Défauts osseux et indications
– Défaut horizontal : perte d’épaisseur crestale (vestibulo palatin/lingual), indication classique de ROG avec membrane + substitut.
– Défaut vertical : perte de hauteur, indications plus limitées, souvent avec membrane rigide ou renforcée et tenting screws.
– Défaut combiné : composante horizontale et verticale associées.
Membranes : repères pratiques
Collagène (résorbable)
– Barrière résorbable, facile d’emploi, bonne intégration tissulaire.
– Indications : défauts horizontaux modérés, préservation alvéolaire, recouvrements de petits défauts péri implantaires.
– Limites : maintien de l’espace limité, moins adaptée aux reconstructions verticales importantes.
PTFE non résorbable (armée d’un treillis en titane)
– Base : polytétrafluoroéthylène, barrière non résorbable, nécessite une dépose secondaire.
– Indication : défauts horizontaux/verticaux où l’on veut une barrière rigide et stable.
d PTFE (dense PTFE)
– Structure : très dense, quasi non poreuse.
– Avantages : barrière très étanche (bactéries), bonne tenue en cas d’exposition limitée, retrait généralement plus facile (peu d’adhérence au conjonctif).
e PTFE (expanded PTFE)
– Structure : microporeuse (PTFE expansé), plus souple, plus conformable.
– Avantages : bonne adaptation morphologique, intégration aux tissus mous via la porosité.
– Limites : en cas d’exposition, pores potentiellement plus favorables à la colonisation bactérienne, retrait parfois plus délicat (adhérence conjonctive).
Matériaux de comblement
– Greffon autogène : ostéogénique + ostéoinducteur + ostéoconducteur, gold standard biologique, mais morbidité du site donneur.
– Allogreffes : matrice humaine, surtout ostéoconductrice, variable selon préparation.
– Xénogreffes (type Bio Oss et assimilés) : haute ostéoconductivité, résorption lente, très bon maintien volumique.
– Alloplastes (HA, β TCP, biphasique, verres bioactifs) : matrice synthétique ostéoconductrice, résorption modulable selon composition.
– Mélanges : autogène + xéno/synthétique pour combiner potentiel biologique et stabilité à long terme.
Il est important de choisir le biomatériau en fonction du volume à gagner de la stabilité souhaitée et de la morbidité acceptable pour le patient.
Dispositifs de fixation et de maintien
– Vis d’ostéosynthèse : fixation de greffons en onlay, stabilisation de blocs corticospongieux.
– Pins/clous : stabilisation de membranes (collagène ou PTFE) et de biomatériaux.
– Tenting screws : vis utilisées comme « piliers » pour créer et maintenir un espace sous membrane, surtout en vertical.
– Miniplaques : contention pour reconstructions segmentaires ou grandes augmentations.
Point clé clinique : maintien de l’espace = condition sine qua non pour une ROG efficace.
Cicatrisation, délais et complications
Délais de maturation osseuse
– Autogène dominant : 4-6 mois.
– Xéno/Auto : 6-9 mois selon volume et site.
Complications fréquentes
– Déhiscence de lambeau, exposition de membrane, contamination du site, perte partielle de volume.
Conduite à tenir (générique)
– Petite exposition, site asymptomatique : surveillance, hygiène locale rigoureuse, parfois réduction sélective de la membrane.
– Exposition large, suppuration : dépose anticipée de la membrane, gestion de l’infection, réévaluation secondaire.
Ordonnance-type
1. Amoxicilline 1 g, comprimé
1 comprimé une heure avant l’intervention, puis 1 comprimé matin, midi et soir pendant 7 jours.
Ou (si allergie à la pénicilline).
Clindamycine 300 mg, comprimé
1 comprimé matin, midi et soir pendant 7 jours.
Ou (si Clindamycine contre-indiquée ou mal tolérée).
Azithromycine 250 mg, comprimé
J1 : 2 comprimés le matin.
J2 à J5 : 1 comprimé le matin.
2. Prednisolone 20 mg, comprimé sécable
J0 : 2 comprimés le matin (40 mg).
J1 : 1 comprimé le matin (20 mg).
J2 : ½ comprimé le matin (10 mg).
À prendre le matin au cours du petit-déjeuner.
3. Paracetamol Codéine 500 mg/30 mg, comprimé
1 comprimé, jusqu’à 3 fois par jour en cas de douleur, en respectant un intervalle minimal de 6 heures.
Ne pas dépasser 3 comprimés par jour.
Ou
Tramadol 50 mg, gélule
1 gélule en cas de douleur non soulagée par le Codoliprane, à renouveler si besoin toutes les 6 heures.
Ne pas dépasser 4 gélules par jour.
Et/ou
Nefopam 30 mg, comprimé
1 comprimé, jusqu’à 3 fois par jour en cas de douleur, en respectant un intervalle d’au moins 6 heures entre 2 prises.
Ne pas dépasser 3 comprimés par jour.
4. Éludril, solution pour bain de bouche
1 bain de bouche 2 à 3 fois par jour pendant 7 à 10 jours, à diluer selon la notice, garder 30 secondes puis recracher.
Ou
Paroex 0,12 % bain de bouche
1 bain de bouche matin et soir pendant 10 à 14 jours.
Ne pas avaler, ne pas rincer après.
5. Elugel, gel buccal à la chlorhexidine
Application locale 2 à 3 fois par jour sur les zones concernées, pendant 7 à 10 jours, sans brosser directement sur le site suturé.
6. Ultralevure (levures), gélule
1 gélule matin et soir pendant toute la durée de l’antibiothérapie puis encore 2 à 3 jours.
À prendre à distance de l’antibiotique (environ 2 heures).
Consignes postopératoires à expliquer au patient
– Glaçage externe 15-20 minutes plusieurs fois par jour les premières 24-48 h.
– Ne pas fumer, ne pas consommer d’alcool, éviter les efforts physiques.
– Ne pas brosser la zone opérée jusqu’au contrôle, maintenir un brossage soigneux des autres dents.
– Ne pas aspirer (paille), ne pas cracher de manière répétée.
– Contacter le cabinet en cas de douleur importante, fièvre, saignement persistant ou gonflement anormal.











