Qu’il s’agisse de constructions fixes ou de structures à visée stabilisatrice
pour prothèses amovibles [1], les premières conceptions prothétiques en implantologie ostéointégrée relevaient uniquement de la prothèse vissée. Les prothèses scellées n’ont pourtant pas tardé à émerger au sein de notre arsenal thérapeutique, avec l’avantage non négligeable de reproduire un protocole proche de celui plus conventionnel des prothèses fixes...

dento-portées.

Aujourd’hui encore, ces procédures font débat en termes de commodité, de faisabilité, d’efficacité et de pérennité [2, 3].

Pour ma part, je revendique depuis longtemps ma préférence envers les prothèses transvissées, d’autant que les situations qui nous obligeaient jadis à recourir à des faux-moignons transvissés (pour cause de rattrapage d’axes notamment) ont trouvé des issues plus élégantes via les progrès techniques et technologiques en la matière [4].

Les prothèses mixtes dento-implanto-portées

J’attire maintenant l’attention sur des cas de figure où la décision stratégique est encore plus délicate : il s’agit des situations de prothèses fixées combinant des supports dentaires et implantaires, à savoir les prothèses mixtes dento-implanto-portées. Ces cas cliniques relèvent d’une double complexité.

  1. Les prothèses fixes dento-implanto-portées sont dénigrées a priori par un grand nombre de praticiens restés figés sur un dogme historique mais tenace affirmant l’incompatibilité d’assemblage entre deux entités (dent et implant) réputées non équivalentes en termes de mobilité physiologique et de relation au support osseux commun sous-jacent.
  2. Comment justifier la compatibilité de telles prothèses avec la préférence (telle que je la proclame) pour les prothèses vissées plutôt que scellées ?

    Il est assez facile de répondre à la première objection ci-dessus en renvoyant simplement le lecteur à la revue de littérature publiée en 2016 [5], ainsi qu’au dernier article de synthèse que j’ai publié en 2017 [6]. Ma conviction est confortée par mon expérience clinique pour affirmer depuis longtemps avec d’autres auteurs [7, 8] qu’il n’est pas plus incongru de relier des implants ostéointégrés avec des dents physiologiquement conservables (mobilité inférieure ou égale à 2) que de relier entre elles des dents naturelles à mobilités variables dans le cadre de bridges (qui supposent donc aussi des pontiques sans support du tout) ; ces liaisons entre dents naturelles sont acceptées et volontiers mises en œuvre par la profession… Parce que faisant partie d’un cursus d’apprentissage conventionnel bien antérieur à celui de l’implantologie ostéointégrée [9]. Rajoutons à cela que nombre de « sachants-enseignants » n’hésitent pas pour autant à prôner la mixité des supports prothétiques… Dans le cadre de prothèses amovibles [10] !… Alors que la littérature scientifique rapporte beaucoup plus de complications, d’échecs et de conséquences délétères dans ce domaine [11].

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