L’effet de la parallaxe sur la vision d’un site à implanter est variable selon le site. Cet effet ne peut être quantifié que quand l’implant est posé. Comment le contrer ? A main levée même encadrée, il n’existe aucune méthodologie pour contrer la parallaxe, sinon de prévoir un couloir de pose plus large qui intègre cette imprécision visuelle lors du geste.

Les logiciels de traitement des acquisitions tomographiques ont beaucoup évolué ces dernières années. La navigation 3D permet une analyse précise du volume osseux exploitable quel que soit l’axe du projet implantaire. La technique des correcteurs d’axe (1) (2) (3) (système Accurator) utilise la navigation 3D pour un contrôle des axes implantaires planifiés par forage sur le modèle en plâtre. Ces forages estimés sur modèle tiennent compte de la future prothèse et intègrent déjà les obstacles anatomiques visibles.

Le transfert de ces axes à l’image tomographique se fait par des tiges radio-opaques calibrées montées selon les axes sur un guide radiologique élaboré sur le modèle. L’analyse de ces axes par le logiciel de navigation 3D Accurator et la programmation d’une éventuelle correction d’axe se font sur l’image. La correction d’axe sera ensuite réalisée sur le modèle à l’aide du correcteur d’axe approprié parmi les 28 proposés dans la boîte Accurator. Le guide, radiologique dans un premier temps, devient chirurgical après sa finalisation (corrections d’axes). La technique Accurator permet, par ce guide simple, de transférer en chirurgie les axes implantaires planifiés ainsi que les profondeurs de forage. Les forages Ø2 mm et Ø3 mm seront guidés (tubes guides S) et optionnellement les Ø 3.4 à 3.6 mm (tubes guides L).

Ce guide unique radiologico-chirurgical présente beaucoup d’avantages :

* Il est simple à réaliser : façonné en résine bi-acrylique (ou en résine de laboratoire) conditionnée en cartouche auto-mélangeuse appliquée à l’aide d’un pistolet applicateur standard. Le temps de prise est de 3 minutes.

* Il est précis. En effet, la précision des guides uniques radiologico-chirurgicaux a été étudiée et interprétée (4). Cette précision (0,2 mm en translation et de 1,1 degré en rotation) s’explique par le fait que le guide est porté pendant l’acquisition tomographique : sa position est connue et sera la même lors de la chirurgie. La précision de ces guides (1.1° en moyenne) est nettement supérieure à celle des guides néo-créés à partir de l’imagerie (5) (6) (7) (8) (4.2° +/- 1,8° avec des extrêmes entre 2,3° et 11,5°).


Les auteurs (6) l’expliquent par le fait qu’un guide construit à partir des données d’une acquisition tomographique ne peut être qu’approximatif dans son positionnement en chirurgie. En effet, la respiration du patient suffit à créer une incertitude de 1 mm des données reconstruites (8) : la fiabilité du positionnement d’un guide « néo-créé » ne peut être que relative. De plus, aucune alerte sur l’image : les mouvements du patient pendant l’acquisition ne sont pas quantifiés par un repère calibré. A noter que ces auteurs (6) (8) s’accordent à penser qu’1 mm d’imprécision en implantologie suffit à faire basculer dans l’échec.
Le guide radiologico-chirurgical Accurator ne subit pas pour son positionnement les incertitudes liées aux éventuels mouvements du patient car il est porté pendant la phase radiologique. Sa position est connue et peut être contrôlée en amont de la phase radiologique. De plus, la technique permet une alerte sur l’ampleur du mouvement éventuel du patient par la présence des tiges radio-opaques calibrées sur l’image. En cas de mouvement > 1 mm, ces tiges calibrées cylindriques seront reconstruites avec un écho sur l’image. Dans ces cas, on s’adaptera lors de la planification à ce profil osseux reconstruit de manière approximative en toute connaissance de cause.

Cas clinique 1

Cas d’un patient de 65 ans édenté partiel mandibulaire ; (Fig.1). La pose de 5 implants est programmée (45, 46 et 34, 35, 36). L’analyse 3D de planification révèle que des corrections d’axes s’imposent sur trois sites mais que le volume osseux est suffisant pour rester dans le couloir prothétique. Dans ce cas favorable, les informations transférées en chirurgie par le guide permettent de simplifier son geste, de le sécuriser et d’appliquer un protocole minimalement invasif avec une précision et un pronostic de cicatrisation bien supérieurs aux poses à main levée encadrées réalisées avec des décollements périostés de repérage qui mettent momentanément l’os en souffrance. De plus, l’ergonomie lors du geste est optimisée.

La crête édentée sera traitée par la pose de 3 implants secteur 3 (34, 35, 36) et deux implants secteur 4 (45, 46) ; (Fig.1).

Fig.1 : La crête édentée sera traitée par la pose de 3 implants secteur 3 (34, 35, 36) et deux implants secteur 4 (45, 46).
Fig.1 : La crête édentée sera traitée par la pose de 3 implants secteur 3 (34, 35, 36) et deux implants secteur 4 (45, 46).

Prothèses transvissées prévues : bridge céramo-métallique transvissé 4 éléments sur 3 piliers secteur 3 et deux couronnes transvissées jumelées sur piliers secteur 4. Le guide unique est prêt pour la phase chirurgicale ; (Fig.2).

Fig.2 : Le guide unique est prêt pour la phase chirurgicale. A noter que 5 implants seront posés mais 6 sites ont été explorés pendant la phase tomographique. Le choix est de placer les 3 implants en zone 34, 35, 36 et un bridge céramométallique 4 éléments 34, 35, 36 + petite extension 37.
Fig.2 : Le guide unique est prêt pour la phase chirurgicale. A noter que 5 implants seront posés mais 6 sites ont été explorés pendant la phase tomographique. Le choix est de placer les 3 implants en zone 34, 35, 36 et un bridge céramométallique 4 éléments 34, 35, 36 + petite extension 37.

A noter que 5 implants seront posés mais 6 sites ont été explorés pendant la phase tomographique. Le choix est de placer les 3 implants en zone 34, 35, 36 et un bridge céramo-métallique 4 éléments 34, 35, 36 + petite extension 37.Les implants (Replace – NobelBiocare) et piliers définitifs pour prothèse transvissée sont posés (Multiunit – NobelBiocare) ; (Fig.3).

Fig.3 : Vue de la crête avant suture : les implants (Replace – NobelBiocare) et piliers définitifs pour prothèse transvissée sont posés (Multiunit – NobelBiocare). Incision sur la crête et décollement a minima.

L’incision sur la crête et le décollement a minima – protocole minimalement invasif – permettent des contrôles pendant le geste. Le guide peut être enlevé à tout moment pour un contrôle. La vue panoramique postopératoire ; (Fig.4) montre les axes planifiés par la technique, transférés en chirurgie efficacement à l’aide du guide.

Fig.4 : Vue panoramique postopératoire : les axes planifiés par la technique Accurator ont été transférés en chirurgie efficacement à l’aide du guide.

Le geste opératoire a été ainsi sécurisé, simplifié. La technique permet d’éviter l’incertitude liée à l’effet de la parallaxe des poses à main levée encadrées (7) (11,2 ° +/- 5,6° (4,1°- 25,3°). Un protocole minimalement invasif peut être réalisé avec sécurité. Il permet d’améliorer le pronostic de cicatrisation et réduit très nettement les douleurs postopératoires (9) (10).La facilité de mise en œuvre de la technique Accurator et son faible coût donnent la possibilité de l’appliquer dans tous les cas. Ce qui permet de gérer efficacement l’effet de la parallaxe. En effet, même dans les cas dits « faciles », les poses à main levée encadrées peuvent subir l’effet de la parallaxe. A noter que cet effet ne peut être évalué que quand l’implant est posé.

A main levée même encadrée, il n’existe aucune méthodologie pour contrer la parallaxe, si ce n’est de prévoir cette incertitude et donc projeter un couloir osseux de pose qui intègre cet aléa. La technique que nous utilisons permet de contrer efficacement les effets de la parallaxe et donc de supprimer ce couloir d’incertitude de pose. C’est donc une simplification des traitements qui est offerte par une meilleure exploitation de l’os disponible tout en appliquant un protocole minimalement invasif en toute sécurité. L’incision sur la crête, associée à un décollement a minima, se fait après pointage de la gencive, guide en place. A noter que des études récentes (9) (10) évaluent à 1 mm la perte d’os possible en cas d’exposition osseuse par décollement par rapport à une technique sans lambeau qui ne génère pas de perte d’os. Plus la crête se révèle fine à la lecture de la tomographie, plus le geste opératoire a besoin d’être cadré et précis. Les 28 corrections d’axe proposées permettent dans la grande majorité des cas le choix d’une solution pour exploiter précisément l’os disponible. Quand la crête se révèle difficile à exploiter par l’une des corrections proposées, la technique permet actuellement de réaliser une correction d’axe dite « sur mesure ». Ainsi, les crêtes les plus atypiques pourront être traitées avec un cadre opératoire toujours aussi précis.

Cas clinique n°2

Cas d’une patiente de 58 ans présentant un édentement sous-sinusien secteur 1 (15, 16, 17). Le projet de traitement est de placer 3 implants en zone 15, 16, 17. La première consultation (examen clinique et panoramique) permet d’évoquer avec la patiente les trois possibilités de traitement :

  1. Pose des implants associée à un comblement du bas fond sinusien par volet latéral
  2. Comblement par voie de forage – technique de Summers (11) (12) (13) le jour de la pose des implants
  3. Pose d’implants courts sans comblement sous-sinusien. La décision de traitement se fera après analyse de la tomographie 3D réalisée après planification.

La radio panoramique ; (Fig.5) indique qu’en zone 16, la hauteur osseuse disponible paraît être de 6 mm ; (Fig.5).

Fig.5 : Vue clinique de la crête gingivale. A ce stade, une empreinte est faite pour réaliser une planification.
Fig.5 : Vue clinique de la crête gingivale. A ce stade, une empreinte est faite pour réaliser une planification.

En zone 17, 4 à 5 mm. La tomographie sera effectuée avec un guide Accurator. A ce stade, une empreinte est faite pour réaliser une planification ; (Fig.6).

Fig.6 : Vue panoramique de la zone édentée : en zone 16, la hauteur osseuse disponible paraît être de 6 mm. En zone 17, 4 à 5 mm. La tomographie sera faite avec un guide Accurator.
Fig.6 : Vue panoramique de la zone édentée : en zone 16, la hauteur osseuse disponible paraît être de 6 mm. En zone 17, 4 à 5 mm. La tomographie sera faite avec un guide Accurator.

Les forages des trois sites à implanter (15, 16 et 17) sont faits sur le modèle en plâtre. Ils sont estimés en fonction des informations cliniques et de la radio panoramique ; (Fig.7).

Fig.7 : Vue du modèle et des forages estimés des trois sites à implanter (15, 16 et 17) en fonction des informations cliniques et de la radio panoramique.
Fig.7 : Vue du modèle et des forages estimés des trois sites à implanter (15, 16 et 17) en fonction des informations cliniques et de la radio panoramique.

Le guide est réalisé sur le modèle en résine bi-acrylique par cartouche auto- mélangeuse. Temps de prise 3 minutes ; (Fig.8).

Fig.8 : Vue du guide réalisé sur le modèle en résine bi-acrylique par cartouche auto-mélangeuse. Temps de prise 3 minutes.
Fig.8 : Vue du guide réalisé sur le modèle en résine bi-acrylique par cartouche auto-mélangeuse. Temps de prise 3 minutes.

Les tiges radio-opaques sont installées sur le guide pour l’acquisition tomographique ; (Fig.9).

Fig.9 : Les tiges radio-opaques sont installées sur le guide pour l’acquisition tomographique.
Fig.9 : Les tiges radio-opaques sont installées sur le guide pour l’acquisition tomographique.

Le logiciel Accurator permet de placer en zone 15 un implant sur l’image selon l’axe foré sur le modèle.

891011Fig.10 : Analyse de la zone 15 : le logiciel Accurator permet de placer un implant sur l’image selon l’axe foré sur le modèle. Ici, l’implant est en position trop palatine et trop proche de la 14. Une correction d’axe est décidée sur l’image.
891011Fig.10 : Analyse de la zone 15 : le logiciel Accurator permet de placer un implant sur l’image selon l’axe foré sur le modèle. Ici, l’implant est en position trop palatine et trop proche de la 14. Une correction d’axe est décidée sur l’image.

Ici ; (Fig.10) l’implant est en position trop palatine et trop proche de la 14. Une correction d’axe est décidée sur l’image. La correction d’axe choisie est 10° en direction vestibulaire et 1 mm vers le distal ; (Fig.11).

Fig.11 : La correction d’axe choisie est 10° en direction vestibulaire et 1 mm vers le distal. Ainsi, l’apex de l’implant Ø 3.6X10 mm sera placé en regard de la cloison de séparation de la fosse nasale et du sinus.
Fig.11 : La correction d’axe choisie est 10° en direction vestibulaire et 1 mm vers le distal. Ainsi, l’apex de l’implant Ø 3.6X10 mm sera placé en regard de la cloison de séparation de la fosse nasale et du sinus.

Ainsi, l’apex de l’implant Ø 3.6X10 mm sera placé en regard de la cloison de séparation de la fosse nasale et du sinus. En zone 16 : variante anatomique ; (Fig.12), la position du sinus (très vestibulé) impose une correction d’axe particulière pour que l’apex implantaire soit correctement positionné et n’effracte pas la fosse nasale.

Fig.12 : Zone 16, variante anatomique : la position du sinus (très vestibulé) impose une correction d’axe particulière pour que l’apex implantaire soit correctement positionné et n’effracte pas la fosse nasale.
Fig.12 : Zone 16, variante anatomique : la position du sinus (très vestibulé) impose une correction d’axe particulière pour que l’apex implantaire soit correctement positionné et n’effracte pas la fosse nasale.

La planification va permettre d’appliquer un protocole simplifié de type technique de Summers (11) (12) (13). Concernant la position décidée pour l’implant 16 : une correction d’axe « sur mesure » permet de planifier l’apex implantaire contre la paroi interne du sinus ; (Fig.13).

Fig.13 : Position décidée pour l’implant 16 : une correction d’axe « sur mesure » s’impose. Le logiciel élabore un fichier STL à partir de la position implantaire décidée.

Le logiciel élabore un fichier STL à partir de la position implantaire décidée. L’implant est planifié pour une émergence sinusienne avec un front d’ossification ciblé en palatin (paroi interne du sinus). Un comblement par voie de forage sera fait. En zone 17 : la position du sinus et de la crête (très vestibulés) imposent aussi une correction d’axe adaptée pour que l’implant utilise au mieux la hauteur crestale sous-sinusienne disponible ; (Fig.14).

Fig.14 : Zone 17 : la position du sinus et de la crête (très vestibulés) imposent aussi une correction d’axe adaptée pour que l’implant utilise au mieux la hauteur crestale sous-sinusienne disponible.
Fig.14 : Zone 17 : la position du sinus et de la crête (très vestibulés) imposent aussi une correction d’axe adaptée pour que l’implant utilise au mieux la hauteur crestale sous-sinusienne disponible.

Un comblement sera aussi à réaliser. Pour la position choisie pour l’implant 17 : un comblement par voie de forage volumineux sera nécessaire mais le sinus dans cette zone est favorable (très cuvelé) ; (Fig.15).

Fig.15 : Position choisie pour l’implant 17 : un comblement par voie de forage volumineux sera nécessaire mais le sinus dans cette zone est favorable (très cuvelé).
Fig.15 : Position choisie pour l’implant 17 : un comblement par voie de forage volumineux sera nécessaire mais le sinus dans cette zone est favorable (très cuvelé).

Le logiciel élabore un deuxième fichier STL pour la 17 à partir de la position implantaire déterminée. La technique de Summers est décidée, comme en zone 16. Les deux correcteurs d’axes « sur mesure » sont élaborés par usinage d’un matériau en résine (machine Imes- Icore Coritec 350i – Laboratoire Protechnic) ; (Fig.16).

14Fig.16 : Les deux correcteurs d’axes « sur mesure » sont élaborés par usinage d’un matériau en résine (machine Imes- Icore Coritec 350i - Laboratoire Protechnic).
Fig.16 : Les deux correcteurs d’axes « sur mesure » sont élaborés par usinage d’un matériau en résine (machine Imes- Icore Coritec 350i – Laboratoire Protechnic).

Les correcteurs ont un indexeur, rectangulaire en partie intermédiaire, qui sera enfoui dans le plâtre dans la direction indiquée par le logiciel. Les trois correcteurs d’axe sont positionnés sur le modèle tel qu’indiqué par le logiciel ; (Fig.17).

Fig.17 : Les trois correcteurs d’axe sont positionnés sur le modèle tel qu’indiqué par le logiciel.
Fig.17 : Les trois correcteurs d’axe sont positionnés sur le modèle tel qu’indiqué par le logiciel

Les tubes de laboratoire (noirs) et des nouvelles gaines sont installés sur les correcteurs d’axe usinés (16, 17) et standard (10° D et 1 mm pour la 15) ; (Fig.18).

Fig.18 : Les tubes de laboratoire (noirs) et de nouvelles gaines sont installés sur les correcteurs d’axe usinés (16, 17) et standard (10° D et 1 mm pour la 15).
Fig.18 : Les tubes de laboratoire (noirs) et de nouvelles gaines sont installés sur les correcteurs d’axe usinés (16, 17) et standard (10° D et 1 mm pour la 15).

Le guide est ainsi modifié en vue de la phase chirurgicale : solidarisation de nouvelles gaines dans la nouvelle position ; (Fig.19).

Fig.19 : Le guide est ainsi modifié en vue de la phase chirurgicale : solidarisation de nouvelles gaines dans la nouvelle position.
Fig.19 : Le guide est ainsi modifié en vue de la phase chirurgicale : solidarisation de nouvelles gaines dans la nouvelle position.

Le guide a été finalisé pour la phase chirurgicale ; (Fig.20).

Fig.20 : Phase chirurgicale. Le guide a été finalisé pour la phase chirurgicale. Il est décontaminé. Les premiers tubes de forage guidé stériles (Ø 2 mm) sont installés sur le guide à l’aide d’une pince gouge stérile.
Fig.20 : Phase chirurgicale. Le guide a été finalisé pour la phase chirurgicale. Il est décontaminé. Les premiers tubes de forage guidé stériles (Ø 2 mm) sont installés sur le guide à l’aide d’une pince gouge stérile.

Il est décontaminé. Les premiers tubes de forage guidé stériles (Ø 2 mm) sont installés sur le guide à l’aide d’une pince gouge stérile. Un pointage de la muqueuse se fait en utilisant le guide avant l’incision ; (Fig.21).

Fig.21 : Un pointage de la muqueuse se fait en utilisant le guide avant l’incision. Celle-ci réunira les trois points d’impact.
Fig.21 : Un pointage de la muqueuse se fait en utilisant le guide avant l’incision. Celle-ci réunira les trois points d’impact.

L’incision réunira les trois points d’impact. Les premiers forages guidés (Ø2 et Ø3 mm) sont réalisés jusqu’à l’approche de la corticale sous-sinusienne ; (Fig.22).

Fig.22 : Les premiers forages guidés (Ø2 et Ø3 mm) sont réalisés jusqu’à l’approche de la corticale sous-sinusienne. La profondeur de forage est recalculée sur l’image en soustrayant la longueur d’émergence des implants dans le sinus (16, 17).
Fig.22 : Les premiers forages guidés (Ø2 et Ø3 mm) sont réalisés jusqu’à l’approche de la corticale sous-sinusienne. La profondeur de forage est recalculée sur l’image en soustrayant la longueur d’émergence des implants dans le sinus (16, 17).

La profondeur de forage est recalculée sur l’image en soustrayant la longueur d’émergence des implants dans le sinus (16, 17). Ensuite les ostéo-tomes Ø 2.8 mm sont utilisés dans les tubes guides Ø3 mm pour effracter le sinus : technique de Summers (11) (12) (13). Une première partie du comblement sera fait. A ce stade de l’intervention, un contrôle peropératoire 3D est réalisé afin de voir comment s’exprime le comblement au niveau sous-sinusien. Nous appliquons cette technique (14) pour évaluer le volume et la répartition des comblements. La technique de Summers n’est donc plus totalement aveugle. C’est un concept d’installation (travelling) de la machine tomographique 3D que nous avons développé (11), permettant de réaliser des contrôles de greffon sans que le patient ne quitte le fauteuil opératoire. Le contrôle per-opératoire permet d’évaluer le volume du greffon et sa répartition : ici ; (Fig.23) en zone 16, le volume de comblement devra être légèrement augmenté.

Fig.23 : Le contrôle per-opératoire permet d’évaluer le volume du greffon et sa répartition : ici en zone 16, le volume de comblement devra être légèrement augmenté. Sa répartition est bonne. A noter que l’effraction sinusienne s’est faite de manière très précise tel que planifiée initialement (figure 13).
Fig.23 : Le contrôle per-opératoire permet d’évaluer le volume du greffon et sa répartition : ici en zone 16, le volume de comblement devra être légèrement augmenté. Sa répartition est bonne. A noter que l’effraction sinusienne s’est faite de manière très précise tel que planifiée initialement (figure 13).

Sa répartition est bonne. A noter que l’effraction sinusienne s’est faite de manière très précise tel que planifiée initialement ; (Fig.13).

A l’occasion du contrôle per-opératoire du site 17, le volume complémentaire de comblement est évalué afin qu’un remplissage se fasse en vestibulaire et en mésial ; (Fig.24).

Fig.24 : Contrôle per-opératoire du site 17 : le volume complémentaire de comblement est évalué afin qu’un remplissage se fasse en vestibulaire et en mésial.
Fig.24 : Contrôle per-opératoire du site 17 : le volume complémentaire de comblement est évalué afin qu’un remplissage se fasse en vestibulaire et en mésial.

Le contrôle per-opératoire sectoriel intéresse aussi le site 15 ; (Fig.25).

Fig.25 : Le contrôle per-opératoire sectoriel 3D intéresse aussi le site 15. Il permet de voir la précision de la planification Accurator et du transfert en chirurgie. Le projet initial était de placer l’apex implantaire en regard de la paroi osseuse entre la fosse nasale et le sinus (figure 11). Le forage Ø3 mm effectué, visible sur la vue per-opératoire, permet de certifier le projet initial avant la pose de l’implant.
Fig.25 : Le contrôle per-opératoire sectoriel 3D intéresse aussi le site 15. Il permet de voir la précision de la planification Accurator et du transfert en chirurgie. Le projet initial était de placer l’apex implantaire en regard de la paroi osseuse entre la fosse nasale et le sinus (figure 11). Le forage Ø3 mm effectué, visible sur la vue per-opératoire, permet de certifier le projet initial avant la pose de l’implant.

Il permet de voir la précision de la planification et du transfert en chirurgie. Le projet initial était de placer l’apex implantaire en regard de la paroi osseuse entre la fosse nasale et le sinus ; (Fig.11). Le forage Ø3 mm effectué, visible sur la vue per-opératoire, permet de certifier le projet initial. Les implants, piliers définitifs droits pour prothèse transvissée et capuchons de protection sont posés ; (Fig.26). Les sutures sont réalisées ; (Fig.27).

Le protocole appliqué minimise la phase de cicatrisation ; (Fig.28 et 29) tout en assurant une précision du geste.

Conclusion

La technique permet, quel que soit le profil de la crête osseuse, de transférer en chirurgie par le guide les informations suffisantes pour préciser et sécuriser son geste. Ainsi, la simplification du geste sera couplée en toute sécurité à un protocole minimalement invasif. Cette organisation préparatoire, nous l’appliquons à tous nos cas d’implants pour plusieurs raisons :

  1. Une ergonomie améliorée lors du geste
  2. Une prédictibilité de résultat pour les axes implantaires
  3. Une prédictibilité des axes de vissage de la future prothèse (unitaire ou plurale)
  4. Le choix et la pose des piliers définitifs le jour de la chirurgie pour une cicatrisation optimale
  5. Le minimalement invasif comme standard opératoire avec tous les avantages décrits
  6. La possibilité de travailler en de-mi-épaisseur lors de la pose des implants pour optimiser les tissus mous
  7. La possibilité, après la pose de l’implant, par un décollement en forme de sac, d’associer des reconstructions en volume par biomatériau avec un bon pronostic de cicatrisation

A la lecture de la tomographie, l’anatomie et le profil de la crête osseuse peuvent se révéler compliqués à exploiter (voir ci-dessus le cas clinique 2). Dans ces cas, l’intérêt de la planification est encore accru. Une correction au degré près s’impose dans certains cas. Le correcteur fichier STL élaboré par usinage ou impression 3D procure une correction adaptée aux cas difficiles et permet toujours d’appliquer des protocoles simplifiés. Dans le cadre de notre exercice implantaire, la systématisation de ce protocole révèle que :

  • 30 % des cas ne font pas l’objet d’une correction (dans la mesure où le forage planifié sur modèle est bien mené et tient compte déjà des impératifs anatomiques visibles)
  • Une correction est faite dans 70 % des cas
  • Une correction « sur mesure » fichier STL s’impose dans 5 % des cas.

La technique Accurator se révèle être, à notre sens, un outil particulièrement efficace pour améliorer le protocole opératoire en implantologie et simplifier les traitements. En outre, le stress du praticien inhérent aux incertitudes des poses à main levée même encadrées diminue très nettement.


Les auteurs

Dr Frédéric BOUSQUET

  • Exercice privé à Montpellier (34)
  • DU implantologie (Marseille)
  • Post graduate paro-implantologie (New York)

Jacques SCIE

  • Prothésiste dentaire
  • Laboratoire Protechnic à Castelnau-le-Lez (34)

Dr Philippe MERAT

  • Exercice privé à Paris
  • DUER d’odontologie (Paris)
  • DU gérontologie générale chirurgicale et implantaire
  • DU de prothèse complète
  • Co-fondateur iContinuum
  • Co-fondateur Scala+

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