La combinaison de toutes les technologies rend notre exercice passionnant et nous permet de résoudre au mieux des cas cliniques complexes ; (Fig.0).

Nous vous proposons ci-après une édentation antérieure de longue date suite à un trauma. Le patient, médecin anglais à la retraite, a été porteur d’une prothèse amovible pendant plusieurs années, car aucune solution implantaire ne lui avait été proposée !

Ceci nous amène à faire une petite diversion sur l’attitude fréquente de confrères qui par manque de connaissance, ne sachant que faire, donnent au patient un argument d’impossibilité technique : « vous n’avez pas assez d’os, c’est impossible ! ». Il est préférable quand on ne maîtrise pas une technique d’adresser le patient à un confrère plus compétent. Le patient vous en sera toujours beaucoup plus reconnaissant. Car pour le cas présent, le patient a beaucoup regretté le temps perdu et l’inconfort de la prothèse amovible. 

Ce patient âgé de 70 ans, en parfaite santé, présente une fonte osseuse importante associée à un diastème. Les autres travaux prothétiques présentent des récessions importantes mais le patient qui a un sourire normal ne les découvre pas et donc s’en satisfait, pour l’instant ! Nous proposerons ultérieurement au patient une réhabilitation complète des antérieures, le traitement de la 11 consolidée. Notre proposition thérapeutique est la suivante :

  • greffe d’apposition, consolidation de 8 mois, Valplast en provisoire
  • 3D + empreinte optique Cerec + fusion + planification
  • fabrication d’un guide Cerec 2, réalisation d’une prothèse provisoire BioHPP sur Flexi-base Axiom Anthogyr (ref. OPFLEX403) avec guide Cerec 2.
  • chirurgie guidée et mise en charge immédiate d’une prothèse transvissée BioHPP.


À travers cette proposition thérapeutique, on voit que nous avons utilisé un ensemble de technologies de pointe au service du patient. Nous devons toujours avoir à l’esprit que, comme nous l’affirmons depuis toujours, la partie « implantologie » ne constitue qu’un petit maillon dans la chaîne du traitement.
La prothèse est l’élément conceptuel clé, les autres disciplines sont au service de cette dernière.
Nous intégrons le laboratoire de prothèses dès la première consultation dans notre stratégie thérapeutique.
La pose de l’implant par guidage est indispensable (cf. étude JOMI en cours de publication). L’étape de la prothèse provisoire est primordiale et doit être traitée comme la véritable finalité, la dent d’usage ne différera que par le matériau et l’occlusion. Ainsi nous travaillerons dans la sérénité.

Le choix d’une prothèse transvissée en BIOHPP

Pourquoi avoir choisi une prothèse en BioHPP Brédent transvissée sur Flexi- Base Axiom Anthogyr ?
Petit rappel sur ce nouveau matériel ; pas si nouveau car il est utilisé depuis 30 ans dans la chirurgie humaine reconstructrice du rachis, des doigts et de la hanche, pour ses propriétés. Il appartient à la famille des PEEK (polyétheréthercétone) céramisés. Ses principaux atouts sont :

  • élasticité comparable au tissu osseux
  • faible affinité à la plaque
  • aptitude au polissage
  • insolubilité dans H2O2, biocompatible
  • inaltérable au rayon gamma et radiotransparent
  • aucune action abrasive pour les dents antagonistes
  • se laisse revêtir de composite
  • produit médical de classe II a.


Distribué par Brédent Senden Germany Le patient présente une importante dépression avec une perte osseuse qui en l’état ne permet pas la pose d’un implant. Après un 3D nous programmons une reconstruction ROG avec un biomatériaux Biooss de Giestlich et membrane BioGide ; (Fig.1 et 2).


Les 3D avant et après ROG ainsi que la fusion de l’empreinte intra-orale et extra-orale sur le logiciel Galiléo implant ; (Fig.3 et 4).

La position de la bague de guidage est fonction de l’implant et du système de guidage, dans ce cas l’implant est un Axiom Reg Anthogyr 4×14 mm ; (Fig.5).

Fig.5 : La position de la bague de guidage est fonction de l’implant et du système de guidage, dans ce cas l’implant est un Axiom Reg Anthogyr 4 x 14 mm.

Cette planification est l’objet d’une discussion avec le laboratoire, en particulier sur le choix entre scellée et transvissée. À cet effet nous utilisons TeamViewer avec partage d’écran pour communiquer avec le laboratoire (Laboratoire Bienfait Francheville).

Guide de chirurgie

Le choix final est arrêté : transvissée en BioHPP. Nous pouvons transférer les datas sur notre Cerec pour dessiner et modéliser le guide de chirurgie Cerec 2 sur le soft Cerec 4.4 ; (Fig.6).

Fig.6 : Nous transférons les datas sur notre Cerec pour dessiner et modéliser le guide de chirurgie Cerec 2 sur le soft Cerec 4.4.

Cette étape est grandement facilitée par le logiciel très « Friendly User », convivial et intuitif. À noter que le guide peut également être modélisé par le laboratoire sur le logiciel Inlab15. L’usinage se fera sur une MCXL ou sur MCX5. Le temps d’usinage sur MCXL est de 45 minutes.
Le guide est prêt à être utilisé par le laboratoire pour créer un maître-modèle physique qui a été imprimé sur une imprimante 3D Projet HD 3500 à partir des datas envoyées par Connect et transformé en STL. Le maître-modèle est ajouré dans la zone implantaire. Le guide est placé sur le maître-modèle, avec le porte-implant relié à un analogue ; (Fig.7 et 8).


Une résine est injectée autour de l’analogue pour le bloquer dans la même position que le futur implant, l’indexation trilobée est à prendre en compte. Nous plaçons systématiquement le repère en vestibulaire. Ce repère sera marqué sur le guide avec une fraise boule de faible diamètre. Après durcissement de la résine le maître-modèle est prêt à être utilisé. Il est vraisemblable que d’ici quelques mois les marques d’implants vont offrir la possibilité de livrer les maîtres-modèles, ce qui évitera cette manipulation qui demande une grande précision et un laboratoire très performant et qui dispose d’une imprimante de qualité.
Le laboratoire élabore la dent en BioHPP sur une Flexi-base Axiom Anthogyr Opflex 403. Ce matériau demande soit à être pressé/injecté soit à être usiné. Dans notre cas le choix s’est porté sur pressé / injecté. L’implant Axiom étant indexé le laboratoire marquera l’indexation sur le guide.
C’est très important car au moment du vissage de l’implant il faudra arrêter l’insertion dans la bonne position. Le guide est essayé en bouche, le positionnement est contrôlé grâce aux fenestrations ; (Fig.9).

Fig.9 : Le guide est essayé en bouche, le positionnement est contrôlé grâce aux fenestrations.


Le système de chirurgie utilisé est l’Anthogyr Guiding System en association avec le contre-angle Mont Blanc Spécifique 10403X.
Un bistouri circulaire permet de marquer la gencive, pour réaliser une chirurgie sans lambeau ou dans ce cas avec un mini-lambeau ; (Fig.10 et 11).


Le foret initial est utilisé avec une cuillère spécifique. Les forets suivants comportent une bague-coulisseau puis l’implant est mis en place avec le guide Cerec2, ce qui garantit un parfait positionnement.
Un porte-implant spécifique est nécessaire pour garantir le bon positionnement vertical, axial et en rotation P / R à l’indexation ; (Fig.12 et 13).

La vis de laboratoire est retirée et remplacée par une vis DLC Axiom ; (Fig.14).

Fig.14 : La vis de laboratoire est retirée et remplacée par une vis DLC Axiom.


La prothèse est placée et vissée sur l’implant. Elle trouve sa parfaite position dans l’alignement des autres dents ; (Fig.15 et 16).

Si ce n’était pas le cas, il serait toujours possible à ce stade de torquer l’implant avec le mandrin manuel de quelques degrés pour trouver la position correcte. Un rouleau conjonctif est pratiqué pour aménager les tissus gingivaux ; (Fig.17). Les sutures sont réalisées avec du fil PTFE 4/0 Cytoplast.

Fig.17 : Un rouleau conjonctif est pratiqué pour aménager les tissus gingivaux.


Le contrôle occlusal valide la sous-occlusion ; (Fig.18). Dix jours après l’intervention les points vont être retirés.

Fig.18 : Les sutures sont réalisées avec du fil PTFE 4/0 Cytoplast. Le contrôle occlusal valide la sous-occlusion


On note l’absence d’inflammation autour des points, le lissage du rouleau conjonctif ; (Fig.19 et 20).

Le patient ne découvre pas, ce qui est en l’occurrence un avantage à l’origine de notre décision thérapeutique ; (Fig.21 à 23).

Il va rester entre 8 / 12 mois avec cette prothèse provisoire. Nous sommes convaincus par expérience, qu’à son retour dans notre cabinet, le patient évoquera de lui-même la possibilité de refaire l’ensemble des antérieures ; (Fig.24).

Fig.24 : Nous sommes convaincus par expérience, qu’à son retour dans notre cabinet, le patient évoquera de lui-même la possibilité de refaire l’ensemble des antérieures.

Il faut savoir suggérer sans imposer, Lao-Tseu ne disait-il pas : « Guider sans contraindre c’est la sagesse suprême ».