervicale qui repousse la li­mite cervicale et qui commence en zone sous-gingivale. On peut atteindre cette zone avec une bande de Mylar placée sous les limites gingivales et en utilisant un composite fluide à haute viscosité in­jecté à la zone du futur point de contact.

Ce « trottoir » de com­posite va créer le profil d’émergence idéal ; (Fig.8). La clé du succès dans les cas de dias­tème est de ter­miner la première dent complètement avant de commencer la deuxième ; (Fig.9), puis de procéder aux corrections de taille et de forme de la première dent de sorte que la taille finale des centrales soit la même à la fin du traitement ; (Fig.10).

Ensuite, on peut de la même manière établir le profil d’émergence, puis la paroi proximale de la deuxième dent ; (Fig.11). Puis, on procède aux finitions d’état de surfaces des deux dents avec des disques de polissage et des pointes de caoutchouc. On retire ensuite la digue en caoutchouc pour vérifier s’il reste à ce moment-là un petit triangle noir dans la zone cervicale ; (Fig.12).

Les visites de rappel dans les cas de dias­tème sont très importantes, ce qui per­met de constater la satisfaction du pa­tient, de vérifier la santé parodontale entre les deux centrales, de faire un peu de polissage et de confirmer la texture des états de surfaces ; (Fig.13 et 14). En ce qui concerne le triangle noir de la papille interdentaire, on peut alors constater sa disparition complète ; (Fig.15 à 17)

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