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Frein labial : quand et pourquoi opter pour la frénectomie ?

Frein labial d'un enfant

Certaines publications questionnent la pertinence systématique de la freinectomie labiale, notamment chez le nourrisson. On fait le point.

Le frein labial, cette bande de tissu conjonctif reliant la lèvre à la gencive, est une structure anatomique normale présente chez tous les individus. Pourtant, sa section fait aujourd’hui l’objet de publications récentes qui invitent à revoir certaines pratiques.

Frein labial : une absence d’indication scientifique pour la section précoce

Le frein labial, qu’il soit supérieur ou inférieur, ne nécessite pas d’intervention en l’absence de motif médical. Aucune preuve scientifique solide ne démontre qu’une section du frein labial supérieur chez le nourrisson prévienne l’apparition d’un diastème inter-incisif ; cet espacement se résorbe d’ailleurs fréquemment de lui-même lors de l’éruption des dents permanentes, ce qui limite l’intérêt d’une section précoce. Or, la freinectomie labiale, comme toute intervention chirurgicale, comporte des risques : infection, saignement, récidive par cicatrisation, ainsi qu’un retentissement psychologique possible chez l’enfant lorsque le geste est réalisé pour un motif non médical¹.

Ce constat s’inscrit dans un contexte plus large. Ces interventions ont augmenté ces dernières années, une tendance qui a conduit l’Académie de médecine française à se positionner sur l’encadrement de la frénotomie linguale et labiale chez le nouveau-né et le nourrisson¹.

Freinectomie : des indications qui demeurent, mais mieux encadrées

Ce rappel ne remet pas en cause la freinectomie labiale dans son ensemble, mais en resserre les indications. Une inflammation du frein labial, une insertion générant une tension gingivale, une gêne fonctionnelle avérée (phonation, hygiène bucco-dentaire, port de prothèse) ou une infection récidivante du frein labial restent des motifs cliniquement reconnus.

Comment se passe une freinectomie labiale ?

L’intervention débute par une évaluation clinique du frein au niveau du vestibule dentaire, afin de confirmer l’indication. Après anesthésie locale, le frein est sectionné puis la zone est suturée ou laissée en cicatrisation dirigée selon la technique utilisée. Un suivi post-opératoire est ensuite mis en place pour surveiller la cicatrisation et limiter le risque de récidive par bride fibreuse.

Laser ou bistouri : ce que montrent les essais cliniques

Une étude randomisée contrôlée publiée en 2024 a comparé, sur 174 patients répartis en trois groupes de 58, la freinectomie labiale supérieure réalisée au laser diode (longueurs d’onde de 445 nm et 980 nm) à la technique conventionnelle au bistouri². Les résultats montrent un saignement peropératoire, une gêne à la mastication et à la parole ainsi qu’une douleur postopératoire significativement réduits dans les deux groupes laser par rapport au bistouri, avec un avantage plus marqué pour la longueur d’onde de 445 nm, notamment sur la vitesse de cicatrisation à 7 et 30 jours². Ces résultats confortent les données déjà rapportées par d’autres essais cliniques sur le sujet, qui convergent vers un bénéfice du laser diode en matière de confort peropératoire et de suites postopératoires, sans toutefois modifier les indications de l’intervention elle-même.

Freinectomie labiale : ce que cela implique pour la pratique

En cas de doute sur un frein labial ou lingual, une évaluation clinique préalable reste recommandée avant toute décision d’intervention, afin d’écarter les gestes non justifiés médicalement. Une précaution qui s’applique en priorité aux demandes visant le frein labial supérieur chez le bébé, lorsqu’elles sont motivées par un simple espacement des incisives sans autre symptôme associé. Le choix de la technique opératoire, laser ou bistouri, peut ensuite être discuté au cas par cas selon le confort recherché pour le patient.

Sources : 

  1. Frein de langue et des lèvres chez les bébés et les enfants (HUG) : https://enfants-ados.hug.ch/chirurgie-plastique-pediatrique/frein-langue-levres
  2. Maxillary labial frenectomy: a randomized, controlled comparative study of two blue (445 nm) and infrared (980 nm) diode lasers versus surgical scalpel (Sobouti et al., BMC Oral Health) : https://bmcoralhealth.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12903-024-04364-w

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