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Planification implantaire intelligente : interview du Dr Estelle Demes

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Le Dr Estelle Demes (Bredent) partage sa vision de la planification implantaire intelligente : chirurgie guidée statique, navigation, IA et système CopaSKY, à l’occasion de ses événements de Bordeaux et de l’AFI Paris en octobre.

Le Dr Estelle Demes interviendra sur la chirurgie guidée lors d’une soirée d’information à Bordeaux, le 1er octobre, puis d’un atelier à l’AFI Paris, les 8 et 9 octobre. Dans cet entretien avec Dentaire365, elle partage sa vision de la planification implantaire intelligente.

Y a-t-il un véritable intérêt clinique à la chirurgie guidée ?

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La chirurgie guidée n’a rien d’un gadget technologique : elle permet de gagner en précision et simplifie surtout la prise en charge prothétique. Elle rend la pose implantaire plus prévisible et reproductible d’un patient à l’autre. « En chirurgie à main levée, une déviation angulaire moyenne de 7 à 8° peut avoir un impact clinique important, notamment pour la zone antérieure maxillaire ou mandibulaire », explique le Dr Demès. La chirurgie guidée sécurise le praticien en réduisant les écarts entre la planification et la pose, qu’il s’agisse de l’angulation, de la profondeur ou du positionnement mêmésio-distal. Même si cette approche demande davantage de préparation préopératoire, elle permet de gagner du temps au bloc. « À mesure que nous acquérons de l’expérience, notre planification devient plus performante et plus rapide. »

Qui devrait assister à la soirée de Bordeaux et à l’atelier de l’AFI Paris, et pourquoi ?

La soirée de Bordeaux, le 1er octobre, s’adresse aux praticiens qui n’intègrent pas encore la chirurgie guidée statique dans leur pratique quotidienne et souhaitent découvrir comment l’adopter au cabinet. En quatre heures, ils pourront se familiariser avec le système proposé par la société allemande Bredent, suivre l’ensemble du flux numérique, planifier un cas sur le logiciel SKY Pro Guide, concevoir leur guide chirurgical et réaliser une pose guidée sur modèle. Le Dr Demes sera accompagnée du prothésiste Jean-Rémi Barrière, qui présentera l’intérêt de la photogrammétrie lors des empreintes numériques sur implants. Une immersion totale dans le flux numérique, en somme.

L’atelier de Paris, « Guidage statique ou dynamique : vers quel système dois-je m’orienter ? », s’inscrit dans le cadre du congrès annuel de l’Association Française d’Implantologie (AFI), les 8 et 9 octobre. Pendant 1h15, le Dr Demes comparera la chirurgie guidée statique et la chirurgie guidée dynamique, et abordera leurs différences en termes de précision, d’intégration au cabinet, de protocole et de mise en œuvre pré- et peropératoire. Cet atelier s’adresse aux praticiens qui maîtrisent déjà les bases de la chirurgie guidée statique et souhaitent découvrir les apports de la navigation. Bredent ne propose pas de système de chirurgie guidée dynamique à proprement parler, mais sa trousse de chirurgie à main levée peut être utilisée dans ce contexte, à condition de disposer d’un système de navigation au cabinet.

Les systèmes de guidage statiques et dynamiques ont-ils évolué au cours des cinq dernières années ?

Depuis son apparition dans les années 1990, le guidage statique n’a cessé de progresser : ses performances s’améliorent d’année en année. Les guides offrent une meilleure rétention, sont plus ouverts pour faciliter l’irrigation, et les armatures en titane des guides à étages renforcent la rigidité de l’ensemble tout en améliorant la précision d’un implant à l’autre. De plus en plus de praticiens se forment également à la conception de leurs propres guides, ce qui permet de mieux identifier les limites du guidage statique afin de les corriger plus efficacement.

La chirurgie guidée dynamique, elle, est apparue dans les années 2000, mais est longtemps restée inaccessible en raison de son coût et de la complexité de son installation. Elle s’est à nouveau développée à partir de 2010, avec une accélération marquée ces cinq dernières années. Selon le Dr Demès, l’intégration de l’intelligence artificielle dans les deux systèmes constitue l’une des avancées majeures : elle fait gagner un temps précieux au praticien, et améliore l’ergonomie.

Faut-il choisir entre chirurgie guidée statique et navigation, ou peut-on alterner entre les deux ?

« Dans ma pratique, je considère la chirurgie statique et la navigation comme deux outils complémentaires », indique le Dr Demès. Le guidage statique reste particulièrement pertinent pour les cas standardisés, sectoriels ou les mises en charge avec des implants droits, lorsque l’accès chirurgical est favorable. Il impose en revanche certaines contraintes d’angulation : les forets, plus longs, doivent passer dans les douilles avant d’atteindre l’os, ce qui peut être limité par l’ouverture buccale du patient. Le guidage dynamique offre davantage de liberté ; le Dr Demes l’utilise notamment pour les mises en charge immédiates dans les édentations totales, lorsqu’il est nécessaire de rechercher des angulations importantes, car il permet d’adapter la position ou l’axe implantaire pendant l’intervention — un atout précieux dans les chirurgies complexes.

Des contraintes financières peuvent-elles influencer le choix des systèmes de guidage, indépendamment des considérations cliniques ?

L’investissement initial en guidage dynamique est plus important qu’en guidage statique. Dans un cabinet de groupe réunissant deux ou trois chirurgiens, la démarche consiste souvent à commencer par la chirurgie guidée statique : plutôt que de confier toute la logistique des guides aux prothésistes, le cabinet peut investir dans une imprimante 3D afin de les produire en interne. L’investissement dans le guidage dynamique vient ensuite, car il représente une véritable aide chirurgicale et, à terme, une évolution majeure de la pratique. Pour un praticien exerçant seul, il est plus difficile d’investir dans les deux systèmes, l’amortissement étant plus complexe. Cependant, le choix ne doit pas se substituer à l’analyse clinique du cas, mais il peut influencer le rythme et l’ordre des investissements

Peut-on réellement parler de planification implantaire intelligente ?

« Aujourd’hui, on peut effectivement parler de planification intelligente, car elle associe dans un même flux numérique l’imagerie 3D, l’empreinte optique et les outils d’aide à la décision prothétique », affirme le Dr Demes. Dans sa pratique, elle utilise le logiciel SKY Pro Guide de Bredent pour la chirurgie guidée statique et le logiciel Navident pour la chirurgie dynamique, tous deux intégrant des fonctionnalités d’intelligence artificielle. Ces outils font gagner un temps précieux lors d’étapes préopératoires souvent chronophages, comme le tracé de la courbe panoramique ou du nerf, désormais largement automatisé — même si une vérification clinique systématique reste de mise. Ils permettent également de réaliser des wax-up unitaires ou sectorielles, directement dans le logiciel.

Le rôle du prothésiste reste malgré tout essentiel : dès que le wax-up concerne plus de deux dents, je fais systématiquement appel à lui pour réaliser ce travail que j’intègre ensuite dans mon logiciel de planification.

Quelle technique de mise en charge immédiate en chirurgie guidée utilisez-vous ?

Le guidage statique peut être utilisé lorsque l’on souhaite préparer la prothèse provisoire en amont. Pour les réhabilitations complètes, le Dr Demes a toutefois très souvent recours à la chirurgie guidée dynamique, car elle privilégie, lorsque la situation clinique le permet, des solutions implantaires dites « graftless », c’est-à-dire sans greffe osseuse : l’objectif est d’implanter dans l’os natif du patient, en recherchant des angulations adaptées, notamment au niveau des incisives latérales et le long de la paroi antérieure des sinus. Cette approche permet d’éviter des étapes souvent longues, invasives et douloureuses pour le patient. Elle apprécie également la sensation tactile préservée par la chirurgie guidée dynamique : le forage ne se fait pas à travers un guide, et il est possible de visualiser en temps réel la progression du foret dans l’os à l’écran — une technique qui s’intègre parfaitement à son flux de travail, notamment grâce à la photogrammétrie disponible au cabinet. Pour les mises en charge immédiates, les empreintes optiques sont réalisées juste après l’intervention, puis l’ensemble des données est envoyé au prothésiste, qui conçoit la prothèse provisoire ; celle-ci est ensuite imprimée en interne et peut être posée le soir même.

Proposez-vous des ateliers permettant à vos confrères de bénéficier d’une immersion complète dans vos flux de travail ?

Le Dr Demes propose une immersion complète dans le cadre du Diplôme Universitaire d’implantologie guidée à Nice, qui se compose de quatre modules. Elle intervient dans le premier, consacré aux bases de la chirurgie guidée statique : avec le Dr Payam Gandjizadeh, elle y présente les flux de travail, depuis les indications jusqu’aux différentes étapes de planification et de mise en œuvre. Les étudiants bénéficient également d’une chirurgie en direct, incluant une mise en charge immédiate. Le troisième module, consacré à la chirurgie guidée dynamique, est présenté par le Dr Jacques Vermeulen et la mère du Dr Demès, le Dr Florence Acquier Demes.

Depuis combien de temps travaillez-vous avec Bredent, et comment l’équipe vous accompagne-t-elle au quotidien ?

Avant d’intégrer le cabinet de sa mère il y a quatre ans, le Dr Demes exerçait en milieu hospitalier comme assistante en chirurgie orale au CHU de Riquier, à Nice. À l’époque, elles avaient souhaité harmoniser leur pratique autour d’une même marque implantaire, recherchant toutes deux un implant en titane de grade 4 répondant à des critères précis en matière de stabilité primaire, d’état de surface, de qualité et d’intégration dans un flux de chirurgie guidée. Après plusieurs échanges avec des praticiens et des rencontres lors de congrès, notamment avec le Dr Vincent Roubinet, les retours positifs sur les implants Bredent ont confirmé leur choix : la stabilité des implants et le cahier des charges du fabricant correspondaient à ce qu’elles recherchaient, tout comme la dimension très aboutie de la chirurgie guidée statique chez Bredent, avec sa trousse, ses techniques et son indexation.

Le Dr Demes utilise le système implantaire CopaSKY de Bredent : un implant en titane de grade 4, de forme cylindro-conique, offrant une agressivité suffisante pour garantir une stabilité primaire adaptée aux mises en charge immédiates. Chez les patients à risque, notamment immunodéprimés, ou dans des situations osseuses complexes comme les greffes, l’ostéointégration est souvent meilleure avec un titane pur, non associé à de l’aluminium ou du vanadium comme dans le grade 5. « Je travaille avec Bredent depuis un peu plus de deux ans ; c’est donc une relation encore récente, mais déjà très fluide », précise-t-elle. L’accompagnement est réactif : elle peut joindre rapidement les bons interlocuteurs et ne passe jamais par un standard pour commander ses pièces. Son interlocuteur commercial, Sébastien, vient pratiquement tous les mois au cabinet et l’accompagne à la fois dans la gestion de ses cas et le suivi de son stock. « L’équipe Bredent est dynamique, disponible et attentive aux retours des praticiens, notamment lorsqu’il s’agit d’améliorer les pièces ou les protocoles. Cet accompagnement est précieux, car il contribue à une pratique plus sereine au quotidien. J’en suis aujourd’hui très satisfaite. »

En pratique

  • Soirée d’information Bredent — Bordeaux, le 1er octobre 2026, avec le Dr Estelle Demes et le prothésiste Jean-Rémi Barrière.
  • Atelier AFI Paris — « Guidage statique ou dynamique : vers quel système dois-je m’orienter ? », les 8 et 9 octobre 2026, dans le cadre du congrès annuel de l’Association Française d’Implantologie.

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