L’aéropolissage est une pro­cédure absolument indis­pensable dans le traite­ment de décontamination de la cavité buccale et la base de toute thérapie dentaire en phase de préven­tion primaire, secondaire et tertiaire. Il s’avère par ailleurs efficace dans l’en­tretien hygiénique professionnel des implants et des prothèses dentaires. La technique du dispositif d’aéropolissage semble offrir une modalité facile d’utili­sation pour l’élimination du biofilm chez les patients atteints d’une parodontite et d’une péri-implantite. L’aéropolissage a été introduit en odon­tologie en 1945, en uti­lisant des particules d’oxyde d’alumi­nium pour la prépa­ration des cavités.

Le biofilm micro­bien joue un rôle fondamental dans le départ et la pro­gression des infec­tions des pathologies carieuses et paro­dontales. Les maladies parodontales et la carie dentaire sont des pathologies infec­tieuses et transmissibles, déterminées par des micro-organismes pathogènes présents dans les biofilms microbiens. Le dépôt d’un biofilm bactérien, étiolo­gie des pathologies de la cavité buccale, préfère des points anatomiques diffici­lement atteignables lors des pratiques d’hygiène bucco-dentaire à domicile, comme par exemple les zones sous les prothèses fixes. L’inflammation due à la plaque bactérienne cause la perte d’at­tache gingivale.

L’hygiène à domicile, pour un contrôle efficace de la plaque dentaire, sur­tout dans des zones difficilement attei­gnables (comme les espaces interdentaires), doit être considérée et transmise au pa­tient comme absolument nécessaire pour garantir la santé des tissus de la ca­vité buccale et le maintien des thérapies de réhabilitation.

Poudres de prophylaxie

Pour le traitement et l’entretien des sites implantaires, il est nécessaire de choisir un traitement efficace et mini-invasif, qui puisse être mieux accepté par le pa­tient et perçu par le professionnel comme une solution ergono­mique et sûre pour les structures im­plantaires(titane et matériel pour pro­thèses). Il est très intéressant d’uti­liser des poudres de prophylaxie, et plus particulièrement la glycine et les inserts pour ultrasons non invasifs, comme par exemple l’in­sert ICS Mectron avec embout IC1 en Peek(matière plastique, biocompatible).

La poudre de glycine fait partie des acides aminés non essentiels. La subs­tance est inodore, incolore et hautement soluble dans l’eau. Avec une très faible toxicité, elle n’est pas allergène malgré son goût léger et sucré. Par ailleurs, on considère que la glycine peut avoir un effet anti-inflammatoire, immunomo­dulateur et cytoprotecteur dans diffé­rentes approches thérapeutiques. Bien que le mécanisme exact ne soit pas tota­lement compris, l’application de glycine peut causer la suppression du calcium récepteur et l’inhibition de l’activation des cellules inflammatoires. En outre, la glycine peut diminuer la formation de radicaux libres en inhibant l’activation des macrophages. La substance même semble être très adaptée pour un usage intrabuccal ; (Fig.6). L’insert ICS avec embout IC1 offre un nettoyage délicat et le respect maximum de la surface de l’implant. L’embout se visse facilement sur l’insert de base. La longueur opéra­tionnelle de 10mm et la courbure spé­ciale de l’insert de base permettent une accessibilité et une visibilité optimales, même dans les zones postérieures.

Fig.6 : La glycine semble être très adaptée pour un usage intrabuccal.

La technologie Combi touch, utilisée dans le cas clinique décrit ci-après, re­présente une approche intéressante du traitement des sites implantaires. Elle réunit en un seul appareil un détar­treur piézoélectrique à fonctions multi­ples et un aéropolisseur, pour un traite­ment prophylactique complet, supra et sous-gingival. La partie détartreur per­met de réaliser un détartrage ultra dé­licat grâce à la fonction « soft mode », en plus de garantir des performances optimales en dentisterie prothétique et conservatrice. La partie aéropolis­seur permet d’utiliser les deux types de poudres (bicarbonate de sodium et glycine) selon le type de traitement que l’on sou­haite exécuter. L’avantage est la possi­bilité de gérer d’un seul clic les deux poudres sur le même patient.

Cas clinique

Un homme de 55 ans se fait soigner au cabinet depuis plusieurs années. Après de nombreuses tentatives de rappels et de contrôles, le patient se présente pour un détartrage ; (Fig.1, 2, 3).

L’état dentaire du patient se com­pose d’une prothèse totale de type to­rontobridge provisoire inférieure sur des implants et d’une prothèse circulaire supérieure provisoire maintenue sur des implants.

On déduit de l’examen objectif une rougeur manifeste au niveau de la plu­part des implants dentaires, avec une présence élevée de biofilm bactérien, de plaque et de tartre. On constate un état d’entartrage notable, surtout au niveau de l’arcade inférieure. Il est dé­cidé de démonter la prothèse inférieure pour permettre d’éliminer efficacement tous les dépôts mous et durs ; (Fig.4).

Fig.4 : Il est décidé de démonter la prothèse inférieure pour permettre d’éliminer efficacement tous les dépôts mous et durs.

On entreprend donc un détartrage en utilisant :

  • de la poudre de glycine pour traiter les im­plants ; (Fig.5),
  • une ablation par ultrasons avec insert en Peek pour retirer les dépôts durs des implants,
  • une nouvelle utilisation de glycine pour éliminer d’autres dépôts mous éventuels et pour la finition.
Fig.5 : On entreprend un détartrage en utilisant de la poudre de glycine pour traiter les implants.

Ce type de traitement est réalisé sur cha­cune des arcades ; (Fig.7). On constate que la buse à 120° avec poudre de gly­cine, grâce à l’angle particulier, faci­lite le « deplaquing », même dans les cas où l’opérateur rencontre des difficultés dues à des structures anatomiques particulières des tissus mous et du position­nement d’implants ou de prothèses dans des zones difficiles d’accès.

Fig.7 : Ce type de traitement est réalisé sur chacune des arcades.

On entreprend ensuite un détartrage à l’extérieur de la bouche du patient, en éliminant le tartre et la plaque dentaire sur le toronto bridge grâce à l’utilisation de poudre de glycine et de bicarbonate ; (Fig.8).

Fig.8 : On élimine ensuite le tartre et la plaque dentaire sur le toronto bridge grâce à l’utilisation de poudre de glycine et de bicarbonate.

Nous rappelons en effet que la glycine n’est pas abrasive et qu’elle n’endom­mage pas les prothèses, qu’elles soient fixes ou mobiles. Nous motivons à nou­veau le patient quant à l’hygiène buc­co-dentaire à domicile et expliquons l’importance du contrôle clinique pé­riodique et des rappels d’hygiène pour le maintien de sa santé bucco-dentaire.

La bonne utilisation des instruments d’hygiène bucco-dentaire à domicile est illustrée au patient. Dans ce cas, elle est réalisée avec une brosse à dents à tech­nologie sonique, brossette et hydropul­seur. Tous ces moyens permettent de nettoyer efficacement et de manière peu traumatisante les espaces inter­proximaux difficiles d’accès comme dans notre cas. Pour le contrôle chimique de la plaque, il est conseillé d’utiliser deux fois par jour un collutoire à base de chlorhexi­dine 0,12% pendant sept jours.

Le contrôle effectué après deux semaines met en évidence une amélioration signi­ficative des indices cliniques. Après cela, une thérapie d’entretien professionnel est mise en place tous les deux mois avec utilisation de glycine et buse en Peek.

Conclusions

Cette technologie a permis de trai­ter efficacement ce cas complexe de réhabilitation implantaire. Il est pos­sible d’utiliser différentes typologies de poudres selon les exigences, avec l’avan­tage de travailler de manière ergono­mique, en atteignant facilement tous les sites. Par ailleurs, la buse en Peek pour la partie à ultrasons s’avère optimale et non invasive pour l’élimination et la dé­sagrégation du biofilm. Le grand avan­tage est de disposer d’un outil complet et mini-invasif, même dans des situations critiques en parodontologie et hygiène bucco-dentaire.