On me demande souvent s’il existe des situations cliniques où je privilégierais systématiquement la zircone plutôt que le titane, ou l’inverse. Certains cas se prêtent naturellement mieux aux implants en zircone, d’autres aux implants en titane. Toutefois, choisir le titane pour une indication donnée ne signifie pas que la zircone aurait été impossible.
Les implants en zircone s’inscrivent parfaitement dans une approche de dentisterie holistique, séduisant des patients soucieux de l’esthétique et à la recherche d’alternatives sans allergènes. Pour ma part, je soigne les patients non holistiques avec ce type d’implants, et ce depuis plus de 13 ans.
La question de la zircone reste un sujet brûlant depuis de nombreuses années. Le gros souci est de savoir comment cadrer la position des implants zircone dans la pratique actuelle, tant au niveau de l’indication qu’au niveau des protocoles. A l’époque j’étais suffisamment confiant pour me lancer mais, sans avoir de données cliniques sur le long terme, présenter mes cas cliniques n’aurait fait que me placer sous les projecteurs sans apporter quoi que ce soit de concret, et encore moins la certitude que la zircone a véritablement sa place en implantologie.
Aujourd’hui, je peux avec grande assurance faire part du fait que la zircone donne d’excellents résultats. Des années de travail ont permis de simplifier mes protocoles qui sont désormais stables et facilement reproductibles. Les travaux pratiques du 16 Septembre constituent dès lors une occasion idéale d’ouvrir l’esprit des participants au potentiel des implants en zircone.
Quant à la formation en cabinet le 25 septembre, mon ambition est d’offrir une véritable structure dotée de protocoles solides qui fonctionnent réellement sur le long terme et s’intègrent facilement dans la pratique quotidienne.
Quels conseils donneriez-vous face au risque de péri-implantite lors de l’utilisation d’implants en titane ou en zircone ?
La péri-implantite reste un gros problème, quel que soit le matériau choisi. Pour minimiser le risque de péri-implantite, une bonne prise en charge de l’état parodontal autour de l’implant est le facteur déterminant pour pérenniser nos traitements. Remplacer le titane par de la zircone ne modifie qu’un seul paramètre et ne signifie pas que les patients ne seront plus sujets à la péri-implantite. Nous avons sérieusement travaillé sur nos protocoles pour gérer ce risque, que ce soit sur les cas de sites cicatrisés ou de sites en extraction-implantation immédiate.
La zircone va nous permettre d’avoir une réponse biologique qui va être meilleure avec une gencive plus étanche autour de l’implant. J’affectionne tout particulièrement l’implant zircone monobloc (une pièce) qui est une architecture qu’on ne touche plus une fois l’implant posé et qui, par sa configuration, élimine la jonction transgingivale et réduit l’infiltration bactérienne et risque d’inflammation péri-implantaire. La gencive s’attache plus facilement et de façon plus hermétique. J’utilise généralement l’expression « fermer la boîte » pour décrire ce procédé.
Avec un implant titane, la cicatrisation part sur le principe d’une ostéointégration qui va aboutir à une jonction solide et pérenne. Au niveau de la gencive en revanche, celle-ci sera moins bien attachée et de moins bonne qualité. Chaque nouvelle manipulation, qu’il s’agisse d’une prise d’empreinte, réglages divers ou changement de pilier de cicatrisation peuvent endommager les tissus et risquer une nouvelle colonisation bactérienne.
On parle souvent de risque de fracture avec la zircone, celle-ci est-elle fondée ?
Nous ne devons pas nous laisser aveugler par les arguments commerciaux de certains et croire que le risque de fracture des implants dentaires n’existe pas, quel que soit le matériau de l’implant. En revanche, il existe aujourd’hui de solides arguments en faveur de la zircone, contrairement à certains aprioris lies aux fractures des années 1960 : la qualité de fabrication a fait des progrès spectaculaires, la science des matériaux a atteint une certaine maturité, les données cliniques à long terme s’accumulent.
Avec des implants de qualité, compressés et enrichis à l’yttrium, le risque de fracture est considérablement réduit. Le fabricant bredent se distingue par le fait qu’ils utilisent le procédé de fabrication appelé compression isostatique à chaud (HIP) depuis déjà deux décennies qu’ils avaient initialement réservé pour des matériaux de laboratoire et qu’ils utilisent depuis maintenant de longues années pour la fabrication de ses implants en zircone.
Ce procédé implique l’application simultanée de chaleur (1 000 à 1 500 °C) et d’une pression extrêmement élevée (100 à 200 MPa) afin de réduire la porosité, augmenter la densité et améliorer encore davantage l’intégrité structurelle, la durabilité et la résistance du matériau céramique. À titre de comparaison, les implants en titane de grade 4 présentent une résistance d’environ 600 MPa; les implants en zircone traités par compression isostatique à chaud présentent une résistance supérieure de 1400 MPa.
La zircone, tout particulièrement le poly cristal de zircone tétragonale stabilisée à l’yttria (Y-TZP) présente des caractéristiques uniques qui modifient la direction de fissures et stoppe leur propagation. Des études portant sur le vieillissement artificiel accéléré indiquent que, pour les implants en zircone de qualité, la dégradation correspondant à une période de 20 ans est pratiquement inexistante. Le fait que le monobloc soit constitué d’une seule pièce offre aussi une structure plus solide.
Pour ma part, je n’ai eu aucune fracture ces dix dernières années avec les implants monoblocs et ai posé avec succès plus de 1 000 implants en zircone monobloc. Il me fallait simplement du recul pour pouvoir communiquer sur le sujet avec assurance.
Comment avez-vous évolué au fil des années avec la zircone ?
Il faut bien entendu comprendre que la courbe d’apprentissage est différente pour la zircone, même si les concepts de base sont plus ou moins similaires.
Avec un implant titane, on peut se permettre d’être, entre guillemets, un peu laxiste sur certains détails lors de la planification et pendant la chirurgie car ceux-ci peuvent être rattrapés avec les éléments de prothèse. Ce n’est pas le cas avec la zircone où il faut intégrer la prothèse dès la première étape avant la chirurgie. Lorsqu’il s’agit d’un implant monobloc, le fait qu’il soit doté d’un pilier droit intégré et d’un col qui va avoir une donnée fixe nous amène aussi à changer notre protocole et nos planifications de chirurgie.
La façon dont j’ai procédé pendant plusieurs années a consisté à choisir, pour chaque cas clinique, une marque d’implants adaptée à mes besoins immédiats (comme le col concave, une partie transgingivale plus haute, un col transmuqueux convexe, un corps très conique etc). Je me suis au final rapproché de la société bredent qui proposait un seul système avec deux modèles d’implants zircone et qui répondaient parfaitement à toutes mes exigences cliniques.
La concavité du col des implants titanes copaSKY et implants zircones whiteSKY (Tissue Line) permettent une meilleure stabilité au niveau des tissus en évitant des surcompressions qui pourraient créer une inflammation au niveau de l’os et engendrer une perte de l’os. L’attache plus étanche apporte une barrière bactérienne vraiment plus efficace.
À noter que la longueur minimale de WhiteSKY est de 8 mm, tandis que celle de l’implant CopaSKY est inférieure à 6 mm, ce qui élargit théoriquement ses indications. En pratique, le choix du matériau dépend surtout de la hauteur prothétique. Dans les cas atrophiques, lorsque la résorption osseuse impose une dent plus longue, j’aurais tendance à m’orienter davantage vers un implant en titane, qui offre plus de possibilités au niveau de l’accastillage prothétique.
Pour moi, l’implant CopaSKY incarne l’implant moderne, tant par son design que par sa macrostructure et sa connexion. Ses bords biseautés permettent à l’os de recouvrir l’implant, tandis que sa connexion extrêmement étanche et ses piliers concaves préservent l’espace nécessaire aux tissus mous, avec l’avantage supplémentaire d’un titane 100 % grade 4.
Êtes-vous désormais confiant dans vos protocoles et choix d’implants ?
L’idée était vraiment d’éliminer toutes les zones de flou, que ce soit du côté chirurgie que du côté prothèses et faire en sorte que les protocoles soient reproductibles et facilement transposables. Je pense effectivement avoir atteint cet objectif.
Pour la mise en place de la prothèse provisoire, tout est maintenant protocolisé en fonction de la situation clinique et situation esthétique. Je peux utiliser des dents préfabriquées et les modifier, préparer une provisoire en amont, faire une empreinte juste après la chirurgie, ou utiliser l’ancienne dent du patient pour la remodifier. La prothèse sur implant zircone paraissait très compliquée pour nos correspondants car elle était différente des implants titane. Il fallait absolument qu’on puisse tout protocoliser pour enlever cette peur de l’inconnu et la rendre accessible, reproductible et facile.
Le profil d’émergence rentre dans ces mêmes protocoles que la prothèse provisoire ou définitive. C’est quelque chose qui va nous guider dans la cicatrisation et qui va simplifier le travail du dentiste correspondant qui va fabriquer la prothèse.
Concernant la marque d’implants, bredent me convient tout à fait car je peux utiliser la même trousse de chirurgie pour tout, quelle que soit la situation clinique. L’entreprise familiale nous implique aussi beaucoup au niveau du design et de leurs activités de Recherche & Développement. La communauté WhatsApp nous aide à échanger des informations sur nos protocoles respectifs et à tirer davantage d’enseignements les uns des autres.
Je vous invite donc à me rejoindre le 16 septembre aux « Entretiens de Garancière » et le 25 Septembre à mon cabinet pour en savoir plus !











